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Olivia Ruiz est de retour ! Ce nouveau disque, son quatrième, est son disque. Celui qu’elle a pensé, celui qu’elle a rêvé, celui sur lequel elle a travaillé, seule dans l’écriture et la composition, tout au long de ces derniers mois alternant les hauts et les bas, le jour et la nuit, le noir, le blanc et les couleurs, l’alternatif comme le continu. Entre le calme et les tempêtes. « Le calme et la tempête », une évidence donc. Entre profondeur des mots et profondeur des sons, jamais elle n’avait donné cette impression de puiser si loin en elle pour trouver la source de ses chansons. C’est entre Paris et Los Angeles qu’elle s’est posée pour co-réaliser le tout aux côtés de Tony Berg (ex-directeur artistique Geffen Records). Un son nouveau naît de cette rencontre entre deux continents, deux générations, deux cultures. A découvrir dans "Le calme et la tempête".

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 JEAN FERRAT

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jacommos
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MessageSujet: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 18:36



Jean Ferrat : Biographie


Lorsque Jean Tenenbaum naît à Vaucresson dans les Hauts de Seine, ce 26 décembre 1930, rien ne laisse présager un destin unique. Il est le dernier enfant d'une famille de quatre, fils d'un joaillier et d'une fleuriste.

Après des études au lycée Jules Ferry de Versailles où sa famille s'est installée, il commence à se tourner vers la chimie. Mais pendant la guerre, son père est déporté. Tout change pour Jean qui est obligé de travailler pour aider sa famille à survivre. Déjà son goût pour l'art se fait sentir. C'est d'abord vers le théâtre que Jean se tourne en rentrant dans une troupe dans les années 50.
Du théâtre à la chanson

En fréquentant les cabarets avec ses amis, il se lance dans la musique, en écrivant sous le pseudonyme de Jean Laroche et en jouant de la guitare dans un orchestre de jazz.

Même si ses premiers essais ne donnent pas grand chose, il est désormais convaincu qu'il sera chanteur. Nous sommes en 1952.
Aragon

Ses premiers succès, il les doit à Aragon en adaptant Les yeux d'Elsa, poème de l'écrivain français que Jean Ferrat admire beaucoup. En 1957, ses débuts sur scènes ont lieu à La Colombe, en première partie de Guy Béart.

Puis il chante au Milord l'Arsouille ou à L'Echelle de Jacob. Ce tremplin lui permet d'enregistrer en 1958 son premier 45 tours. Mais surtout, d'autres artistes commencent à interpréter ses titres, comme André Claveau ou Christine Sèvres, une jeune chanteuse qui, en 1961, deviendra son épouse.
Une rencontre riche

En 1959, Jean rencontre Gérard Meys, qui deviendra son meilleur ami, et qui lui permet d'enregistrer en 1960, son premier quatre titres, Ma môme. C'est son premier succès personnel.

Même si l'artiste ne cache jamais ses appartenances politiques et philosophiques (très à gauche), ce qui lui vaudra durant sa carrière quelques censures, il n'en reste pas moins un poète de l'amour et de la fraternité.

Son premier album sort en 1961, et ses titres lui valent dès la même année, le Prix de la Sacem. Le voilà parti sur scène, notamment en première partie de Zizi Jeanmaire à l'Alhambra.

De concerts en albums, Ferrat obtient un succès grandissant, jusqu'au troisième album Nuit et brouillard, dont le thème principal est la déportation, qui marque les esprits et fait de Ferrat un artiste à part.
La montagne et Potemkine

Ce sont surtout ces deux titres que sont La montagne (1964) et Potemkine (1965) qui propulse Ferrat au sommet. Mais l'homme sait rester humble, et tout en continuant sa carrière, de Bobino à l'Alhambra, il s'installe à Antraigues, au coeur de l'Ardèche, et s'isole pour vivre la vraie vie.

Ses sorties sont lointaines: Mexique ou Cuba, d'où il ramène sa célèbre moustache et de nombreux titres tels que Guérilleros. Sa gloire est désormais internationale, et sa plume vengeresse égratigne le monde fort perturbé de cette époque (mai 1968 et les bouleversements d'Europe de l'Est font rage). Ce n'est pas la censure qui arrête Jean Ferrat.
Aragon (bis)

C'est à nouveau Aragon qui, au début des années 1970, va donner à Ferrat l'occasion de briller: Aimer à perdre la raison et son album Ferrat chante Aragon font un malheur.

Ce disque reste encore aujourd'hui un des plus grands succès populaires français. Mais le chanteur, las de la vie de scène et de la notoriété, s'isole: il fait ses adieux à la scène à la fin de l'année 1972, et malgré la production régulière de nouveaux albums ou de reprises, il se fait plus rare.

