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Olivia Ruiz est de retour ! Ce nouveau disque, son quatrième, est son disque. Celui qu’elle a pensé, celui qu’elle a rêvé, celui sur lequel elle a travaillé, seule dans l’écriture et la composition, tout au long de ces derniers mois alternant les hauts et les bas, le jour et la nuit, le noir, le blanc et les couleurs, l’alternatif comme le continu. Entre le calme et les tempêtes. « Le calme et la tempête », une évidence donc. Entre profondeur des mots et profondeur des sons, jamais elle n’avait donné cette impression de puiser si loin en elle pour trouver la source de ses chansons. C’est entre Paris et Los Angeles qu’elle s’est posée pour co-réaliser le tout aux côtés de Tony Berg (ex-directeur artistique Geffen Records). Un son nouveau naît de cette rencontre entre deux continents, deux générations, deux cultures. A découvrir dans "Le calme et la tempête".

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 Georges Brassens

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MessageSujet: Georges Brassens   Mar 1 Avr - 12:31

Interprètes, auteurs, compositeurs, poètes, artistes de genie, ils furent, ils sont, ils seront écoutés, appréciés, admirés, copiès, mais jamais égalés......leurs noms...Brassens, Brel, Ferrat, Moustaki, Nougaro, Barbara, Piaf......
Jaco.


Il était le plus Grand, sans aucun doute aussi le plus modeste, il a laissé une trace incommensurable au niveau artistique, au sein même de la chanson française, mais aussi en temps que poète, en tant que citoyen engagé, en tant qu'artiste créateur d'une nouvelle façon de s'exprimer en chanson...

Son influence sur les nouvelles générations d'artistes de la chanson Francophone fut si importante, qu'aujourd'hui 26 ans aprés sa mort, il reste la référence suprême, le maître incontesté de la rime musicale..., le maître inégalé de la chanson de qualité, le poète éternel...
Merci Georges
Jaco.


Merci Nounouka !


Biographie de Georges BRASSENS





Artiste, Chanteur, Compositeur, Guitariste et Musicien (Francais)
Né le 22 octobre 1921
Décédé le 29 octobre 1981 (à l'âge de 60 ans)

Personnage d'une immense discrétion, Georges Brassens a inscrit son nom dans le patrimoine artistique français en créant un style unique sculpté autour de mélodies simples et de textes qui sont autant de chef-d'oeuvres poétiques.

C'est dans le petit port méditerranéen de Sète, ville dont le nom reste aujourd'hui intimement lié au chanteur, que Elvira Dagrosa, épouse de Louis Brassens, donne naissance à un petit garçon le 22 octobre 1921. Entrepreneur et maçon, Louis a épousé Elvira, veuve de guerre, en 1919. Ils élèveront ensemble la petite fille qu'Elvira a eue en 1912 de son premier mariage, Simone.

Bien que ses parents ne s'entendent guère sur certains points majeurs comme la religion (Elvira est très pieuse, contrairement à Louis, anticlérical notoire), l'ambiance familiale est bonne et la musique ne manque pas de résonner dans la grande maison sétoise. C'est tout particulièrement sa mère qui, d'origine napolitaine, a un goût certain pour les chansons traditionnelles de son pays et pour les mélodies à la mandoline. C'est d'ailleurs sur cet instrument que Georges apprend les rudiments techniques qu'il développera plus tard avec la guitare.

Elève moyen, Georges Brassens se passionne très tôt pour la poésie, initié par un de ses professeurs de français, Alphonse Bonnafé. Ce dernier sera d'ailleurs le premier biographe du chanteur en 1963. Georges Brassens commence donc parallèlement à écrire quelques poèmes et quelques textes de chansons qu'il adapte à des airs dans le vent. Il crée à cette époque un petit orchestre nommé "Jazz", qui se produit dans quelques fêtes municipales. Il y tient la batterie.

Définitivement peu tourné vers les études, il quitte le collège en 1939 suite à une petite affaire de vol dans laquelle le jeune homme est impliqué sans y avoir vraiment participé. Agé de 18 ans, Georges songe à quitter Sète pour la capitale. Cet incident va lui en fournir l'occasion. En attendant le départ, il travaille avec son père. A la fin de l'année, la guerre éclate, mais Sète est encore bien loin des événements qui secouent l'Europe.

C'est en février 1940, que Georges Brassens prend le train pour Paris. Durant les premiers mois, il vit chez sa tante, Antoinette Dagrosa, et travaille comme ouvrier dans l'entreprise automobile Renault. Il continue en outre à écrire des chansons sur le piano de sa tante, et des poèmes. Après des bombardements sur Paris, Georges retourne quelques mois à Sète, et retrouve la capitale dès septembre 40. Là, il se consacre entièrement à la poésie et en 42, il réussit à publier deux petits recueils, "A la venvole" et "Des coups d'épée dans l'eau".

En mars 43, Brassens est envoyé en Allemagne, pour le STO (Service du Travail Obligatoire), au camp de Basdorf. C'est là qu'il rencontre Pierre Onténiente, prisonnier comme lui, qui devient un de ses meilleurs amis. En 1956, il deviendra le secrétaire et homme de confiance du chanteur qui le surnomme "Gibraltar". Peu de ses proches échapperont d'ailleurs à ce type de surnom, fantaisie dont Brassens est fort friand.

Une des caractéristiques du personnage Brassens est son sens aigu de l'amitié. Déjà très fidèle à ses amis sétois, il se forge en Allemagne un nouveau groupe de compagnons. Avec Brassens, l'amitié dure des années, voire toute la vie. Parmi ses amis les plus fameux, on peut citer l'écrivain René Fallet, le chanteur Jacques Brel, l'humoriste Raymond Devos ou l'acteur Lino Ventura, mais Brassens accorde autant d'intérêt à ceux qu'il aime, connus ou non.

En mars 44, il est de retour en France pour une permission. Il ne retournera jamais en Allemagne, et se cache chez un couple qui tient une place de choix dans la vie de Brassens, Jeanne et Marcel Planche. Il leur consacrera d'ailleurs des chansons, dont les célèbres "La cane de Jeanne" en 1953 ou "Chanson pour l'auvergnat" (pour Marcel) en 1955. Il restera chez eux jusqu'en 1966. Infatigable travailleur, c'est là, au milieu des chats dont il raffole, qu'il écrira une grande partie de son répertoire avec sa façon si spéciale de composer. En effet, il ne compose que rarement sur sa guitare. Il commence par créer les rimes des textes en scandant le rythme de la main sur un coin de table. Lorsque le texte est au point, il adapte la mélodie au piano. Sous des aspects simples, ses partitions sont en fait complexes, puisque n'ayant aucune connaissances en matière de solfège, Brassens compose ses musiques sans franchement respecter les règles précises de l'écriture musicale.

A partir de 1946, pour gagner sa vie, il écrit quelques articles dans une revue anarchiste, "Le libertaire". Sensibles aux idées anarchistes, Brassens exprimera toute sa vie ses idées d'une façon moins politique que Léo Ferré mais plutôt en luttant, par ses chansons, contre une certaine hypocrisie de la société, à travers ses bêtes noires telle la religion. Ses textes sont des prises de position en faveur des laissés-pour-compte comme les prostituées. Son action anarchiste se situe dans son irrévérence et sa désobéissance volontaires envers les conventions sociales pour lesquelles il n'a aucun goût.

En 1947, sort son premier roman, "La lune écoute aux portes". Il écrit aussi à cette époque, certaines de ses plus grandes chansons parmi lesquelles, "Brave Margot", "La mauvaise réputation" ou "Le Gorille", titre qui est interdit d'antenne pendant des années et dans lequel Brassens évoque son désaccord avec le principe de la peine de mort.

C'est également à cette époque que Georges Brassens rencontre la femme de sa vie, d'origine estonienne, Joha Heiman. D'un commun accord, le couple ne partagera jamais le même toit mais Joha, que Brassens surnomme Püppchen ("petite poupée" en allemand) sera jusqu'au bout près de son compagnon. Brassens dira d'elle :"Ce n'est pas ma femme, c'est ma déesse."

Il faut attendre le début des années 50 pour que Georges Brassens rencontre enfin le succès. Grâce à d'un autre chansonnier, Jacques Grello, Brassens est engagé dans quelques cabarets dont le Caveau de la République, le Lapin agile à Montmartre, Milord l'Arsouille ou la Villa d'Este, mais sans aucun succès. Personne ne s'intéresse à ses textes et le chanteur perd un peu espoir. En 1952, il rencontre la chanteuse Patachou qui est à la tête d'un des cabarets les plus en vogue du moment. L'audition que Brassens passe le soir du 6 mars séduit les quelques spectateurs présents dont Patachou, qui l'engage sur le champ, et le musicien Pierre Nicolas, qui deviendra son contrebassiste attitré. Patachou, qui est une de ses premières interprètes, le convainc de chanter lui-même ses titres, ce qui n'est pas totalement évident pour Brassens qui se voit plus dans le rôle d'un simple auteur-compositeur. De plus, sa grande timidité le pousse plutôt à ne jamais se mettre en avant.

Dès ses premiers concerts, Georges Brassens connaît un réel succès public et critique. Jacques Canetti, directeur artistique chez Polydor, et patron du cabaret les Trois Baudets, décide de l'engager dans son cabaret et pense même lui faire enregistrer quelques titres. En attendant, il lui propose une tournée d'été afin de le préparer à affronter le public parisien à partir du 19 septembre en première partie de Henri Salvador. Cette fois, Georges Brassens est lancé sur les rails du triomphe, bien que ses chansons ne soient pas toujours très bien reçues par un public qui se scandalise à l'écoute de titres tel que "Le Gorille", éternel sujet de discorde. Cependant, ce type de réaction, dont les chansons de Brassens seront souvent l'objet, n'empêcheront jamais le chanteur de continuer à dénoncer les travers de la société.
_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato."
Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours."
Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose.
Le génie sans talent n'est rien" Valery.
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Mar 1 Avr - 12:33

(la suite 1)

L'enregistrement des premiers disques de Georges Brassens rencontre aussi quelques obstacles, toujours dus aux textes des chansons. Mais l'obstination de Jacques Canetti permet enfin la sortie de ses premiers 78 tours et 45 tours dès 1952 sur son label Polydor.

Le 16 octobre 1953, il fait sa première grande scène parisienne en vedette à Bobino, théâtre dont le nom reste aujourd'hui lié au chanteur qui y passera 13 fois. C'est la consécration. La même année, est publié son roman "La Tour des miracles". En décembre, sort un premier album 25cm au nom révélateur, "Georges Brassens chante les chansons poétiques (et souvent gaillardes) de.Georges Brassens". Puis 1954 marque ses débuts dans le prestigieux music-hall parisien, l'Olympia, où il passe deux fois en février puis en septembre. Cette année-là sort un recueil de textes, "La mauvaise réputation". Brassens est reconnu non seulement comme un interprète au style novateur, mais aussi et surtout comme un poète maîtrisant brillamment la langue française. Ce talent est récompensé en 54 par le Grand Prix de l'Académie du disque Charles Cros pour l'album "Le parapluie". Mais outre ses propres textes, Georges Brassens chante souvent les autres poètes dont François Villon ("Ballade des dames du temps jadis"), Victor Hugo ("Gastibelza") ou son ami Paul Fort ("Le petit cheval"). En mars 54, sort aussi son deuxième 25cm.

Pris en charge par Jacques Canetti, Georges Brassens se lance dans de nombreuses tournées en Europe et en Afrique du nord. En 1955, la station de radio Europe1, toute nouvellement créée, passe pour la première fois "Le gorille", titre jusque-là interdit. En avril, paraît un troisième 25cm, puis en octobre, Brassens remonte sur la scène de l'Olympia. Enfin en 55, Brassens achète la maison de Jeanne et de Marcel ainsi que la maison voisine.

Après une série de récitals en janvier 1956 à Bobino, Georges Brassens interprète un rôle proche de son propre personnage dans le film de René Clair, "Porte des Lilas". Ce sera sa seule apparition au cinéma. Depuis le début de l'année, Pierre Onténiente est le secrétaire de Brassens et s'occupe de gérer la vie matérielle de son ami. Ensemble, ils créent en 1957 les Editions Musicales 57. Les concerts de l'année 57 à Paris se répartissent sur trois salles, l'Olympia en mai, l'Alhambra en octobre et bien sûr, Bobino du 29 novembre au 18 décembre. En 1958, outre un Olympia du 22 octobre au 17 novembre, il repart en tournée. Il continue toujours de vivre chez Marcel et Jeanne, mais en 58, il s'achète une grande maison à Crespières dans le département des Yvelines.