Profitant du rachat de la maison Barclay par Polygram, Ferrat réenregistre une grosse centaine de ses chansons et les publie en 1980 dans un coffret de douze disques, énorme travail qui lui vaudra de nombreuses récompenses et une notoriété grandissante.
La mort de son épouse...

... en novembre 1981 le plonge dans un grand désarroi et une solitude volontaire. Il lui faudra des années avant de revenir sur le devant de la scène grâce à un album, Je ne suis qu'un cri en 1985, et la même année, un passage à la télévision dans l'émission de Pivot.

Au fil des années, Ferrat continue d'être un des artistes français les plus appréciés, surtout après les "départs" de Brassens, Brel et Ferré.

Après une intégrale 61-91 sortie en 1991, puis après l'intégrale Ferrat Aragon sortie peu après, Ferrat nous offre de temps en temps quelques merveilles dont il a le secret.

Chanté par les plus grands (Gréco, Aubret, Jeanmaire, Guichard pour lequel Ferrat écrit Mon vieux...) écouté et aimé par de nombreuses générations de public, de 7 à 77 ans, Jean Ferrat reste un chanteur unique, à l'écriture remarquable, aux idées fidèles et humanistes, discret et humble. Un homme riche d'humanité et de beauté, un vrai poète en somme...

Sébastien Brumont



Jean Ferrat, Immense artiste nous propose une Oeuvre Artistique, très riche, trés variée......et parfois très surprenante...

Lui le militant, lui l'homme engagé, lui le poète sut nous offrir aussi de magnifiques chansons d'amour, mais aussi quelques chansons plus rigolotes remplies d'humour et de poèsie !
lol!

Jean Ferrat

Une femme honnête , issue de l'album "A Moi l'Afrique"

Paroles et Musique: Jean Ferrat 1972 "Jean Ferrat - Vol.1 (1999)"


Vous allez ma fille voguer vers Cythère
Mais j'ai le devoir de vous avertir
Puisqu'il faut parler de choses vulgaires
Evoquant les feux qui vous font frémir
Evoquant les feux qui vous font frémir
Une femme honnête n'a pas de plaisir

Qu'elle soit couchée ou genoux en terre
Point d'égarements en puissants soupirs
En cris émouvants "Ah je vais mourir"
Prise de cent mille ou d'une manière
Prise de cent mille ou d'une manière
Une femme honnête n'a pas de plaisir

Assaillie devant brisée par derrière
Si vous vous sentiez prête à défaillir
Songez à l'enfer songez aux martyrs
C'est en revivant ce qu'ils ont souffert
C'est en revivant ce qu'ils ont souffert
Qu'une femme honnête n'a pas de plaisir

Monsieur le curé le disait naguère
A la frêle enfant en proie au désir
On peut succomber mais ne point faillir
Même en se livrant aux joies solitaires
Même en se livrant aux joies solitaires
Une femme honnête n'a pas de plaisir

Cédant aux folies d'autres partenaires
S'il vous arrivait de vous divertir
En brisant les liens que l'hymen inspire
Sachez qu'au sein même de l'adultère
Sachez qu'au sein même de l'adultère
Une femme honnête n'a pas de plaisir

Et si votre époux glacé de colère
Eperdu d'amour et fou de désir
Vous criait un jour "On dirait ta mère!"
Ce beau compliment devrait vous réjouir
Ce beau compliment devrait vous réjouir
Une femme honnête n'a pas de plaisir


_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.


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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 18:46

lol! lol! lol! J'amais entendu lol!

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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 20:31

Sacré Ferrat! lol! Et Sacré Jaco!Bien dénichée cette chanson! lol! lol! :lol: :lol: :lol:
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jacommos
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 20:33

Celle-ci révèle vraiment son talent de poète :

Jean Ferrat

Picasso colombe

Musique: Jean Ferrat


Il était un homme-oiseau
Qui cueillit le monde rond
L'ouvrit de ses doigts pipeaux
L'enfouit dans son œil citron
Puis déshabilla les dieux
Les fit danser dans les bois
Les croqua de ses dents bleues
Les enivra de hautbois

Picasso colombe au laurier
Fit Guernica la mort aux cornes
Pour que dans un monde sans bornes
La nuit ne vienne plus jamais
La nuit ne vienne plus jamais

Il était un homme-fruit
Qui roula dans l'herbe crue
Sur une femme pétrie
Par un dieu Pan au poil dru
Femme il fendit ton chignon
D'un coup de soleil tranchant
Le fendit comme un oignon
Dans la cuisine des champs

Picasso colombe au laurier
Fit Guernica la mort aux cornes
Pour que dans un monde sans bornes
La nuit ne vienne plus jamais
La nuit ne vienne plus jamais

Il était un homme enfin
Prit le fruit et le croqua
Prit l'oiseau le fit humain
Coloriant aux éclats
But le temps et s'enivra
But le vin qui devint pur
Prit la cage et la brisa
Sur la porte du futur

Picasso colombe au laurier
Fit Guernica la mort aux cornes
Pour que dans un monde sans bornes
La nuit ne vienne plus jamais
La nuit ne vienne plus jamais
La nuit ne vienne plus jamais


_________________
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claudia



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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 20:42

j'aime beaucoup Jean FERRAT .

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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 20:45

Si Antonio Vivaldi a magnifiquement composé "Les Quatre Saisons" (1678-1741)

Jean Ferrat a lui superbement écrit et composé :


Les saisons

Musique: Jean Ferrat


Ah les saisons Ah les saisons
Je ne me lasse pas
D'en rêver les odeurs
D'en vivre les couleurs
D'en trouver les raisons
Ah les saisons Ah les saisons

Je serai l'automne à tes pieds
Tu seras l'été à ma bouche
L'hiver aux doigts bleus qui se couche
Nous serons printemps fou à lier

Ah les saisons Ah les saisons
Ja vais sans me lasser
En guetter les rumeurs
En voler les ardeurs
En vivre à tes côtés
Ah les saisons Ah les saisons

Voir un seul hiver t'affamer
Encore un été t'épanouir
Encore un printemps t'enflammer
Un seul automne pour en rire

Ah les saisons Ah les saisons
Je ne me lasse pas
D'en distiller les fleurs
D'en jalouser chaque heure
D'en mourir sans raison
Ah les saisons Ah les saisons

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"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 20:51

claudia a écrit:
j'aime beaucoup Jean FERRAT .

Bonsoir Nounouka et Claudia! Wink

Ferrat fut une sorte de révélation en ce qui me concerne !

Certes c'est un artiste très engagé politiquement avec des chansons très fortes, mais certaines autres qu'elles soient d'amour ou de description sont tout simplement sublimes ! :cheers:

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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 20:54

Bonsoir Jaco et celle là! lol!

Eh l'amour
by Jean Ferrat

Eh l'amour tes gigolos ont su trouver l'filon
Qu'ils fassent la rue ou qu'ils fassent des chansons
Depuis l'temps qu'ils s'occupent de croquer tes millions
Eh l'amour t'as mauvaise mine tu sais dans tes romans
Et dans ces films où tu parais tout l'temps
Entre une voiture de sport et deux téléphones blancs
Eh l'amour si tu veux bien ce soir
Oublie donc tes trottoirs
Tes pin-ups tes dollars
Eh l'amour et reviens-moi tout nu sur tes ergots
Comme j't'ai connu quand on était jeunot
Et qu'on n'avait rien sur le dos

Eh l'amour oui te voilà t'es bien toujours pareil
T'as pas changé t'es comme cendre et soleil
Tout gris quand tu t'endors et bleu à ton réveil
Eh l'amour comme un grand frère viens t'asseoir à mes genoux
Tu sais très bien que je n's'rai pas jaloux
De tes bonheurs d'un jour de tes mômes à deux sous
Eh l'amour quand tu défais leur lit
Si tu vois l'paradis
Tu pourrais m'faire des prix
Eh l'amour avant d'courir vers d'autres rendez-vous
Mets tes dentelles et rejoue moi frou frou
Attention au voisin d'en d'ssous

Eh l'amour pardonne-nous tous nos accordéons
Pardonne-nous ces vers de mirliton
Qu'on chante à ton baptême ou pour ton oraison
Eh l'amour depuis le temps qu'tu rimes avec toujours
Si ça t'ennuie d'écouter nos discours
On pourrait tous les deux s'en aller faire un tour
Eh l'amour tu sais bien qu'avec moi
Tu feras c'que tu voudras
Qu'importe où l'on ira
Eh l'amour déploie tes ailes comme un vrai chérubin
On arriv'ra sans doute un beau matin
Au septième ciel et même un peu plus loin
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 21:02

Jean Ferrat, le poète a écrit :

La femme est l'avenir de l'homme

Musique: Jean Ferrat


Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Entre l'ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D'autres décrètent par la bible

Le poète a toujours raison
Qui détruit l'ancienne oraison
L'image d'Eve et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encor lourd sur la terre

Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D'autres amours en son royaume
Remet à l'endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D'une manière irréversible

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face aux autres générations
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme


_________________
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 21:06

La chanson que notre Ami Mickaël/Micky/Michel aimait bien! lol!

Nous sommes votre Avenir Jaco! :lol: :lol: :lol: lol! Ferrat le chante si bien! Basketball Basketball Basketball :cheers: lol!
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 21:19

Si Le Grand Georges Brassens la jouait toujours avec beaucoup de modestie, Jean Ferrat lui avait déjà décidé de faire son autocritique......