Pour Georges Brassens, les années 50 s'achèvent par une nouvelle tournée et un récital à l'Olympia en novembre. Mais en cette année 59, lors d'un séjour à Biarritz, il est victime d'un violent malaise du aux problèmes de santé qui le font souffrir déjà depuis de nombreuses années. Cet incident lui inspirera, plusieurs années après, la chanson "l'Epave". Depuis la fin de la guerre, Brassens a régulièrement de très douloureuses crises de coliques néphrétiques et de calculs rénaux. Ces douleurs représenteront un tel handicap toute sa vie qu'il devra parfois même quitter la scène sous l'effet de la douleur.

L'année 1960 commence par une série de concerts à l'Olympia du 21 janvier au 15 février, suivi d'un nouveau passage à Bobino en avril, passage pendant lequel Brassens apprend la mort de son ami, le poète Paul Fort, le 20. En 61, il s'envole pour le Canada où il effectue une tournée entre octobre et novembre, avant de retrouver l'Olympia à la fin de l'année.

En décembre 1962, sort son neuvième et dernier album 25cm, "Les trompettes de la renommée". Le 31 décembre, sa mère Elvira, décède à Sète.
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"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato."
Jacques Testud.
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Mar 1 Avr - 12:35

(la suite 2)

En 1963, Georges Brassens subit sa première opération des reins. C'est cette année-là, que son professeur de français, Alphonse Bonnafé, sort un ouvrage sur son ancien élève. Parallèlement, un coffret de dix disques paraît pour célébrer une carrière fort riche.

En 1964, Brassens retrouve le cinéma mais cette fois, pour composer "Les Copains d'abord", chanson du film d'Yves Robert, "Les Copains". Ce titre se retrouve sur son premier album 30cm qui sort en novembre, pendant une nouvelle série de récitals triomphaux à Bobino du 21 octobre au 10 janvier 65, au cours desquels 120.000 personnes l'applaudissent. Le 28 mars 65, meurt Louis Brassens, suivi de Marcel Planche quelques temps plus tard.

Le 12 octobre, Georges Brassens a l'occasion de chanter avec celui qu'il admire depuis sa jeunesse, Charles Trenet, lors de l'émission de radio enregistrée en direct à l'ABC, "Musicora". Il démarre l'année 66 par une tournée hexagonale, puis après Trenet, c'est avec Juliette Gréco qu'il partage l'affiche du TNP (Théâtre National de Paris) du 16 septembre au 23 octobre.

Après plus de vingt ans passés dans la petite maison de Jeanne et Marcel Planche, impasse Florimont, Georges Brassens décide de déménager pour un appartement plus moderne. Il y reste peu de temps, et s'installe finalement dans une maison du XVème arrondissement (en 69).

Après un passage à Bobino et une tournée, Brassens subit une nouvelle opération chirurgicale le 12 mai 1967. Dans les mois suivants, il reçoit le Prix de poésie de l'Académie française, très vieille institution vouée à la langue française. Puis son ami, l'écrivain René Fallet, publie un ouvrage consacré au chanteur.

Georges Brassens observe les événements politico-sociaux de mai 1968 avec une certaine admiration et un certain bonheur, bien qu'il soit à ce moment-là cloué sur un lit d'hôpital, souffrant une fois de plus de ces douloureuses coliques néphrétiques. Mais un autre événement va en revanche assombrir l'année 68 puisque le 24 octobre décède Jeanne à 77 ans.

A la fin des années 60, Brassens rencontre un jeune guitariste, Joël Favreau. Ensemble, avec Pierre Nicolas, ils vont désormais former un trio de scène inséparable.

Le 6 janvier 1969, sur l'initiative du magasine Rock et Folk, et de la radio RTL, Georges Brassens participe à un entretien historique avec Léo Ferré et Jacques Brel, deux autres piliers de la chanson française. Cette année-là, les textes de Brassens sont d'ailleurs présentés au concours d'entrée de l'Ecole Normale Supérieure. Brassens finit l'année, et la décennie dans son théâtre fétiche, Bobino, du 14 octobre au 4 janvier 1970. Il enchaîne en mars 70 avec deux concerts à la Mutualité avant d'entamer une tournée.

En 1972, les 20 ans de chanson de Brassens donnent lieu à un coffret de 11 albums accompagné d'un ouvrage réunissant tous ses textes et poèmes. D'octobre à janvier 73, Georges Brassens se produit à Bobino avec, en première partie plusieurs jeunes chanteurs, dont Maxime le Forestier, Philippe Chatel (qui écrira un livre sur Brassens), Henri Tachan ou Yves Simon.

Toujours en 72, Georges Brassens achète une maison à Lézardrieux, près de Paimpol en Bretagne. Cet enfant de la Méditerranée a découvert cette région par l'intermédiaire de Jeanne Planche qui en était originaire. Au cours des ans, il a développé un tel amour pour ce coin de France qu'il se lança même dans l'apprentissage de la langue bretonne. Il y vient désormais de plus en plus souvent pour flâner et fréquenter le petit monde des pêcheurs qui lui rappelle son port natal.

Affaibli par ses problèmes de santé, Georges Brassens a beaucoup vieilli durant ces dernières années et les concerts répétés deviennent fort fatigants pour le chanteur qui n'a pourtant que 51 ans. En 1973, il entame sa dernière tournée en France et en Belgique, et donne un concert au Sherman Theatre de l'université de Cardiff en Grande-Bretagne le 28 octobre. Ce récital donne lieu à un des rares enregistrements publics de l'artiste et paraît en 74 sous le titre "Live in Great Britain".

En 1975, il obtient le Grand Prix de la ville de Paris.

Son tout dernier album original sort en 1976. Puis le 20 mars 1977, il monte pour la dernière fois sur la scène de Bobino où depuis octobre 1976, il a dans une ultime série de concerts, réuni un public nombreux et admiratif.

En 1979, son vieil ami, le musicien Moustache, lui propose de participer à l'enregistrement d'un album qui reprend ses plus célèbres titres dans des versions jazz. Georges Brassens, amateur de jazz depuis sa jeunesse, accompagne donc sur ce disque plusieurs jazzmen américains qui interprètent entre autres "Chanson pour l'Auvergnat", "le Pornographe", "la Chasse aux papillons", et un titre inédit, "Elégie pour un rat de cave", seul titre chanté de l'album.

La même année, Brassens est aussi invité sur le conte musical du chanteur Philippe Chatel, "Emilie Jolie". Il y chante la "Chanson du hérisson" en duo avec Henri Salvador.

A la fin de l'année, le maire de Paris Jacques Chirac lui remet le Grand Prix du disque. Enfin en 1980, très malade, il enregistre ses dernières chansons au profit de l'association Perce Neige, créée par le comédien Lino Ventura au profit de l'enfance handicapée. Dans cet album, Brassens chante de vieilles chansons françaises de Charles Trenet, Jean Boyer, Paul Misraki ou lui-même.

En novembre, atteint d'un cancer, il est opéré pour la troisième fois des reins. Un an plus tard, le 29 octobre 1981, la mort, qu'il a si souvent chantée, l'emporte dans le petit village de Saint-Gely-du-Fesc, près de Sète, chez son ami et médecin, Maurice Bousquet. Il est inhumé dans sa ville natale dans le cimetière du Py, surnommé le "cimetière des pauvres".

La simplicité de Georges Brassens en a fait un des artistes les plus aimés du patrimoine culturel français. Son répertoire, impertinent mais jamais provocateur, trace un portrait sans pitié, et pourtant si tendre, de ses contemporains. Aujourd'hui encore, ses chansons sont reprises par des artistes du monde entier, et ses textes sont étudiés dans les écoles. Ses interprètes sont innombrables. Citons pour les étrangers, Graeme Allwright en anglais, Sam Alpha en créole ou Paco Ibanez en espagnol. Quant aux artistes français, la liste est longue de ceux qui l'ont chanté et le chantent encore : Maxime le Forestier, Renaud, Barbara ou Les frères Jacques sont parmi les plus célèbres à lui avoir consacré un album entier. A l'initiative de Joël Favreau, un album, "Chantons Brassens" réunis des artistes et des comédiens (Michel Fugain, Manu Dibango, Philippe Léotard ou Françoise Hardy) autour du répertoire du chanteur. Mais la liste des hommages serait trop longue.

Georges Brassens reste un artiste de référence largement apprécié et célébré dans le monde francophone. Créateur généreux et humaniste, l'homme à la célèbre moustache occupe une place à part dans la mémoire de ses amis et admirateurs.

Source :
www.rfimusique.com/.../Fr/ biographie/biographie_8894.asp

Merci à Jacommos!
Wink
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Mar 1 Avr - 12:40



1969: INTERVIEW DE BREL, BRASSENS, FERRE

Interview d'anthologie en ce 6 janvier 1969. Une table ronde permet simultanément à Jacques Brel (1929-1978), Georges Brassens (1921-1981) et Léo Ferré (1916-1993) de s'exprimer sur des sujets tous différents




Vidéos des interviews: Arrow http://www.georges-brassens.com/1969.htm
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Mar 1 Avr - 12:45



Les copains d'abord
by Georges Brassens

Non, ce n'était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau
Qu'on se le dise au fond des ports
Dise au fond des ports
Il naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord

Ses fluctuat nec mergitur
C'était pas d'la littérature
N'en déplaise aux jeteurs de sort
Aux jeteurs de sort
Son capitaine et ses mat'lots
N'étaient pas des enfants d'salauds
Mais des amis franco de port
Des copains d'abord

C'étaient pas des amis de luxe
Des petits Castor et Pollux
Des gens de Sodome et Gomorrhe
Sodome et Gomorrhe
C'étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boétie
Sur le ventre ils se tapaient fort
Les copains d'abord

C'étaient pas des anges non plus
L'Évangile, ils l'avaient pas lu
Mais ils s'aimaient toutes voiles dehors
Toutes voiles dehors
Jean, Pierre, Paul et compagnie
C'était leur seule litanie
Leur credo, leur confiteor
Aux copains d'abord

Au moindre coup de Trafalgar
C'est l'amitié qui prenait l'quart
C'est elle qui leur montrait le nord
Leur montrait le nord
Et quand ils étaient en détresse
Qu'leurs bras lançaient des S.O.S.
On aurait dit des sémaphores
Les copains d'abord

Au rendez-vous des bons copains
Y avait pas souvent de lapins
Quand l'un d'entre eux manquait à bord
C'est qu'il était mort
Oui, mais jamais, au grand jamais
Son trou dans l'eau n'se refermait
Cent ans après, coquin de sort
Il manquait encore

Des bateaux j'en ai pris beaucoup
Mais le seul qui ait tenu le coup
Qui n'ait jamais viré de bord
Mais viré de bord
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Mar 1 Avr - 12:50



Chanson pour l'Auvergnat
by Georges Brassens


Elle est à toi cette chanson
Toi l'Auvergnat qui sans façon
M'as donné quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid
Toi qui m'as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
M'avaient fermé la porte au nez
Ce n'était rien qu'un feu de bois
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un feu de joie

Toi l'Auvergnat quand tu mourras
Quand le croqu'mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l'hôtesse qui sans façon
M'as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim
Toi qui m'ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
S'amusaient à me voir jeûner
Ce n'était rien qu'un peu de pain
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un grand festin

Toi l'hôtesse quand tu mourras
Quand le croqu'mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l'étranger qui sans façon
D'un air malheureux m'as souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris
Toi qui n'as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmener
Ce n'était rien qu'un peu de miel
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un grand soleil

Toi l'étranger quand tu mourras
Quand le croqu'mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Mar 1 Avr - 20:21

Merci Nounouka d'avoir récupéré cette biographie que j'avais posté sur le forum de notre ami Michel ! Wink

Et toutes ces chansons extraordinaires qui ont bercées mon enfance et mon adolescence...

Brassens fut en ce qui me concerne l'artiste de la chanson francophone qui a laissé une trace hors normes et encore difficilement mesurable 26 ans après sa mort...