Jean Ferrat


Quand on n'interdira plus mes chansons

(issue de l'album "L'Amour est Cerise" 1980)

Musique: Jean Ferrat

Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon bon bon bon bon bon bon
Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon à jeter sous les ponts

Je n'chanterai plus qu'les p'tits oiseaux
L'amour le ciel la terre et l'eau
Dans la fanfare opposition
Je soufflerai plus d'hélicon
Je ferai plus mal à personne
J'aurai la plume aseptisée
J'aurai plus la voix qui détonne
Dans les grands shows télévisés

Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon bon bon bon bon bon bon
Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon à jeter sous les ponts

Je serai le champion du bof
Toujours au côté du plus fort
Un genre de nouveau philosophe
Avec l'idéal au point mort
Je serai plus l'affreux jojo
Qui met ses rimes où il faut pas
Qui fait d'la peine aux collabos
Figaro-ci Figaro-là

Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon bon bon bon bon bon bon
Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon à jeter sous les ponts

La majorité silencieuse
Ayant enfin trouvé sa voix
J's'rai plus la maladie honteuse
Le chantre qu'on cache à papa
J'incarnerai ces pauvres types
Les masochistes du pouvoir
Qui se régalent par principe
En recevant des coups de barre

Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon bon bon bon bon bon bon
Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon à jeter sous les ponts

Enfant chéri des monopoles
J'aurai mon avenir assuré
J'invent'rai plus de carmagnoles
Qu'avec l'accord de l'Elysée
Je deviendrai super enzyme
Je deviendrai super glouton
En glorifiant à plein régime
L'Europe des supers patrons

Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon bon bon bon bon bon bon
Quand on n'interdira plus mes chansons
Je serai bon à jeter sous les ponts

_________________
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Jeu 3 Avr - 21:28

Dans la jungle ou dans le zoo
by Jean Ferrat


Ainsi donc ainsi donc
Il n'y aurait plus rien à faire
Qu'à mettre la clé sous la porte
De ce château sombre et désert
Où gisent nos illusions mortes
Ainsi donc ainsi donc
Vite fait serait l'inventaire
De ces chambres abandonnées
Aux lits recouverts de poussière
Aux parquets noirs de sang séché
Et sur les carreaux des fenêtres
On pourrait écrire à la craie :
"Tout demain devra disparaître
Des choses que l'on a cru vraies"
Et dans ce monde à la dérive
Pareils aux autres animaux
Nous n'aurions d'autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Il n'y aurait plus rien à voir
Circulez mais circulez donc
Ainsi finirait notre histoire
Sous le poids des malédictions
Ainsi donc ainsi donc
Faudrait faire amende honorable
Raser les murs courber le dos
Se résigner au pitoyable
Errer de goulags en ghettos
Tout ne serait que simulacre
Toute espérance sans lendemain
Rien ne servirait de se battre
Pour un monde à visage humain
Il faudrait brûler tous les livres
Redevenir des animaux
Sans avoir d'autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Contre la faim contre la haine
Contre le froid la cruauté
De la longue quête incertaine
Pour affirmer sa dignité
Ainsi donc ainsi donc
Il nous faudrait tout renier
De la bataille surhumaine
Que depuis l'âge des cavernes
L'homme à lui-même s'est livré
Ne tirez pas sur le pianiste
Qui joue d'un seul doigt de la main
Vous avez déchiffré trop vite
"La musique de l'être humain"
Et dans ce monde à la dérive
Son chant demeure et dit tout haut
Qu'il y a d'autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo
Qu'il y aura d'autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Sam 5 Avr - 9:09

Voilà l'Une des chansons les plus symboliques écrites par Jean Ferrat, lui le sympathisant communiste n'aura jamais renié son esprit de libre penseur, de plus durant toute sa carrière il n'aura jamais hésité à s'exprimer sans langue de bois, comme "le prophète artiste et poète" qu'il restera à jamais dans l'esprit de tous ceux qui pensent que la vérité et l'éthique sont des valeurs de la démocratie qu'il est impératif de sauvegarder...