Merci à Lui ! :cheers: king

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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 27 Avr - 2:43

Heureux qui comme Ulysse


Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage
Heureux qui comme Ulysse
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé après
Maintes traversées
Le pays des vertes allées

Par un petit matin d'été
Quand le soleil vous chante au cœur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Quand on est mieux ici qu'ailleurs
Quand un ami fait le bonheur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Avec le soleil et le vent
Avec la pluie et le beau temps
On vivait bien contents
Mon cheval, ma Provence et moi
Mon cheval, ma Provence et moi

Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage
Heureux qui comme Ulysse
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé après
Maintes traversées
Le pays des vertes allées

Par un joli matin d'été
Quand le soleil vous chante au cœur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Quand c'en est fini des malheurs
Quand un ami sèche vos pleurs
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

Battus de soleil et de vent
Perdus au milieu des étangs
On vivra bien contents
Mon cheval, ma Camargue et moi
Mon cheval, ma Camargue et moi
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 27 Avr - 2:45

Le gorille


Regarder la Vidéo
C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on.
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M'a défendu de nommer ici...
Gare au gorille !...

Tout à coup la prison bien close
Où vivait le bel animal
S'ouvre, on n'sait pourquoi. Je suppose
Qu'on avait du la fermer mal.
Le singe, en sortant de sa cage
Dit "C'est aujourd'hui que j'le perds !"
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j'espère !
Gare au gorille !...

L'patron de la ménagerie
Criait, éperdu : "Nom de nom !
C'est assommant car le gorille
N'a jamais connu de guenon !"
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau,
Au lieu de profiter de la chance,
Elle fit feu des deux fuseaux !
Gare au gorille !...

Celles là même qui, naguère,
Le couvaient d'un œil décidé,
Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère
De la suite dans les idées ;
D'autant plus vaine était leur crainte,
Que le gorille est un luron
Supérieur à l'homme dans l'étreinte,
Bien des femmes vous le diront !
Gare au gorille !...

Tout le monde se précipite
Hors d'atteinte du singe en rut,
Sauf une vielle décrépite
Et un jeune juge en bois brut;
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat !
Gare au gorille !...

"Bah ! soupirait la centenaire,
Qu'on puisse encore me désirer,
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré !" ;
Le juge pensait, impassible,
"Qu'on me prenne pour une guenon,
C'est complètement impossible..."
La suite lui prouva que non !
Gare au gorille !...

Supposez que l'un de vous puisse être,
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux ?
Qu'une alternative pareille,
Un de ces quatres jours, m'échoie,
C'est, j'en suis convaincu, la vieille
Qui sera l'objet de mon choix !
Gare au gorille !...

Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vieille,
Comme l'aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis !
Gare au gorille !...

La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c'est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu ;
Car le juge, au moment suprême,
Criait : "Maman !", pleurait beaucoup,
Comme l'homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille !...
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 27 Avr - 2:45

Le petit cheval

Le petit cheval dans le mauvais temps
Qu'il avait donc du courage
C'était un petit cheval blanc
Tous derrière et lui devant

Il n'y avait jamais de beau temps
Dans ce pauvre paysage
Il n'y avait jamais de printemps
Ni derrière ni devant

Mais toujours il était content
Menant les gars du village
A travers la pluie noire des champs
Tous derrière et lui devant

Sa voiture allait poursuivant
Sa belle petite queue sauvage
C'est alors qu'il était content
Tous derrière et lui devant

Mais un jour, dans le mauvais temps
Un jour qu'il était si sage
Il est mort par un éclair blanc
Tous derrière et lui devant

Il est mort sans voir le beau temps
Qu'il avait donc du courage
Il est mort sans voir le printemps
Ni derrière ni devant
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 27 Avr - 2:47

Une jolie fleur


Jamais sur terre il n'y eut d'amoureux
Plus aveugles que moi dans tous les âges
Mais faut dir' qu' je m'étais creuvé les yeux
En regardant de trop près son corsage

Un' jolie fleur dans une peau d'vache
Un' jolie vach' déguisée en fleur
Qui fait la belle et qui vous attache
Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur

Le ciel l'avait pourvue des mille appas
Qui vous font prendre feu dès qu'on y touche
L'en avait tant que je ne savais pas
Ne savais plus où donner de la bouche

Un' jolie fleur dans une peau d'vache
Un' jolie vach' déguisée en fleur
Qui fait la belle et qui vous attache
Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur

Ell' n'avait pas de tête, ell' n'avait pas
L'esprit beaucoup plus grand qu'un dé à coudre
Mais pour l'amour on ne demande pas
Aux filles d'avoir inventé la poudre

Un' jolie fleur dans une peau d'vache
Un' jolie vach' déguisée en fleur
Qui fait la belle et qui vous attache
Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur

Puis un jour elle a pris la clef des champs
En me laissant à l'âme un mal funeste
Et toutes les herbes de la Saint-Jean
N'ont pas pu me guérir de cette peste

J' lui en ai bien voulu, mais à présent
J'ai plus d'rancune et mon cœur lui pardonne
D'avoir mis mon cœur à feu et à sang
Pour qu'il ne puisse plus servir à personne

Un' jolie fleur dans une peau d'vache
Un' jolie vach' déguisée en fleur
Qui fait la belle et qui vous attache
Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Lun 28 Avr - 20:15

Quatre-vingt-quinze fois sur cent


La femme qui possède tout en elle
Pour donner le goût des fêtes charnelles
La femme qui suscite en nous tant de passion brutale
La femme est avant tout sentimentale
Mais dans la main les longues promenades
Les fleurs, les billets doux, les sérénades
Les crimes, les folies que pour ses beaux yeux l'on commet
La transporte, mais...

Quatre-vingt-quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant
Qu'elle le taise ou le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus
A l'heure de l'oeuvre de chair
Elle est souvent triste, peuchère
S'il n'entend pas le coeur qui bat
Le corps non plus ne bronche pas

Sauf quand elle aime un homme avec tendresse
Toujours sensible alors à ses caresses
Toujours bien disposée, toujours encline à s'émouvoir
Ell' s'emmerd' sans s'en apercevoir
Ou quand elle a des besoins tyranniques
Qu'elle souffre de nymphomanie chronique
C'est ell' qui fait alors passer à ses adorateurs
De fichus quarts d'heure

Quatre-vingt-quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant
Qu'elle le taise ou le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus
A l'heure de l'oeuvre de chair
Elle est souvent triste, peuchère
S'il n'entend pas le coeur qui bat
Le corps non plus ne bronche pas

Les "encore", les "c'est bon", les "continue"
Qu'ell' crie pour simuler qu'ell' monte aux nues
C'est pure charité, les soupirs des anges ne sont
En général que de pieux menson(ges)
C'est à seule fin que son partenaire
Se croie un amant extraordinaire
Que le coq imbécile et prétentieux perché dessus
Ne soit pas déçu

Quatre-vingt-quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant
Qu'elle le taise ou le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus
A l'heure de l'oeuvre de chair
Elle est souvent triste, peuchère
S'il n'entend pas le coeur qui bat
Le corps non plus ne bronche pas

J'entends aller de bon train les commentaires
De ceux qui font des châteaux à Cythère
"C'est parce que tu n'es qu'un malhabile, un maladroit
Qu'elle conserve toujours son sang-froid"
Peut-être, mais les assauts vous pèsent
De ces petits m'as-tu-vu-quand-je-baise
Mesdam's, en vous laissant manger le plaisir sur le dos
Chantez in petto...

Quatre-vingt-quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant
Qu'elle le taise ou le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus
A l'heure de l'oeuvre de chair
Elle est souvent triste, peuchère
S'il n'entend pas le coeur qui bat
Le corps non plus ne bronche pas

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"Dieu est autorisé à me dire « tu dois »."



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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Sam 3 Avr - 20:01

Georges Brassens
AUPRÈS DE MON ARBRE


J'ai plaqué mon chêne
Comme un saligaud
Mon copain le chêne
Mon alter ego
On était du même bois
Un peu rustique un peu brute
Dont on fait n'importe quoi
Sauf naturellement les flûtes
J'ai maintenant des frênes
Des arbres de Judée
Tous de bonne graine
De haute futaie
Mais toi tu manque à l'appel
Ma vieille branche de campagne
Mon seul arbre de Noël
Mon mât de cocagne.

Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû le quitter des yeux.

Je suis un pauvre type
J'aurais plus de joie
J'ai jeté ma pipe
Ma vieille pipe en bois
Qu'avait fumé sans se fâcher
Sans jamais me brûlé la lippe
Le tabac de la vache enragée
Dans sa bonne vieille tête de pipe
J'ai des pipes d'écume
Ornées de fleurons
De ces pipes qu'on fume
En levant le front
Mais je retrouverai plus ma foi
Dans mon coeur ni sur ma lippe
Le goût de ma vieille pipe en bois
Sacré nom d'une pipe.

Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû le quitter des yeux.

Le surnom d'infâme
Me va comme un gant
D'avecques ma femme
J'ai foutu le camp
Parce que depuis tant d'années
C'était pas une sinécure
De lui voir tout le temps le nez
Au milieu de la figure
Je bas la campagne
Pour dénicher la
Nouvelle compagne
Valant celles-là
Qui, bien sûr, laissait beaucoup
Trop de pierres dans les lentilles
Mais se pendait à mon cou
Quand je perdais mes billes.

Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû le quitter des yeux.

J'avais une mansarde
Pour tout logement
Avec des lézardes
Sur le firmament
Je le savais par coeur depuis
Et pour un baiser la course
J'emmenais mes belles de nuits
Faire un tour sur la grande ourse
J'habite plus de mansarde
Il peut désormais
Tomber des hallebardes
Je m'en bats l'oeil mais,
Mais si quelqu'un monte aux cieux
Moins que moi j'y paie des prunes
Y a cent sept ans qui dit mieux,
Que j'ai pas vu la lune!

Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux
J'aurais jamais dû le quitter des yeux.

_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Sam 3 Avr - 20:08

Georges Brassens
DANS L'EAU DE LA CLAIRE FONTAINE


Dans l'eau de la claire fontaine
Elle se baignait toute nue.
Une saute de vent soudaine
Jeta ses habits dans les nues.

En détresse, elle me fit signe,
Pour la vêtir, d'aller chercher
Des morceaux de feuilles de vigne,
Fleurs de lis ou fleurs d'oranger.

Avec des pétales de roses,
Un bout de corsage lui fis.
Mais la belle était si petite
Qu'une seule feuille a suffi.

Elle me tendit ses bras, ses lèvres,
Comme pour me remercier...
Je les pris avec tant de fièvre
Qu'elle fut toute déshabillée.

Le jeu dut plaire à l'ingénue,
Car, à la fontaine souvent,
Elle s'alla baigner toute nue
En priant qu'il fit du vent,
Qu'il fit du vent...

_________________
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 4 Avr - 23:13

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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 4 Avr - 23:21





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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 18 Avr - 12:29

Georges Brassens



Georges Brassens est un chanteur français né le 21 octobre 1921 à Sète et décédé dans cette ville le 29 octobre 1981.

Personnalité incontournable de la chanson française, artisan, poète et rebelle, Georges Brassens a révolutionné la chanson et bousculé les règles du music-hall.

Se produisant généralement seul avec sa guitare, sans se livrer à des interprétations spectaculaires, Brassens développa un style très personnel.

Evoquant dans ses
morceaux des personnages marginaux et s’attaquant à des sujets tabous ou coquins -en utilisant un vocabulaire populaire sans euphémismes-, Brassens étonna tout le monde, enthousiasmant les uns, froissant les autres. Il laisse pour héritage un répertoire riche de dizaines de succès, devenus autant de classiques.

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"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 18 Avr - 12:46

De l’aurore au crépuscule

Georges Brassens


mars 28th, 2010


George Brassens est né à Sète le 22 octobre 1921. Décédé le 29 octobre 1981.
Enfant farceur, graine de voyou, le jeune homme se destine à devenir entrepreneur en maçonnerie, comme son père. A la maison, ses parents écoutent beaucoup de musique, ce qui lui fera dire plus tard qu’il connaissait quelques deux cents chansons dès l’âge de quatre ans.
Au même moment, cette force brute et souvent brutale fait une découverte éblouissante dans le cours d’Alphonse Bonnafé, professeur de lettres au collège de Sète, l’amour de la poésie.

Ray Ventura, Trénet, Django Reinhardt, Baudelaire, Villon, Verlaine, Mallarmé, Hugo, musiciens et poètes, resteront ses maîtres.