Merci à lui d'être un homme honnête ! :cheers:


LE BILAN 1980

Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres
De Prague à Budapest de Sofia à Moscou
Les staliniens zélés qui mettaient tout en oeuvre
Pour vous faire signer les aveux les plus fous
Vous aviez combattu partout la bête immonde
Des brigades d’Espagne à celles des maquis
Votre jeunesse était l’histoire de ce monde
Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Ah ils nous en ont fait applaudir des injures
Des complots déjoués des dénonciations
Des traîtres démasqués des procès sans bavures
Des bagnes mérités des justes pendaisons
Ah comme on y a cru aux déviationnistes
Aux savants décadents aux écrivains espions
Aux sionistes bourgeois aux renégats titistes
Aux calmniateurs de la révolution

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Ah ils nous en ont fait approuver des massacres
Que certains continuent d’appeler des erreurs
Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre
Pour barrer d’un seul trait des années de terreur
Ce socialisme était une caricature
Si les temps on changé des ombres sont restées
J’en garde au fond du coeur la sombre meurtrissure
Dans ma bouche à jamais le soif de vérité

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Mais quand j’entends parler de "bilan" positif
Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix
Et ces millions de morts qui forment le passif
C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis
N’exigez pas de moi une âme de comptable
Pour chanter au présent ce siècle tragédie
Les acquis proposés comme dessous de table
Les cadavres passés en pertes et profits


Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle pas à pas humblement
Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Jean FERRAT


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"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
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MessageSujet: Une Biographie plus complète de Jean Ferrat   Sam 5 Avr - 9:18


Jean FERRAT

Amour, tendresse, combat, Jean Ferrat reste toute sa carrière un homme fidèle à ses engagements. Admirateur du poète Aragon, compagnon de route du parti communiste, Ferrat déclare que "la femme est l’avenir de l’homme". En marge du show business, chacune de ses apparitions est désormais un événement.

Jean Tenenbaum, futur Jean Ferrat, naît le 26 décembre 1930, à Vaucresson dans la région parisienne. Il est le plus jeune d’une famille modeste de quatre enfants élevés par un père joaillier et une maman fleuriste. En 1935, ses parents s’installent à Versailles où quelques années après Jean entre au Collège Jules Ferry. Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, son père est déporté. A 15 ans, Jean quitte le lycée pour travailler afin d’aider un peu sa famille. Il commence parallèlement des études de chimie, mais déjà son attirance pour la musique et le théâtre se dessine très nettement.

Dès le début des années 50, il entre dans une troupe de théâtre et commence à fréquenter les cabarets. Il compose quelques titres et devient guitariste dans un orchestre de jazz. A partir de 52, il passe des auditions sous le nom de Jean Laroche mais sans trop de succès. Cependant, il décide de se consacrer entièrement à la musique et abandonne ses études et son travail.

En 1956, il met en musique un poème de Louis Aragon, "Les yeux d’Elsa". Jean Ferrat voue une grande admiration au poète français dont, tout au long de sa carrière, il chantera nombre de poèmes. Son éditeur de l’époque a l’idée de faire interpréter ce titre par André Claveau, chanteur très populaire dans les années 50, ce qui apporte au jeune artiste un début de notoriété. Les engagements ne se multiplient pas pour autant. Mais en 1957, il décroche un vrai contrat au cabaret La Colombe où il fait la première partie de Guy Béart avec la chanteuse également débutante, Anne Sylvestre.

En 1958, il enregistre un tout premier 45 tours, mais qui ne connaît guère de succès. Cette même année, une jeune chanteuse du nom de Christine Sèvres interprète certains de ses titres. Elle devient sa compagne, puis son épouse en 61.

Un chanteur engagé

Les événements s’accélèrent pour Jean Ferrat qui en 1959 rencontre celui qui restera jusqu’à aujourd’hui son éditeur et son ami, Gérard Meys. Grâce à cette rencontre, il signe un contrat chez Decca. Puis en 1960, sort son second 45 tours de quatre titres dont "Ma Môme", chanson populiste qui lui vaut son premier succès en radio. Sur le même disque, on trouve aussi un titre consacré à Federico Garcia Lorca, poète espagnol auquel il consacrera d’autres textes et dont il chantera également les poèmes. Ces deux titres illustrent bien les deux directions que prend l’ouvre de Ferrat soit d’une part un répertoire consacré à l’amour et à la fraternité, et d’autre part un répertoire motivé par la lutte contre toute forme d’oppression. Ces deux aspects se recoupent d’ailleurs bien souvent, mais l’engagement politique et humaniste du chanteur reste une caractéristique majeure de son travail. Proche du parti communiste, il gardera toujours un jugement très critique vis à vis de l’Union soviétique. Cet aspect de sa carrière lui vaudra de nombreux ennuis avec la censure et les autorités, mais fort d’une personnalité sincère et intègre, Jean Ferrat ne cessera jamais de s’exprimer sur les sujets qui le révoltent.

En 1961, Jean Ferrat est engagé pour six mois à l’Alhambra dans le spectacle de la chanteuse et danseuse Zizi Jeanmaire. Il sort également son tout premier 33 tours qui lui vaut le Prix de la SACEM (Société des Auteurs Compositeurs). Cette fois, sa carrière est lancée mais le succès public n’est pas encore vraiment au rendez-vous. En 1962, il part en tournée à travers la France et obtient de nombreux prix : le Prix Henri Crolla pour la chanson "Federico Garcia Lorca", le Prix de la Société des Auteurs et le Grand prix de l’Académie nationale du Disque. La reconnaissance professionnelle est incontestable. Le public commence à s’intéresser réellement à lui avec la chanson "Deux enfants au soleil" tirée du premier album et aussi rendue célèbre par l’interprétation d’Isabelle Aubret.