Le 8 mars 1952, il fait une rencontre déterminante, Patachou, qui tient un cabaret très en vogue, sur la butte Montmartre.
Depuis quelques temps, le jeune Brassens fait le tour des cabarets parisiens pour soumettre ses chansons à d’autres interprètes. Il garde en effet des souvenirs douloureux de ses passage sur scène, au Lapin à Gill ou au Milord l’Arsouille. Le trac, les lumières, ce n’est pas pour lui. Mais Patachou insiste. Et c’est en ce mois de mars 1952 que George Brassens fait ses vrais débuts, accompagné de son contrebassiste Pierre Nicolas dont il ne se séparera plus. Jacques Cannetti, fameux dénicheur de talents, le repère à cette occasion et lui permet d’enregistrer quatre 78 tours sous le label Polydor. Ces rencontres marquent pour Brassens la fin de la galère. Il multiplie les contrats et fait chaque soir le tour des cabarets en scooter.

Il faut alors compter avec celui que Raymond Devos appelait “L’ours bien léché de la chanson française”.

Si l’artiste est encore jeune, on ne perçoit déjà aucune faiblesse dans ses textes, qu’il “rumine” longtemps avant de les soumettre au public. Par ailleurs, il “libère” le sexe et certaines de ses chansons choquent au point qu’elles sont interdites d’antenne ou programmées après minuit.

Ce fut le cas d’”Hécatombe”, “La Ronde des Jurons”, “Le Gorille”, “Putain de toi”, entre autres. Ces années 50 permettent à Brassens d’accéder au succès. Il devient la figure de proue de la rive gauche et les lauriers ne cessent de pleuvoir sur ce jeune homme timide et extrêmement pudique.

Mais cette gloire ne change rien à sa vie, mêmes amis, même univers scénique fait de trois fois rien, “une esthétique de la discrétion” dira Moustaki, un autre grand George. Il trouve le temps, lorsque ses nombreuses tournées et ses enregistrements le lui permettent, de se consacrer à ses amis qu’il réunit autour de grandes tablées.
On pouvait notamment y croiser Lino Ventura, qui se séparait rarement de sa machine à faire les pâtes fraîches.

Brassens laisse à son secrétaire et ami Pierre Ontoniente, dit Gibraltar, rencontré au STO, le soin de gérer ses relations avec le monde du show business, ses concerts, son argent.

Les crises de coliques néphrétiques, les disparitions des ses parents et amis, les tournées interminables l’atteignent physiquement, affectivement, moralement. En traversant ces épreuves, Brassens perd du poids. La presse à scandale ne manque pas de relayer l’information et d’insinuer qu’il est atteint d’une grave maladie.

Brassens répond dans une chanson “Le Bulletin de santé”, la satire est violente. “Si j’ai trahi les gros, les joufflus, les obèses, c’est que je baise, que je baise, que je baise, comme un bouc, un bélier, une bête, une brute, je suis hanté le rut le rut le rut le rut”. ”

Je suis contre les chansons orchestrées, quand il y a trop de musiciens derrière on n’entend plus la voix” disait-il.

Brassens lui même affirmait qu’il n’était pas chanteur. Chanter juste, fort, faux…etc semblait ne pas être son problème, pourvu que l’on entende ses textes.

Mais il reste un malentendu autour de ses chansons. Et l’on pourrait croire qu’il est aisé, notamment pour des guitaristes chanteurs débutants, de commencer par le répertoire de Tonton Georges. Pas si sûr.

Car derrière l’apparente simplicité des accompagnements, ses musiques sont particulièrement riches et compliquées.

Et s’il puisait sa technique dans le jazz, s’inspirant des fulgurances harmoniques de Django Reinhardt, il savait également décaler légèrement les paroles de la musique dans un swing discret et raffiné.

En 1965, une dépêche AFP annonçait par erreur la mort de Georges Brassens. Ce à quoi il avait répondu “C’est très exagéré”.

Le 29 octobre 1981, la presse ne commet aucune erreur, Brassens est mort. D’un cancer.
Avant de s’éteindre, il dit à sa compagne Püppchen “J’aurais bien vécu encore un peu”.

Quelques années après, Pierre Desproges, un de ses fils spirituels, disait lors d’un spectacle “Je n’ai pas honte de le dire, le jour de la mort de Brassens, j’ai pleuré comme un môme. Alors que le jour de la mort de Tino Rossi, j’ai repris deux fois des moules”.

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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 18 Avr - 14:30

Citation :
A travers ses recueils de poèmes, ses romans et ses chansons, Georges Brassens s’est imposé comme
le "maître des mots", un auteur exigeant et perfectionniste qui conte à ses publics des bribes de sa vie et livre un regard incisif sur le monde environnant.

Aujourd’hui, il reste l’un des auteurs les plus prolixes de la chanson française.

Preuve de ce succès, "La chanson pour l’auvergnat", "Les amoureux des bancs publics" ou "Les copains d’abord" sont autant de chansons qui inspirent la scène française d’aujourd’hui.

http://lescreasdepat78.e-monsite.com/rubrique,george-brassens,1168979.html

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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 18 Avr - 14:44

http://www.universalmusic.fr/artiste/georges--brassens/

GEORGES BRASSENS




Citation :
Sa biographie

Contestataire intégré dans le patrimoine national, homme de spectacle non spectaculaire, personnage involontairement public refusant de dévoiler le moindre élément de sa vie privée, Georges Brassens était un paradoxe ambulant.

Le scandale d'hier est aujourd'hui passé dans les programmes scolaires et les pensées qui choquaient la morale des années 50 sont entrées dans les moeurs vingt ans plus tard.

Précurseur malgré lui, Brassens était avant tour un esprit libre qui eut l'audace de chanter avec humour des choses graves sur des scènes jusqu'alors réservées au divertissement.

Individualiste convaincu, non-militant engagé et grand sceptique devant l'Eternel, il avait trop conscience de l'influence de son rôle pour en abuser.

Alors il suggérait en chansons ce qu'il n'assenait pas en discours. Ce que l'on n'a pas manqué de lui reprocher, à droite comme à gauche. Homme fidèle à ses idées, il s'est donné les moyens de vivre comme il l'entendait, hors des sentiers battus de la norme et de la gloire.

Brassens se cachait. D'abord pour être tranquille et profiter pleinement de l'existence avec ceux qu'il avait choisis mais aussi - et surtout - pour s'atteler patiemment à la recherche permanente du mot et de la note justes. Egoïste généreux, passéiste moderne, humaniste persifleur et voyageur immobile, le personnage était bien plus que ce qu'il a voulu nous laisser croire.
Sète, 1921. Posée au bord de la Méditerranée sur une langue de terre entre l'étang de Thau et la mer, la ville s'active autour du port. Bruits, senteurs et mouvements. Le 22 octobre, à quelques encablures du vieux centre, naît le fils du "vieil ours" et de la "napolitaine". Georges Charles Brassens.

Louis, le père, est maçon, joyeux agnostique et Elvira, la mère, fille d'immigrés italiens, fervente catholique, veuve de guerre et mère de Simone, enfant d'un premier mariage. Soleil, école, chansons maternelles et virées à la plage, le petit Georges grandit tranquillement. Il baigne dans les airs populaires que l'on passe sur le phonographe familial. - « Mon père, mes grands-parents, ma mère, ma soeur, tout le monde chantait dans la famille. On mélangeaitet des airs d'opéra, d'opérette. On chantait tout le temps, sans se poser de questions sur ce que l'on chantait ».
La TSF rythme Ies années 30. Georges y découvre Tino Rossi, Mireille, Jean Nohain, Jean Tranchant mais surtout Vincent Scotto, Ray Ventura et Charles Trénet. Georges chope le virus du swing et le goût des mélodies populaires, celles qui attrapent l'oreille pour ne plus la lâcher. D'instinct, sans solfège ni partitions, il cherche des airs. Coin de table, porte, Georges se met à taper partout. Il ne tarde pas à monter un orchestre swing et tâte du banjo.
l'école, Georges la préfère buissonnière. Il n'y excelle qu'en gymnastique et en humour jusqu'à ce qu'un professeur de français atypique, Alphonse Bonnafé, lui ouvre les portes de la poésie et des lettres. Georges écoute. Il commence à écrire et rode sa verve comique devant ses copains. La bande rêve. Destinées artistiques et Ville-lumière.
En 1939, Georges-le-rigolo a 17 ans et, au printemps, son nom apparaît pour la première fois dans un journal, l'Eclair. Une bande de vauriens sétois avait commis 14 cambriolages. Les gosses avouent avoir voulu "faire les jeunes gens". Georges Ecope de deux semaines de prison avec sursis. Son père l'attend à la sortie du commissariat et lui dit "bonjour, petit". Leçon de tolérance, le paternel passe l'éponge. Après un été durant lequel le petit se fait discret, ses parents décident de l'envoyer à Paris. La bande se reformera plus tard. Bonne chance.

Paris, février 1940. Georges débarque rue d'Alésia dans la pension de famille de sa tante Antoinette avec la promesse de travailler pour assurer sa subsistance. Il commence comme apprenti-relieur puis s'engage comme tourneur chez Renault. La vie-de-boulot ne lui convient guère.
La drôle de guerre déjà perdue, l'exode commence et Georges repart à Sète pour l'été. Il revient à Paris en septembre, non plus pour travailler, mais pour écrire.
« C'est à ce moment-là, à 18 ans, que j'ai rencontré les poètes par le plus grand des hasards parce que ma tante avait une bibliothèque pleine de livres et que je me suis mis à lire les poètes. J'ai trouvé un traité de versification et je me suis mis à l'étudier, évidemment je me suis aperçu, et je continue de le penser, que j'étais ignorant et que je n'arrivais pas à la cheville de ces gens-là ».
Il fonceà la bibliothèque du 14e arrondissement et dévore tout et n'importe quoi avant de trouver deux maîtres : Villon et La Fontaine. Le chantre des humbles, de la révolte contre les puissants et le fabuliste sceptique.
Rue d'Alésia, il trouve son premier piano et s'y met doucement. Brassens le jeune s'enferme de plus en plus dans son univers de notes et de rimes. Le reste du temps, il flâne dans le quartier Plaisance où il restera plus de 4o ans.
Georges est sans le sou mais cela ne l'empêche pas de s'informer de l'actualité artistique. En cette période d'Occupation, le jazz le fascine et il admire Django Reinhardt et sa guitare magique.
En 1942, Georges a 20 ans. Il publie, à compte d'auteur, deux recueils de poèmes A !a venvole et Des coups d'Epée dans l'eau. Sur ses papiers d'identité, il écrit "homme de lettres", il est admis à la Sacem comme auteur, mais surtout, il fait la connaissance de Jeanne Le Bonniec, une couturière voisine de la pension d'Alésia. Elle est de 3o ans son ainée, mais qu' importe.

Février 1943, les autorités de Vichy créent le Service du Travail Obligatoire et envoient en Allemagne 170 000 français de tous les corps de métier. Georges arrive dans la banlieue de Berlin, à Basdorf, pour être affecté à l'usine BMW-Aviation.
Dans le camp où sont cantonnés Hollandais, Polonais, Turcs et Français, Georges monnaye sa tranquillité et s'aménage un emploi du temps qui lui convient. Réveil à 5 heures, culture physique, lecture et écriture avant d'aller chercher le café à l'autre bout des baraquements, seule corvée à laquelle il daigne participer. A l'usine, où l'on ne tient pas trop à soutenir l'effort de guerre des "Teutons", Georges lit et écrit debout, penché sur les moteurs qu'il est censé vérifier. Il écrira à Basdorf plusieurs dizaines de chansons dont quelques unes dans leur version définitive : "Pauvre Martin", "Le mauvais sujet repenti".
« Moi, je n'étais pas fou, ma folie était ailleurs, j'écrivais, je pensais à autre chose, je vivais déjà en marge du monde, je m'étais créé un univers dans lequel n'avaient cours que les idées, les pensées, les sentiments que j'acceptais. Je vivais très peu dans le présent et dans le milieu ambiant, je vivais juste dans le temps superficiel de ma conscience. Je disais bonjour, bonsoir, mais c'était tout. Tout le reste se passait dans cet univers ».
Il fraternise vite avec ses compagnons d'infortune, partage colis et chansons.
Il rencontre là ceux qui seront toujours fidèles parmi les fidèles. Iskin, Larue, et surtout Onténiente. Ils dégottent un piano et, peu à peu, il leur livre tout son répertoire de variétés. A force de le tanner, Iskin réussir à entendre ses premières chansons. Moustaches à la Clark Gable, ironie et mordant en toutes circonstances, Brassens-le-joyeux-drille distrait et amuse la compagnie.
Mars 1944, à la faveur d'une permission, Brassens revient à Paris et y reste. Réfractaire jusqu' à la fin de la guerre, il se cache chez Jeanne, la jeanne. C'est là, sur fond de fin d'occupation et de collaboration, de libération et d'épuration, que le système Brassens s'élabore.