Le second 33 tours qui sort en 62 obtient un léger succès, mais c’est en 1963, l’album "Nuit et brouillard" qui marque un vrai démarrage. Ce titre, qui évoque la déportation, reste un titre majeur de son répertoire et marque fortement les esprits jusqu’à aujourd’hui. La diffusion de la chanson est plutôt "déconseillée" aux radios, mais le public ne reste pas indifférent à la force des propos de Jean Ferrat. Cet album, entièrement écrit par Ferrat, obtient le prix de l’Académie Charles Cros.

En 1964, sort un autre de ses plus fameux succès, "La Montagne". Cette chanson, extraite de l’album du même nom, évoque l’Ardèche, région de France chère au cour de Jean Ferrat qui s’installe cette année-là dans le village d’Antraigues qu’il ne quittera jamais.

En janvier 1965, il passe en vedette à l’Alhambra. Un nouvel album sort également avec le titre "Potemkine" qui provoque à nouveau un débat d’idées autour du communisme et de l’Union soviétique que Ferrat égratigne dans son texte. Cette chanson, interdite de télévision en France, l’empêche également d’effectuer un voyage en URSS peu après.

Cette même année, il varie un peu son travail en écrivant la musique de deux films dont celui de René Allio, "La Vieille Dame indigne". Puis en janvier 1966, il remonte sur scène, cette fois à Bobino.

1967 : voyage à Cuba

En 1967, Jean Ferrat effectue un voyage à Cuba qui le marque artistiquement, politiquement et humainement. Le séjour dure deux mois et demi et Ferrat y donne une dizaine de concerts. Dès son retour, après un passage au Mexique, il enregistre un album fortement empreint de cette expérience. Les titres qui en ressortent sont "Santiago" et "Guerilleros". C’est également suite à ce voyage que le chanteur laisse pousser sa célèbre moustache.

L’année suivante, c’est 1968 et son célèbre mois de mai. Jean Ferrat participe à des soirées organisées pour les grévistes à Bobino. Mais lorsque les chars russes envahissent Prague en Tchécoslovaquie, il reprend sa plume pour protester. Désormais très connu, il enchaîne les tournées en Europe, en Afrique du nord et au Canada où il est très populaire.

Fou de poésie, il fait parfois appel à des écrivains et poètes pour écrire ses textes. Un de ses principaux compagnons en matière d’écriture est son ami le poète Henri Gougaud avec qui il écrit une grande partie des titres de l’album qui paraît en 1969. De leur collaboration, on retient "La Matinée", duo entre Ferrat et son épouse. Jean Ferrat connaît à travers cet album de nouveaux démêlés avec la censure autour essentiellement du titre "Ma France".

1971 : retrouvailles avec Aragon

Outre un nouvel album en 1970, le chanteur donne douze récitals triomphaux au Palais des Sports et continue les tournées. L’année suivante, Jean Ferrat retrouve Louis Aragon et publie le célébrissime album "Ferrat chante Aragon". Sorti dans la discrétion, ce disque se vend en quelques mois à près d’un million d’exemplaires, chiffre doublé depuis. Un deuxième disque sort la même année avec une autre version très connue d’un poème d’Aragon, "Aimer à perdre la raison".

Las des tournées, Ferrat décide de faire ses adieux à la scène en 1972 du 6 au 29 octobre, au Palais des Sports. La même année Christine Sèvres arrête également totalement la chanson. A partir de cette époque, Jean Ferrat se fait plus rare. Ses productions discographiques s’espacent et après une ultime tournée 1973, on ne le reverra presque plus sur scène.

Fin 1975, il revient au devant de l’actualité musicale avec son album "La Femme est l’avenir de l’homme". Le succès est énorme et 500.000 albums s’écoulent en un mois. Outre la chanson-titre, qui avec "la Montagne" est peut-être sa chanson la plus célèbre, on doit noter un texte contre la guerre du Vietnam ("Un air de liberté"), ainsi qu’un nouveau poème d’Aragon ("Dans le silence de la ville") et d’Henri Gougaud ("Mon chant est un ruisseau").

L’année suivante, il réenregistre une dizaine de titres de ses débuts. Puis en 1979, il sort un autre album d’anciennes chansons cette fois choisies dans sa production des années 70.