Pendant plus de dix ans, Brassens restera impasse Florimont chez Jeanne et son mari, Marcel Planche. Une petite cahute rustique sans aucun confort, entre le perroquet, les chats, les chiens et La cane de Jeanne, où il trouve tabac, tendresse et amitié. Brassens reprend son rythme. Bouquinistes, troquets et femmes mariées. Oisif actif, il 1it 3 ou 4 livres par jour, étudie furieusement grammaire et versification, gratte son banjo, puis rachète la guitare d'un copain. De 1940 à 44, il écrit entre 3 et 400 poèmes ainsi qu'une centaine de chansons. Brassens se cherche.
Fin 1945, Georges retrouve Pierre Onténiente, qui a réintégré sa chambre de bonne de la rue Pigalle et son poste de contrôleur du Trésor après son retour de Basdorf. Ils ne se lâcheront plus.
Il rencontre Jeanine, dite la "P'tite Jo', mytho, clepto, sale et volage. La jolie fleur l'envoûte à coups d'affabularions et met son coeur à feu et à sang. Puis elle disparaît. "P... de toi". Pas de métier, pas de revenus, hirsute, la moustache en "tablier de sapeur", George-la-Paresse ne vit de rien.
Apparaît alors Joha, une jeune blonde estonienne, souriante, gracile et gracieuse. Il la croise longtemps autour du métro Plaisance avant de se décider à lui parler. Blonde Chenille, Püppchen. Jeanne n'admet chez elle que les hommes. Pas les copines. Férocement jalouse, elle cache les pantalons de Georges pour l'empêcher de sortir. Les tourtereaux doivent se faire discrets. Amours clandestines, "vie commune séparée", chacun chez soi mais toujours ensemble. Jusqu'au bout.
Début 1946 Brassens commence à suivre les réunions de la Fédération Anarchiste (section du 15e arrondissement) et conforte sa méfiance envers le pouvoir, l'autorité et ses symboles.
« Une morale, une façon de concevoir la vie, qui accorde une priorité à l'individu ». Le Monde Libertaire, le journal anar pour lequel il écrit sous les pseudos de Géo Cédille et Gilles Colin, apparaît comme un exutoire idéal pour Brassens, le contestataire. Il tire sur tout ce qui bouge, raille, ironise, traîne ses têtes de turcs dans la boue (la Police, l'Eglise, les Staliniens) et rêve d'égalité sociale et de liberté sexuelle.
« Je suis tellement anarchiste que je traverse dans les passages doutés pour ne pas avoir à faire à la maréchaussée ».
Dans cette période d'épuration, il affirme son pacifisme et sa distance avec les pratiques revanchardes. Après le procès de Nuremberg, il s'élève contre la peine de mort. Seule cause pour laquelle il prendra par la suite publiquement Position.
Puis, il s écarte du mouvement anar et ne militera plus jamais. Brassens-le-pacifique s'engage sur la voie du scepticisme.
Guerre, résistance, collaboration, libération, rien n'a changé dans le monde du music-hall. Les vedettes d'avant-guerre ont repris leurs places et monopolisent les
grandes scènes parisiennes. Brassens flâne dans Paris et ses cimetières. Paris populo, bougnats, marchands de marrons, autobus à plate-forme, concierges, pigeons, accordéonistes. Il forge son univers. Citadin et poète urbain écrivant des histoires de "culs-terreux".
« Quand j'étais de la cloche, il se trouvait toujours quelqu'un pour me procurer un paquet de tabac ou de quoi manger le lendemain... J'étais heureux lorsque je pouvais m'offrir une paire d'espadrilles neuves. J'étais plus heureux que le type que je suis aujourd'hui quand il s'achète une paire de chaussures. On ne se met pas à table le ventre plein ». Brassens vit de la générosité de ses amis, mange peu et s'invite alternativement chez Onténiente ou Laville et fume cigares et pipe. L'auteur-compositeur cherche un interprète, les visites épisodiques chez les éditeurs musicaux n'ont rien donné. Mais au fond de lui, il a la certitude qu'un jour ou l'autre son heure viendra. D'ici là, il reste tranquille et vit de l'air du temps.
Brassens a 3o ans. Il s'accroche et travaille avec acharnement pour parvenir à l'osmose parfaite entre le verbe et la musique. Il peaufine ses textes, écrit de nouvelles chansons, rédige son roman et chante ses nouveautés à Jeanne, à l'auvergnat et aux potes.
A cette époque, il a déjà constitué le répertoire de ses cinq premières années de carrière. Brassens est prêt. - « Quand il a commencé à chanter en public, il avait 30 ou 40 chansons d'avance que personne ne connaissait »(Pierre Onténiente).

Mars 1952, Brassens s'est pratiquement essayé dans tous les cabarets. Victor Laville, le minot de Sète, lui fait rencontrer Pierre Galante (chroniqueur à Paris-Match) qui lui décroche une audition chez Patachou. La Dame se produit dans son propre cabaret, une ancienne boulangerie de la rue du Mont-Cenis où elle programme des artistes de son choix et asseoit sa réputation en coupant la cravate des clients récalcitrants à chanter. Brassens ne veut pas y aller. Ses potes le jettent devant Patachou qui dîne au milieu de son personnel. Brassens refuse de monter sur scène. Dans la salle, assis sur une chaise, il attaque une vingtaine de chansons. Le contrebassiste de la maison, Pierre Nicolas, attrape son instrument et l'accompagne spontanément. Les serveurs arrêtent de ranger. La patronne est séduite.
Brassens ne veut pas chanter, il cherche un interprète, c'est tout. Patachou lui répond que ce sera lui. Voilà.
Le surlendemain soir, c'est parti. Patachou entonne quelques chansons de Brassens, le timide puis le présente au public et lui laisse la scéne. Il chante les textes qu'elle ne peut pas chanter, ceux des voleurs de pommes, de mégères gendarmicides et de singe violeur de magistrat.
« II ne chantait que si j'apportais une chaise pour m'asseoir au premier rang, devant lui. Il m'a fait ça pendant six mois, c'était le côté caprice du monsieur » (Patachou). Désormais, Brassens est nourri tous les soirs et reçoit même un chèque. Très vite, il décide de confier la gestion de ses finances à Onténiente.
« Enfin, quelqu'un dont l'humour était à la fois tendre et féroce, qui parvenait à se montrer totalement original tout en étant l'héritier d'une tradition française de poètes-chansonniers contestataires de l'ordre établi et ceci, avec une présence indiscutable ». (Jacques Canetti, propriétaire des Trois Baudets et directeur artistique chez Philips). Canetti a vu chanter "le moustachu" et l'invite sur ses tournées. Patachou lui donne un costume retouché de Maurice Chevalier, Pierre Nicolas Ie rejoint avec sa contrebasse et devient son complice.

Le voilà lancé. Brassens est engagé aux Trois Baudets. Il s'achète une Lambretta. Tout s'accélère Noir, buté, farouche, suant le trac derrière ses grosses bacchantes, les yeux baissés, le pied gauche sur une chaise, Brassens ne s'habitue pas à la scène. Pourtant, tous les soirs, sa guitare, ses textes rageusement comiques et sa voix rugueuse cassent la baraque. Après les Trois Baudets, il continue la soirée à la Villa d'Este ou au Vieux Colombier. Physique de bûcheron, tête de bandit calabrais, allure de clodo, Brassens détonne. Très vite, on se déplace pour voir le phénomène, on en parle à ses amis et on les ramène. René Fallet, du Canard Enchaîné salue l'artiste comme un frère qu'il devient d'ailleurs très vite, « Brassens est un bon gros camion de routier lancé à toute berzingue sur les chemins de la liberté ».
Parallèlement, Canetti tente de faire chanter du Brassens par des interprètes prestigieux (Chevalier, les Frères Jacques, Montand), tous acceptent puis se défilent. Seul Brassens peut chanter Brassens.
Fin 1952, Brassens, signé chez Philips par Canetti, enregistre ses premiers disques, quatre 78 tours, sur le label Polydor (la maison-mère craignant pour son image de marque). Les titres sont immédiatement interdits de radio. Première censure et premier Prix (Académie Charles Cros). Le moustachu bourru ose rire des valeurs sociales établies et descend, en vers, les Institutions. La polémique commence.
Ferré, Mouloudji, Brel, Gréco, Leclerc, depuis quelque temps, ça bouge sur la Butte. Le bouche-à-oreille fonctionne et on s'intéresse au nouveau style (vite nommé chanson "rive gauche"). L'Auteur-Compositeur-Interprète est porté aux nues et une nouvelle génération s'engouffre dans la brèche ouverte par Brassens.
En 1953, ça démarre. Brassens passe en vedette dans quelques cabarets parisiens, part chanter à Bruxelles puis dans 36 villes à travers la France avant d'attaquer Bobino au mois d'octobre, en tête d'affiche.

Son roman, La tour des miracles, est édité. Il raconte les aventures des locataires du 7e étage d'une maison déglinguée, vivant au mépris des règles établies de travail, famille, mariage et bienséance. Brassens écrit la vie dont il rêve.
Après de longues années d'absence pendant lesquelles il entretenait des relations épistolaires permanentes avec Elvira et sa soeur Simone, Brassens met son scooter dans le train et ose retourner à Sète. Dès lors, Brassens-le-fils y reviendra réguliè-rement. Déjeuner avec ses parents, traîner avec ses amis, partir pêcher en bateau.
Malgré le succès incontestable de son fils, Elvira n'est pas convaincue. Elle aurait préféré le voir en ténor "bien comme il faut". - « Quand elle a commencé à entendre "Hécatombe", "Marinette ", ça lui a fait de la peine, je pense que cela lui a gâché son plaisir ». Elvira et Louis ne viendront jamais le voir sur scène. Brassens chante pour sa génération, pas pour la leur.
La nouvelle renommée n'a pas déboussolé le trentenaire qui en partage les fruits avec ceux qui l'ont toujours entouré. Les premiers cachets transforment la petite maison de l'impasse Florimont. Eau, gaz et électricité, le confort arrive chez les humbles et les amis de passage n'ont plus besoin d'amener leur bifteck. Après son boulot, Onténiente commence à travailler sur l'organisation des tournées et les projets d'affiche. Brassens lui propose de s'occuper à plein temps de ses affaires. Le secrétaire officieux, l'ami-confident est promu gérant. Onténiente devient "Gibraltar", le Roc, le passage obligé entre Brassens, le métier, les quémandeurs et les amis. Celui qui le protège et fabrique le cocon dont il a besoin.
Emploi du temps immuable et vie extrêmement réglée autour du métro Plaisance, Püppchen dans l'ombre, Gibraltar aux finances, Nicolas à la contrebasse, Philips à l'usine, le système Brassens est en place... Ad vitam aeternam.
Brassens est lâché et profite des années investies dans l'écriture. Olympia, Bobino, salles combles, tournées ininterrompues, en 16 mois Brassens chante un soir sur deux dans six pays. Mais déjà, il doit lutter contre un mal qui ne le lâchera plus. Calculs et coliques néphrétiques. Georges cache sa souffrance.

Brassens dérange. Par ce qu'il dit et par la manière dont il le dit. Entre 1952 et 1954, la moitié de ses chansons sont interdites d'antenne ou passent après minuit. Censurées, contestées, indésirables, les chansons de Brassens commencent malgré tout à trouver leur public. Europe n°1, la nouvelle-née de la radio, se démarque de ses consoeurs et programme les artistes interdits sur la RTF et Radio Luxembourg. Le gorille passe à l'antenne. Le vent tourne. Avec la Chanson pour l'Auvergnat, Brassens entre tout doucement dans la mémoire collective. L'image du polisson de la chanson évolue.
Au début de sa carrière, on l'enferme dans une image d'ours mal léché, bouffeurs de flics et de curés, alors qu'il se réclame d'une tradition à la fois orale et écrite de gauloiserie et de paillardise qui remonte au Moyen Age. « Une chanson c'est une fête de rimes et de mots... Si vous voulez le fond de ma pensée, je vous dirais que j'aurais préféré être un grand poète. Le jour où je me suis aperçu que je n'en étais pas un, que j'étais un poète mineur, je me suis mis à faire de la chanson ».Au fil des albums, Brassens se sert de son amour et de sa connaissance de la langue pour jouer le trouble-fête dans des fabliaux décapants où il prône l'amour libre, l'abolition de la peine de mort et le pacifisme. Images, rimes et chutes. Brassens. réinvente le passé, pour remuer le présent.
« Il faut que la musique soit comme de la musique de film, qu'elle soit en dessous, il faut qu'on l'oublie et que cela me vaille le titre du type qui ne sait pas écrire la musique ».
Des dizaines de mélodies imparables, des airs que l'on fredonne, le type-qui-ne-sait-pas-écrire-la-musique a réussi son coup. Et tous ceux qui se sont cassé les ongles à essayer de le jouer, ne s'y trompent pas. Au piano ou à la guitare, Brassens compose avec soin, toujours à la recherche de l'osmose entre musique et mots.

« Sa manière de chanter est souvent comparable à celle des chanteurs de blues, notamment par sa mise en place et sa façon d'attaquer un peu en retard sur l'accompagnement » (Boris Vian).
De la paume de la main, du bout des doigts, du pied, Brassens a élaboré sa musique en solitaire intuitif. Loin des normes, il s'octroie une grande liberté dans les accords, les temps et l'harmonie et ressuscite les rythmes de la tarentelle ou de la gigue. Terroir, guitare et rude voix chaude, Brassens sonne blues. « Ma musique préférée, c'est la musique de jazz, je suis un forcené de la musique de jazz ».
L'auteur-compositeur devenu interprète à reculons ne se fera jamais à la scène. D'autant que son mal s'accentue progressivement, le tordant de douleur et l'obligeant même à venir en ambulance à l'Olympia en 1962 pour assurer son récital avant de regagner l'hôpital. Brassens assume stoïquement son calvaire.
Choix esthétique et provocation, Brassens refuse de céder aux pressions en faveur de l'orchestration. Il s'efforce de préserver son identité et de construire une oeuvre qui résiste aux caprices de la mode. « Une chanson doit se juger nue ». Une chaise, une guitare, une contrebasse, un verre d'eau et un ampli de 7o watts, des Trois Baudets au TNP de Chaillot où il passe en 1966 avec Juliette Gréco, son style ne variera pas d'un pouce. Epuré à l'extrême.
« Georges, en réalité, était un peu paresseux et son ambition, c'était de ne rien faire d'autre qu'écrire, ce n'était pas de passer en public. Il n'y passait qu'en fonction de ses besoins, c'est-à-dire le moins souvent possible » (Pierre Onténiente).
Brassens va traverser ainsi tranquillement trois décennies, à son rythme. Un
album tous les 2 ou 3 ans, quand il estime que les chansons choisies sont prêtes.
Sa discipline d'écriture, sa recherche perpétuelle sur ses cahiers d'écoliers ou sur son magnétophone à bandes qui le suit partout, lui permettent d'avoir à disposition un immense réservoir de textes et d'enregistrer quand cela lui plaît. La plupart du temps, la version définitive est trouvée sur scène, devant son public.

Pour l'enregistrement, il s'adjoint seulement le soutien rythmique d'une seconde guitare, celle de Victor Apicella au "touché Django", et par la suite, celles de Barthélémy Rosso et de Joël Favreau. Il s'installe dans le studio, prend tranquillement le temps de plaisanter avec ses amis, d'accorder sa guitare et, en deux-trois prises, les titres sont en boîte. Brassens-le-débonnaire laisse Nicolas juger de la qualité de l'enregistrement avec André Tavernier, le co-producteur artistique, et retrouve Püppchen et Onténiente dans une pièce à côté. De part et d'autre, ni commentaires, ni louanges, ni critiques. On n'ose pas.
Dans les années 60, il confirme son ascension phénoménale de la décennie précédente. L'arrivée des yéyés, impitoyable pour les vieilles vedettes, ne le dérange pas.
Après des années de tournées incessantes, il va pouvoir se reposer. Il n' a rien à prouver et ne se sent pas menacé. Il continue son chemin de petit bonhomme entre l'impasse Florimont, la maison de Crespiéres achetée en 1958, le travail, un tour au Québec, ses potes, l'opération d'un rein et des récitals à Bobino. Brassens suit "les événements de 68" du fond de son lit d'hôpital où il "Fait des calculs".
« Ma vraie place, c'est quand je suis à ma table avec ma guitare à la main et que - j'écris une chanson ». Brassens est casanier routinier et vit toute sa carrière hors de la logique du show-business. Il s'en sert comme cela l'arrange et rien de plus. Multiplier les tournées et les interviews aurait abouti à écrire moins de chansons. Brassens écrit pour son plaisir et chante parce que c'est son métier.
En amitié comme en toutes choses, Brassens est avant tout un type fidèle. Sa porte et sa table seront toujours ouvertes à ceux qui l'accompagnent et le soutiennent depuis le début, à ceux qui lui plaisent et à d'autres, que sa timidité et sa réserve n'arrivent pas à éloigner. Des "Sétois" des rêveries de la plage aux "Allemands", jusqu'aux "Parisiens" issus principalement des métiers de la littérature et du spectacle, "la bande de cons" n'a fait que s'agrandir. « Il avait autant de copains qu'il y eut de résistants après la guerre » (Victor Laville, pote sétois).

Brassens est un solitaire n'aimant pas être seul. Imperturbablement matinal, il travaille jusqu'à midi, puis règle avec Gibraltar les affaires en cours. Ce qui lui laisse l'après-midi pour recevoir ses potes venus d'horizons très divers. Une bande de joyeux lurons que Georges-la-zizanie s'amuse parfois à monter les uns contre les autres. Impasse Florimont ou rue Santos-Dumont où "le gros" emménage en 1970, la bande est une grande fratrie masculine qui se réunit souvent autour de la table de la cuisine pour lever le coude, discuter, rire et pleurer. « Ca m'arrive souvent d'aller chez Georges et il ne dit rien, il gratte sa guitare et moi je suis de l'autre côté de la table, je le regarde et puis on ne se dit rien et on est contents » (Pierre Louki).
Au moulin de Crespières, entre amis, femmes et animaux, Brassens réalise un vieux rêve, celui d'une maison partagée. On y travaille pour se faire les muscles et le cercle y est un peu plus restreint, même si Guy Béart y amena un jour Georges Pompidou, désireux de discuter de son Anthologie de la poésie française. Mais Brassens-le-lucide est bien placé pour savoir qu'à partir de deux, on est une bande de cons et, même s'il ne l'exprime pas, il sait faire le tri entre ses visiteurs. Il aime avant tout être tranquille.
Dans sa vie privée, qu'il protège férocement de la curiosité des médias, Brassens ne veut ni femme, ni enfant. Il veut avoir pour lui la disponibilité totale de son personnage. Pour se consacrer entièrement à la chanson,
Alors, durant trente-cinq ans, il poursuit tranquillement, à l'abri des regards indiscrets, ses amours avec Püppchen. Leur seul foyer commun sera la maison de Crespières qu'elle aménage pour eux. Crespières, havre de paix et bagne pour les copains, qui creusent, débroussaillent, tondent, décrépissent. « Je serais insupportable au quotidien, je ne veux pas qu'elle ait à me supporter tous les jours ». Brassens chante l'amour. Un amour libre, gratuit et faisant fi des obstacles de classe ou d'argent. Promettant l'amour dans un coin de son corsage, la femme y apparaît, tour à tour mère universelle, bon petit diable, mégère gendarmicide, emmerderesse, traîtresse, épouse modèle, adultère, voisine, salope, pucelle ou putain. Omniprésente.

Elvira, Simone, Jeanne, Püppchen, Patachou et les autres, Brassens a toujours été soutenu par la "féminine engeance". En retour, il lui chante son respect, loin des clichés sur la virilité.
Ultime obsession et thème majeur la mort. Tout au long de sa vie, Brassens ne cesse de la tutoyer pour l'apprivoiser. Contrairement au silence de mise sur le sujet, il en fait un sujet de plaisanterie, se ballade dans les cimetières et mélange allègrement blagues morbides et réalité sinistre. Dés 1953, Brassens vit avec la maladie et sait "qu'en acceptant de vivre, il a accepté de mourir" mais il n'est pas pressé d'en finir. Brassens est persuadé qu'il vivra centenaire. « Si l'on croit en Dieu, ce n'est pas grave la mort, et si l'on ne croit pas en Dieu, ce n'est pas grave non plus, on disparaît et puis c'est tout ».
Agnostique plutôt qu'athée. Père éternel, Grand Manitou, Jéhovah ou Bon Dieu de chez nous, Brassens doute et ne croit pas. Mais il aimerait bien. « Je parle beaucoup de Dieu, je le cherche un peu, dans mes chansons. J'espère quand même, s'Il existe, qu'un jour, Il ne va pas tarder à me faire signe, parce que c'est long ». A partir du début des années 60, la camarde... le poursuit d'un zèle imbécile. Les vrais enterrements commencent et le ton change. En décembre 1962, Brassens chante à l'Alcazar de Marseille lorsque Elvira-la-Mère meurt. En 1965, après avoir raccompagné plusieurs amis, il perd également son père et Marcel Planche.
Un an plus tard, il entonne sa "Supplique pour être enterré à la plage de Sète "et commence à rêver d'une "tombe en sandwich entre le ciel et l'eau".

En 1971, il abandonne Crespières cerné par les tondeuses à gazon et se rapproche de la mer en achetant la maison de Lézardrieux, en Bretagne (le pays de Jeanne, morte trois ans plus tôt).
Entre Santos-Dumont, Lézardrieux et Sète, Brassens continue d'écouter les nouveautés, d'écrire, de lire et de composer. En 1977, il monte sur la scène de Bobino. Ce sera la dernière fois. La maladie le ronge depuis un moment et, même s'il ne veut pas l'admettre, cette fois-ci, c'est du sérieux. En septembre 1980, il accepte enfin d'être hospitalisé. Après une opération, Brassens se refait une petite santé rue Santos-Dumont et se remet à penser projets.
L'été 1981 sera difficile et, en octobre, Brassens l'amaigri part en convalescence dans Le Sud, dans la famille de son médecin. Püppchen est à son chevet et Onténiente rapplique en catastrophe de Paris avec la voiture que Brassens lui a demandé d'amener. Un orage terrible et une fuite d'huile le bloquent à Montélimar et le malade ronchonne : « il va encore me saloper la voiture ». Georges vient d'avoir 60 ans. C'est son dernier anniversaire.
«Je ne mourrai pas à Monfaucon mais dans un lit comme un vrai con». (Le moyenâgeux)

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"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.
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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Dim 18 Avr - 14:55

Un site à visiter :

http://armorpassion.com/chanson/Georges%20Brassens/georgesbrassens.htm

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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Mar 17 Aoû - 18:34

http://www.rfimusique.com/sitefr/biographie/biographie_8894.asp


Georges Brassens

Citation :


Personnage d'une immense discrétion, Georges Brassens a inscrit son nom dans le patrimoine artistique français en créant un style unique sculpté autour de mélodies simples et de textes qui sont autant de chefs-d'œuvre poétiques.

C'est dans le petit port méditerranéen de Sète, ville dont le nom reste aujourd'hui intimement lié au chanteur, que Elvira Dagrosa, épouse de Louis Brassens, donne naissance à un petit garçon le 22 octobre 1921. Entrepreneur et maçon, Louis a épousé Elvira, veuve de guerre, en 1919. Ils élèveront ensemble la petite fille qu'Elvira a eue en 1912 de son premier mariage, Simone.

Bien que ses parents ne s'entendent guère sur certains points majeurs comme la religion (Elvira est très pieuse, contrairement à Louis, anticlérical notoire), l'ambiance familiale est bonne et la musique ne manque pas de résonner dans la grande maison sétoise. C'est tout particulièrement sa mère qui, d'origine napolitaine, a un goût certain pour les chansons traditionnelles de son pays et pour les mélodies à la mandoline. C'est d'ailleurs sur cet instrument que Georges apprend les rudiments techniques qu'il développera plus tard avec la guitare.
Elève moyen, Georges Brassens se passionne très tôt pour la poésie, initié par un de ses professeurs de français, Alphonse Bonnafé. Ce dernier sera d'ailleurs le premier biographe du chanteur en 1963. Georges Brassens commence donc parallèlement à écrire quelques poèmes et quelques textes de chansons qu'il adapte à des airs dans le vent. Il crée à cette époque un petit orchestre nommé "Jazz", qui se produit dans quelques fêtes municipales. Il y tient la batterie.
Définitivement peu tourné vers les études, il quitte le collège en 1939 suite à une petite affaire de vol dans laquelle le jeune homme est impliqué sans y avoir vraiment participé. Agé de 18 ans, Georges songe à quitter Sète pour la capitale. Cet incident va lui en fournir l'occasion. En attendant le départ, il travaille avec son père. A la fin de l'année, la guerre éclate, mais Sète est encore bien loin des événements qui secouent l'Europe.