1980 : "Le Bilan"

A la fin des années 70, sa maison de distribution Barclay, propriétaire d’une grande partie de sa production, est rachetée par Polygram. A cette occasion, Jean Ferrat et son complice et éditeur Gérard Meys décident de réenregistrer la plupart de ses titres afin d’en conserver les bandes. Arrangées par Alain Goraguer, cent-treize titres sont donc réactualisés entre 1979 et 1980. En septembre 80, sortent les douze volumes réunissant ce travail. La même année, il sort un album dont il signe l’intégralité des textes et des musiques, "Le Bilan". En quelques semaines, les ventes atteignent le million d’exemplaires. Le titre de l’album reflète le recul de plus en plus important que Ferrat prend par rapport au parti communiste. Parallèlement, on trouve sur cet album de magnifiques chansons d’amour et de tendresse telle "L’amour est cerise".

En 1981, il reçoit le Diamant de l’année pour l’ensemble de son ouvre.

Après le décès de son épouse Christine Sèvres en novembre 81, Jean Ferrat se retire quelques années avant d’enregistrer un nouvel album qui sort en 1985, "Je ne suis qu’un cri". Les quatorze textes du disque sont entièrement écrits par Guy Thomas, poète et professeur de Lettres. Cette année-là, Jean Ferrat fait également un retour médiatique très remarqué et très commenté dans une émission spéciale concoctée par Bernard Pivot, le journaliste littéraire le plus célèbre de la télévision française.

La lutte pour la chanson française

En 1990, la SACEM lui remet sa médaille d’or. Puis, Ferrat sort l’année suivante l’album "Dans la jungle ou dans le zoo" dont il signe la totalité des titres. Deux ans après 1989 et le bicentenaire de la Révolution française, Ferrat évoque cet événement dans "Le Bicentenaire". L’amour est toujours au rendez-vous avec "Chante l’amour" ou "Mon amour sauvage", quant au titre de l’album, il illustre à nouveau la face politique de son ouvre en évoquant le monde capitaliste ("la jungle") et le monde communiste ("le zoo"). Comme en 1985, une émission de télévision est à cette occasion spécialement montée autour de l’événement que représente la rentrée de Jean Ferrat, artiste de plus en plus rare et pourtant éminemment populaire et apprécié d’un large public. Près de vingt ans après avoir quitté la scène, cette émission permet à Ferrat d’interpréter une quinzaine de ses titres entouré d’un orchestre de quarante musiciens dirigés par Alain Goraguer.

Après une intégrale 61-91 qui sort en 1991, Jean Ferrat se consacre au premier volume d’une intégrale Ferrat/ Aragon qui sort en 92, suivi en 1995 d’un deuxième volume de seize nouveaux poèmes. Le disque se vend très bien et devient Disque de platine (300.000 exemplaires vendus). Ce succès s’accompagne d’une tournée au Québec en 1995.

Alors qu’on ne l’avait pas revu sur une scène française depuis 1972, Ferrat chante en public lors d’un petit festival du sud de la France, à Alès, le 8 août 98. En fait, le chanteur n’interprète qu’un seul titre à la fin d’un concert donné en son honneur et au cours duquel une chorale de 700 choristes reprend ses plus grands succès. Deux ans plus tard, c’est le Festival de Barjac dans le Sud de la France qui est à l’honneur de Jean Ferrat. De nombreux invités chantent son répertoire dont Isabelle Aubret.

En 2001 et 2002, Jean Ferrat pousse quelques colères à l’encontre des médias publics. Selon lui, ils excluent volontairement de nombreux artistes français au profit d’une variété commerciale. Dans une lettre à la directrice générale de la seconde chaîne de télévision française, Michèle Cotta, puis dans quelques articles de presse, il prend en particulier la défense d’Isabelle Aubret. Très rarement invitée sur les plateaux, elle est l’emblème pour Jean Ferrat, d’une large partie de la chanson française absente de la scène médiatique au dépend de "la diversité culturelle".

Faux retour

A la fin de l’année 2002, le chanteur sort "Ferrat en scène", enregistrement réalisé en public en 1991, avec des arrangements de son ami Alain Goraguer. En janvier 2003, il est l’invité d’une émission dominicale française célèbre, "Vivement dimanche" pour présenter ce live.

Artiste généreux, Jean Ferrat a au cours de sa carrière écrit pour quelques autres chanteurs dont Daniel Guichard ("Mon vieux"). Mais, il a surtout été très chanté par de grandes chanteuses telles Juliette Gréco ou Isabelle Aubret, son interprète la plus célèbre.

http://www.rfimusique.com/siteFr/bi...


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"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.


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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Sam 5 Avr - 9:35

"L'AMOUR EST CERISE"

Cette Chanson d'amour sublime donne son Nom à cet album de 1980, vraiment tellement magnifique dans lequel nous pourrions aussi apprécié 12 chansons dont la plus marquante, le fameux "Le Bilan"...