C'est en février 1940, que Georges Brassens prend le train pour Paris. Durant les premiers mois, il vit chez sa tante, Antoinette Dagrosa, et travaille comme ouvrier dans l'entreprise automobile Renault. Il continue en outre à écrire des chansons sur le piano de sa tante, et des poèmes. Après des bombardements sur Paris, Georges retourne quelques mois à Sète, et retrouve la capitale dès septembre 1940. Là, il se consacre entièrement à la poésie et en 1942, il réussit à publier deux petits recueils, "A la venvole" et "Des coups d'épée dans l'eau".

En mars 1943, Brassens est envoyé en Allemagne, pour le STO (Service du Travail Obligatoire), au camp de Basdorf. C'est là qu'il rencontre Pierre Onténiente, prisonnier comme lui, qui devient un de ses meilleurs amis. En 1956, il deviendra le secrétaire et homme de confiance du chanteur qui le surnomme "Gibraltar". Peu de ses proches échapperont d'ailleurs à ce type de surnom, fantaisie dont Brassens est fort friand.


L'ami fidèle

Une des caractéristiques du personnage Brassens est son sens aigu de l'amitié. Déjà très fidèle à ses amis sétois, il se forge en Allemagne un nouveau groupe de compagnons. Avec Brassens, l'amitié dure des années, voire toute la vie. Parmi ses amis les plus fameux, on peut citer l'écrivain René Fallet, le chanteur Jacques Brel, l'humoriste Raymond Devos ou l'acteur Lino Ventura, mais Brassens accorde autant d'intérêt à ceux qu'il aime, connus ou non.

En mars 1944, il est de retour en France pour une permission. Il ne retournera jamais en Allemagne, et se cache chez un couple qui tient une place de choix dans la vie de Brassens, Jeanne et Marcel Planche. Il leur consacrera d'ailleurs des chansons, dont les célèbres "La cane de Jeanne" en 1953 ou "Chanson pour l'Auvergnat" (pour Marcel) en 1955. Il restera chez eux jusqu'en 1966. Infatigable travailleur, c'est là, au milieu des chats dont il raffole, qu'il écrira une grande partie de son répertoire avec sa façon si spéciale de composer.
En effet, il ne compose que rarement sur sa guitare. Il commence par créer les rimes des textes en scandant le rythme de la main sur un coin de table. Lorsque le texte est au point, il adapte la mélodie au piano. Sous des aspects simples, ses partitions sont en fait complexes, puisque n'ayant aucune connaissances en matière de solfège, Brassens compose ses musiques sans franchement respecter les règles précises de l'écriture musicale.

A partir de 1946, pour gagner sa vie, il écrit quelques articles dans une revue anarchiste, "Le libertaire". Sensibles aux idées anarchistes, Brassens exprimera toute sa vie ses idées d'une façon moins politique que Léo Ferré mais plutôt en luttant, par ses chansons, contre une certaine hypocrisie de la société, à travers ses bêtes noires telle la religion. Ses textes sont des prises de position en faveur des laissés-pour-compte comme les prostituées. Son action anarchiste se situe dans son irrévérence et sa désobéissance volontaires envers les conventions sociales pour lesquelles il n'a aucun goût.

En 1947, sort son premier roman, "La lune écoute aux portes". Il écrit aussi à cette époque, certaines de ses plus grandes chansons parmi lesquelles, "Brave Margot", "La mauvaise réputation" ou "Le Gorille", titre qui est interdit d'antenne pendant des années et dans lequel Brassens évoque son désaccord avec le principe de la peine de mort.

C'est également à cette époque que Georges Brassens rencontre la femme de sa vie, d'origine estonienne, Joha Heiman. D'un commun accord, le couple ne partagera jamais le même toit mais Joha, que Brassens surnomme Püppchen ("petite poupée" en allemand) sera jusqu'au bout près de son compagnon. Brassens dira d'elle :"Ce n'est pas ma femme, c'est ma déesse."


Rencontre avec Patachou

Il faut attendre le début des années 1950 pour que Georges Brassens rencontre enfin le succès. Grâce à 'un autre chansonnier, Jacques Grello, Brassens est engagé dans quelques cabarets dont le Caveau de la République, le Lapin agile à Montmartre, Milord l'Arsouille ou la Villa d'Este, mais sans aucun succès. Personne ne s'intéresse à ses textes et le chanteur perd un peu espoir.

En 1952, il rencontre la chanteuse Patachou qui est à la tête d'un des cabarets les plus en vogue du moment. L'audition que Brassens passe le soir du 6 mars séduit les quelques spectateurs présents dont Patachou, qui l'engage sur le champ, et le musicien Pierre Nicolas, qui deviendra son contrebassiste attitré. Patachou, qui est une de ses premières interprètes, le convainc de chanter lui-même ses titres, ce qui n'est pas totalement évident pour Brassens qui se voit plus dans le rôle d'un simple auteur-compositeur. De plus, sa grande timidité le pousse plutôt à ne jamais se mettre en avant.

Dès ses premiers concerts, Georges Brassens connaît un réel succès public et critique. Jacques Canetti, directeur artistique chez Polydor, et patron du cabaret les Trois Baudets, décide de l'engager dans son établissement et pense même lui faire enregistrer quelques titres.

En attendant, il lui propose une tournée d'été afin de le préparer à affronter le public parisien à partir du 19 septembre en première partie de Henri Salvador. Cette fois, Georges Brassens est lancé sur les rails du triomphe, bien que ses chansons ne soient pas toujours très bien reçues par un public qui se scandalise à l'écoute de titres tel que "Le Gorille", éternel sujet de discorde. Cependant, ce type de réaction, dont les chansons de Brassens seront souvent l'objet, n'empêcheront jamais le chanteur de continuer à dénoncer les travers de la société.
L'enregistrement des premiers disques de Georges Brassens rencontre aussi quelques obstacles, toujours dus aux textes des chansons. Mais l'obstination de Jacques Canetti permet enfin la sortie de ses premiers 78 tours et 45 tours dès 1952 sur son label Polydor.

Le 16 octobre 1953, il fait sa première grande scène parisienne en vedette à Bobino, théâtre dont le nom reste aujourd'hui lié au chanteur qui y passera 13 fois. C'est la consécration. La même année, est publié son roman "La Tour des miracles". En décembre, sort un premier album 25cm au nom révélateur, "Georges Brassens chante les chansons poétiques (et souvent gaillardes) de…Georges Brassens".

Puis 1954 marque ses débuts dans le prestigieux music-hall parisien, l'Olympia, où il passe deux fois en février puis en septembre. Cette année-là sort un recueil de textes, "La mauvaise réputation". Brassens est reconnu non seulement comme un interprète au style novateur, mais aussi et surtout comme un poète maîtrisant brillamment la langue française. Ce talent est récompensé en 1954 par le Grand Prix de l'Académie du disque Charles Cros pour l'album "Le Parapluie".

Mais outre ses propres textes, Georges Brassens chante souvent les autres poètes dont François Villon ("Ballade des dames du temps jadis"), Victor Hugo ("Gastibelza") ou son ami Paul Fort ("Le petit cheval"). En mars 54, sort aussi son deuxième 25cm.

Pris en charge par Jacques Canetti, Georges Brassens se lance dans de nombreuses tournées en Europe et en Afrique du Nord. En 1955, la station de radio Europe1, toute nouvellement créée, passe pour la première fois "Le gorille", titre jusque-là interdit. En avril, paraît un troisième 25cm, puis en octobre, Brassens remonte sur la scène de l'Olympia. Enfin en 1955, Brassens achète la maison de Jeanne et de Marcel ainsi que la maison voisine.

Après une série de récitals en janvier 1956 à Bobino, Georges Brassens interprète un rôle proche de son propre personnage dans le film de René Clair, "Porte des Lilas". Ce sera sa seule apparition au cinéma. Depuis le début de l'année, Pierre Onténiente est le secrétaire de Brassens et s'occupe de gérer la vie matérielle de son ami. Ensemble, ils créent en 1957 les Editions Musicales 57. Les concerts de l'année 1957 à Paris se répartissent sur trois salles, l'Olympia en mai, l'Alhambra en octobre et bien sûr, Bobino du 29 novembre au 18 décembre. En 1958, outre un Olympia du 22 octobre au 17 novembre, il repart en tournée.

Il continue toujours de vivre chez Marcel et Jeanne, mais en 58, il s'achète une grande maison à Crespières dans le département des Yvelines.

Pour Georges Brassens, les années 1950 s'achèvent par une nouvelle tournée et un récital à l'Olympia en novembre. Mais en cette année 1959, lors d'un séjour à Biarritz, il est victime d'un violent malaise du aux problèmes de santé qui le font souffrir déjà depuis de nombreuses années. Cet incident lui inspirera, plusieurs années après, la chanson "l'Epave". Depuis la fin de la guerre, Brassens a régulièrement de très douloureuses crises de coliques néphrétiques et de calculs rénaux. Ces douleurs représenteront un tel handicap toute sa vie qu'il devra parfois même quitter la scène sous l'effet de la douleur.

L'année 1960 commence par une série de concerts à l'Olympia du 21 janvier au 15 février, suivi d'un nouveau passage à Bobino en avril, passage pendant lequel Brassens apprend la mort de son ami, le poète Paul Fort, le 20. En 61, il s'envole pour le Canada où il effectue une tournée entre octobre et novembre, avant de retrouver l'Olympia à la fin de l'année.

En décembre 1962, sort son neuvième et dernier album 25cm, "Les trompettes de la renommée". Le 31 décembre, sa mère Elvira, décède à Sète.

En 1963, Georges Brassens subit sa première opération des reins. C'est cette année-là, que son professeur de français, Alphonse Bonnafé, sort un ouvrage sur son ancien élève. Parallèlement, un coffret de dix disques paraît pour célébrer une carrière fort riche.





Les copains d'abord

En 1964, Brassens retrouve le cinéma mais cette fois, pour composer "Les Copains d'abord", chanson du film d'Yves Robert, "Les Copains". Ce titre se retrouve sur son premier album 30cm qui sort en novembre, pendant une nouvelle série de récitals triomphaux à Bobino du 21 octobre au 10 janvier 1965, au cours desquels 120.000 personnes l'applaudissent. Le 28 mars 1965, meurt Louis Brassens, suivi de Marcel Planche quelques temps plus tard.

Le 12 octobre, Georges Brassens a l'occasion de chanter avec celui qu'il admire depuis sa jeunesse, Charles Trenet, lors de l'émission de radio enregistrée en direct à l'ABC, "Musicora". Il démarre l'année 1966 par une tournée hexagonale, puis après Trenet, c'est avec Juliette Gréco qu'il partage l'affiche du TNP (Théâtre National de Paris) du 16 septembre au 23 octobre.

Après plus de vingt ans passés dans la petite maison de Jeanne et Marcel Planche, impasse Florimont, Georges Brassens décide de déménager pour un appartement plus moderne. Il y reste peu de temps, et s'installe finalement dans une maison du XVe arrondissement (en 1969).

Après un passage à Bobino et une tournée, Brassens subit une nouvelle opération chirurgicale le 12 mai 1967. Dans les mois suivants, il reçoit le Prix de poésie de l'Académie française, très vieille institution vouée à la langue française. Puis son ami, l'écrivain René Fallet, publie un ouvrage consacré au chanteur.

Georges Brassens observe les événements politico-sociaux de mai 1968 avec une certaine admiration et un certain bonheur, bien qu'il soit à ce moment-là cloué sur un lit d'hôpital, souffrant une fois de plus de ces douloureuses coliques néphrétiques. Mais un autre événement va en revanche assombrir l'année 1968 puisque le 24 octobre décède Jeanne à 77 ans.

A la fin des années 1960, Brassens rencontre un jeune guitariste, Joël Favreau. Ensemble, avec Pierre Nicolas, ils vont désormais former un trio de scène inséparable.


Entretien avec Brel et Ferré

Le 6 janvier 1969, sur l'initiative du magasine Rock et Folk, et de la radio RTL, Georges Brassens participe à un entretien historique avec Léo Ferré et Jacques Brel, deux autres piliers de la chanson française. Cette année-là, les textes de Brassens sont d'ailleurs présentés au concours d'entrée de l'Ecole Normale Supérieure. Brassens finit l'année, et la décennie dans son théâtre fétiche, Bobino, du 14 octobre au 4 janvier 1970. Il enchaîne en mars 1970 avec deux concerts à la Mutualité avant d'entamer une tournée.

En 1972, les 20 ans de chanson de Brassens donnent lieu à un coffret de 11 albums accompagné d'un ouvrage réunissant tous ses textes et poèmes. D'octobre à janvier 1973, Georges Brassens se produit à Bobino avec, en première partie plusieurs jeunes chanteurs, dont Maxime le Forestier, Philippe Chatel (qui écrira un livre sur Brassens), Henri Tachan ou Yves Simon.

Toujours en 1972, Georges Brassens achète une maison à Lézardrieux, près de Paimpol en Bretagne. Cet enfant de la Méditerranée a découvert cette région par l'intermédiaire de Jeanne Planche qui en était originaire. Au cours des ans, il a développé un tel amour pour ce coin de France qu'il se lança même dans l'apprentissage de la langue bretonne. Il y vient désormais de plus en plus souvent pour flâner et fréquenter le petit monde des pêcheurs qui lui rappelle son port natal.

Affaibli par ses problèmes de santé, Georges Brassens a beaucoup vieilli durant ces dernières années et les concerts répétés deviennent fort fatigants pour le chanteur qui n'a pourtant que 51 ans.

En 1973, il entame sa dernière tournée en France et en Belgique, et donne un concert au Sherman Theatre de l'université de Cardiff en Grande-Bretagne le 28 octobre. Ce récital donne lieu à un des rares enregistrements publics de l'artiste et paraît en 74 sous le titre "Live in Great Britain".

En 1975, il obtient le Grand Prix de la ville de Paris.


Adieux à Bobino

Son tout dernier album original sort en 1976. Puis le 20 mars 1977, il monte pour la dernière fois sur la scène de Bobino où depuis octobre 1976, il a dans une ultime série de concerts, réuni un public nombreux et admiratif.

En 1979, son vieil ami, le musicien Moustache, lui propose de participer à l'enregistrement d'un album qui reprend ses plus célèbres titres dans des versions jazz.
Georges Brassens, amateur de jazz depuis sa jeunesse, accompagne donc sur ce disque plusieurs jazzmen américains qui interprètent entre autres "Chanson pour l'Auvergnat", "le Pornographe", "la Chasse aux papillons", et un titre inédit, "Elégie pour un rat de cave", seul titre chanté de l'album.

La même année, Brassens est aussi invite sur le conte musical du chanteur Philippe Chatel, "Emilie Jolie". Il y chante la "Chanson du hérisson" en duo avec Henri Salvador.

A la fin de l'année, le maire de Paris Jacques Chirac lui remet le Grand Prix du disque. Enfin en 1980, très malade, il enregistre ses dernières chansons au profit de l'association Perce Neige, créée par le comédien Lino Ventura au profit de l'enfance handicapée. Dans cet album, Brassens chante de vieilles chansons françaises de Charles Trenet, Jean Boyer, Paul Misraki ou lui-même.

En novembre, atteint d'un cancer, il est opéré pour la troisième fois des reins. Un an plus tard, le 29 octobre 1981, la mort, qu'il a si souvent chantée, l'emporte dans le petit village de Saint-Gely-du-Fesc, près de Sète, chez son ami et médecin, Maurice Bousquet. Il est inhumé dans sa ville natale dans le cimetière du Py, surnommé le "cimetière des pauvres".

La simplicité de Georges Brassens en a fait un des artistes les plus aimés du patrimoine culturel français. Son répertoire, impertinent mais jamais provocateur, trace un portrait sans pitié, et pourtant si tendre, de ses contemporains. Aujourd'hui encore, ses chansons sont reprises par des artistes du monde entier, et ses textes sont étudiés dans les écoles.

Ses interprètes sont innombrables.
Citons pour les étrangers, Graeme Allwright en anglais, Sam Alpha en créole ou Paco Ibanez en espagnol.

Quant aux artistes français, la liste est longue de ceux qui l'ont chanté et le chantent encore : Maxime le Forestier, Renaud, Barbara ou Les frères Jacques sont parmi les plus célèbres à lui avoir consacré un album entier.

A l'initiative de Joël Favreau, un album, "Chantons Brassens" réunis des artistes et des comédiens (Michel Fugain, Manu Dibango, Philippe Léotard ou Françoise Hardy) autour du répertoire du chanteur. Mais la liste des hommages serait trop longue.

Georges Brassens reste un artiste de référence largement apprécié et célébré dans le monde francophone.

Créateur généreux et humaniste, l'homme à la célèbre moustache occupe une place à part dans la mémoire de ses amis et admirateurs.
Août 1998

© RFI Musique


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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Ven 17 Sep - 18:51

http://www.sudouest.fr/2010/09/17/l-esprit-brassens-plane-joliment-sur-l-espace-187360-813.php
Citation :

L'esprit Brassens plane joliment sur l'espace



Josée Stroobants a fait les honneurs de l'exposition Brassens à la députée Martine Pinville. PHOTO MICHEL ISSARD
L'espace Georges Brassens arborait déjà un portrait du chanteur, mais qui est situé à l'extérieur, sur un transformateur électrique. L'œuvre a été réalisée l'an passé par des jeunes grapheurs en partenariat avec la mairie et ERDF.
Mais jusqu'à samedi, il n'y avait aucun portrait de l'ami Georges à l'intérieur de la salle spaniacienne. L'oubli est désormais réparé grâce à Josée Stroobants, amie et photographe officielle du poète, qui est venue samedi dévoiler le portrait qu'elle a offert à la commune.

Un oubli réparé
« Il y a quelque mois, vous êtes venu pour répondre à l'invitation d'Yves Duhamel, metteur en scène d'Alice Théâtre, qui organisait une soirée Brassens. A cette occasion, vous m'aviez dit qu'il manquait quelque chose à cette salle, grâce à vous l'oubli est réparé », a rappelé Jean- Luc Parthonnaud, maire- adjoint à la vie associative.
Auparavant, Josée Stroobants avait fait les honneurs de l'exposition installée dans la petite salle Brassens et qui présente quelques-uns des nombreux clichés qu'elle a pris du chanteur.
Un texte méconnu
Martine Pinville, députée de la circonscription , et amatrice de Brassens, n'était pas la moins intéressée.
Georges enfant, adolescent, au milieu de ses amis, de ses chats et de ses guitares, toute une époque dont il reste bien peu de témoins et Josée Stroobants est de ceux-là.
L'inauguration a également permis à la chorale du Foyer Culture Loisirs d'interpréter plusieurs airs du poète, et aux comédiens d'Alice Théâtre de dire un des nombreux textes méconnus du natif de Sète, intitulé « le fidèle absolu » : « Je n'ai vu qu'un village, un seul, mais je l'ai vu. Et ses quatre maisons ont su combler ma vue.
Et ce tout petit bout de monde me suffit ».

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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Sam 30 Oct - 19:51

http://www.suite101.fr/content/georges-brassens-lempecheur-de-penser-en-rond-a20078
Citation :


Georges Brassens, l'empêcheur de penser en rond

29 oct. 2010 Gilles Constant
Georges Brassens - Editions du jour qui vient

Né le 22 octobre 1921, à Sète (Hérault) et mort le 29 octobre 1981, à Saint-Gély-de-Fesc en périphérie de Montpellier (Hérault), Georges Brassens est un poète de la chanson française. Auteur-compositeur-interprète, il a enregistré 14 albums en studio entre 1952 et 1976. En s’accompagnant à la guitare, il a régalé nombre de générations avec ses textes bien construits ou ceux de poètes qu’il a mis en musique : Paul Fort, François Villon, Louis Aragon, Victor Hugo, Paul Verlaine, Jean Richepin, Théodore de Banville, Pierre Corneille, Tristan Bernard, Alphonse de Lamartine et Antoine Pol. Il a du reste reçu le Grand Prix de la poésie de l’Académie française en 1967.

Georges Brassens, le natif de Sète

Georges Brassens est né à Sète en 1921. Cette charmant commune portuaire de près de 43 000 habitant se situe dans le département de l’Hérault, le long de la côte méditerranéenne de la région Languedoc-Roussillon. En plus de l’ami Georges, la ville est ou a été, entre autres, la patrie de l’écrivain, poète, philosophe et épistémologue Paul Valéry, du guitariste gitan Manitas de Plata, de l’homme de théâtre Jean Vilar, du sculpteur Pierre Nocca et des frères Richard (sculpteur) et Hervé (peintre) Di Rosa. Sète est également réputée pour ses joutes nautiques auxquelles, tous les ans à la Saint-Louis (25 août), des milliers de curieux et de passionnés assistent.

Georges Brassens, l’empêcheur de penser en rond

Georges Brassens a écrit, composé et chanté de nombreuses chansons peu conventionnelles destinées à bousculer les idées reçues. Parmi celles-ci, il convient en particulier de citer :


  • La mauvaise réputation (1952)
  • Le Gorille (1952)
  • Hécatombe (1952)
  • Brave Margot (1953)
  • Pauvre Martin (1953)
  • Chanson pour l’Auvergnat (1954)
  • Le mauvais sujet repenti (1954)
  • P… de toi (1954)
  • Les Philistins (1957)
  • Le Pornographe (1958)
  • Le temps ne fait rien à l’affaire (1961)
  • La Complainte des filles de joie (1961)
  • Les Trompettes de la renommée (1962)
  • La Tondue (1964)
  • Les deux oncles (1964)
  • Fernande (1972)
  • Mourir pour des idées (1972)
  • Quatre-vingt-quinze pour cent (1972)
  • Tempête dans un bénitier (1976)
  • Les Patriotes (1976)

  • Georges Brassens, l’ami de Paul Fort

    Georges Brassens a mis plusieurs textes de Paul Fort en musique. Né à Reims (Marne) en 1872 et mort à Montlhéry (Essonne) en 1960, ce poète français a composé une multitude de petits poèmes en prose rythmée et assonancée. Elu prince des poètes en 1912, il est notamment l’auteur du Petit Cheval, de La Ballade des dames du temps jadis, de Comme hier, de La Marine et de Si le bon Dieu l’avait voulu dont Georges Brassens a fait des chansons.
  • Georges Brassens, albums enregistrés en studio et autres albums remarquables

    -La mauvaise réputation (1952)
  • Le Vent (1953)
  • Les Sabots d’Hélène (1954)
  • Je me suis fait tout petit (1956)
  • Oncle Archibald (1957)
  • Le Pornographe (1958)
  • Les Funérailles d’antan (1960)
  • Le Temps ne fait rien à l’affaire (1961)
  • Les Trompettes de la renommée (1962)
  • Les Copains d’abord (1964)
  • Bobino 64 (1964)
  • Supplique pour être enterré à la plage de Sète (1966)
  • Misogynie à part (1969)
  • Fernande (1972)
  • Brassens in concert in Great Britain 73 (1974)
  • Trompe la mort (1976)
  • Giant of jazz play Brassens (1979)
  • Brassens chante les chansons de son enfance (1980)


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MessageSujet: Re: Georges Brassens   Sam 8 Jan - 18:55

http://www.midilibre.com/articles/2011/01/08/SETE-Brassens-30-ans-sans-le-poete-1502561.php5


Citation :

SETE Édition du samedi 8 janvier 2011



DR
Anniversaire : Brassens, 30 ans sans le poète

Cette année 2011 marque le 30e anniversaire de la mort et le 90e de la naissance de Georges Brassens. Afin de célébrer comme il se doit l'événement, la Ville a prévu une série de manifestations. Pour savoir lesquelles, il faudra attendre le 27 janvier, date à laquelle la mairie organisera une conférence de presse… à Paris. Plusieurs partenaires nationaux sont annoncés tout au long de cette année spéciale.

Tout ce que l'on sait c'est qu'un téléfilm sur la vie de Brassens sera tourné dans l'Île singulière dans le courant du mois de mai.

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