...mais aussi bien sur : Oural ouralou - J'ai froid - Pour être encore en haut de l'affiche - Mon pays était beau - Tu verras, tu seras bien - Quand on n'interdira plus mes chansons - J'aurais seulement voulu - La bourrée des trois célibataires - Chanter - L'Embellie .


Jean Ferrat

Musique: Jean Ferrat


Rebelle et soumise
Paupières baissées
Quitte ta chemise
Belle fiancée
L'amour est cerise
Et le temps pressé
C'est partie remise
Pour aller danser

Autant qu'il nous semble
Raisonnable et fou
Nous irons ensemble
Au-delà de tout
Prête-moi ta bouche
Pour t'aimer un peu
Ouvre-moi ta couche
Pour l'amour de Dieu

Laisse-moi sans crainte
Venir à genoux
Goûter ton absinthe
Boire ton vin doux
O rires et plaintes
O mots insensés
La folle complainte
S'est vite élancée

Défions le monde
Et ses interdits
Ton plaisir inonde
Ma bouche ravie
Vertu ou licence
Par Dieu je m'en fous
Je perds ma semence
Dans ton sexe roux

O Pierrot de lune
O monts et merveilles
Voilà que ma plume
Tombe de sommeil
Et comme une louve
Aux enfants frileux
La nuit nous recouvre
De son manteau bleu

Rebelle et soumise
Paupières lassées
Remets ta chemise
Belle fiancée
L'amour est cerise
Et le temps passé
C'est partie remise
Pour aller danser

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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Sam 5 Avr - 10:08

Cette chanson inclue dans l'album "La Femme est l'avenir de l'homme" et datant de 1975 fut écrite suite au coup d'état organisé par l'armée Chilienne en 1973 et soutenu par la CIA, qui valut au peuple Chilien le renversement du gouvernement du président Salvator Allende élu démocratiquement par le peuple chilien 2 ans au paravent, mais aussi une répression terrible faites d'executions sommaires et de tortures...

Mais au delà de tous ces évenements tragiques Jean Ferrat nous met en garde contre des dérives autoritaires et permicieuses qui pourraient mettre en péril la démocratie mais aussi la liberté d'expression, qui aujourd'hui depuis, déjà une dizaine d'année, a commencé par reculer......

la liberté d'expression des années 80 subit de nos jours des reculs dans bien des domaines qu'ils soient politiques (manipulations faites par les médias durant certaines campagnes électorales récentes... ), incursions religieuses dans le paysage laïque, fanatisme de toutes sortes, censures et autocensures sur certains évènements......



Jean Ferrat

Le bruit des bottes

Paroles: Guy Thomas. Musique: Jean Ferrat


C'est partout le bruit des bottes
C'est partout l'ordre en kaki
En Espagne on vous garotte
On vous étripe au Chili
On a beau me dire qu'en France
On peut dormir à l'abri
Des Pinochet en puissance
Travaillent aussi du képi

Quand un Pinochet rapplique
C'est toujours en général
Pour sauver la République
Pour sauver l'Ordre moral
On sait comment ils opèrent
Pour transformer les esprits
Les citoyens bien pépères
En citoyens vert-de-gris

A coup d'interrogatoires
De carotte et de bâton
De plongeon dans la baignoire
De gégène et de tison
Il se peut qu'on vous disloque
Ou qu'on vous passe à tabac
Qu'on vous suicide en lousdoc
Au fond d'un commissariat

Il se peut qu'on me fusille
Pour avoir donné du feu
Pour avoir joué aux billes
Avec un petit hébreu
On va t'écraser punaise
Pour avoir donné du pain
Pour avoir donné du pèze
Au petit nord-africain

Il se pourrait qu'on m'accuse
Avec un petit gourdin
D'avoir étudié Marcuse
D'avoir été sartrien
Ils auront des électrodes
Ils diront tu veux du jus
Pour connaître la période
Où j'étais au P.S.U.

A moins qu'ils me ratatinent
Pour mon immoralité
Pour avoir baisé Delphine
Pour avoir été pédé
A moins qu'ils ne me condamnent
A mourir écartelé
Entre l'amour de Roxane
Et celui du beau Dédé

Il se peut qu'on me douillette
Pour que je veuille attester
Qu'en mil neuf cent soixante-sept
Je lisais l'Humanité
Il se peut qu'on me tourmente
Et qu'on me fasse avouer
Que dans les années soixante
J'étais à la C.G.T.

A moins qu'ils me guillotinent
Pour avoir osé chanter
Les marins du Potemkine
Et les camps de déportés
A moins qu'avec un hachoir
Ils me coupent les dix doigts
Pour m'apprendre la guitare
Comme ils ont fait à Jara

C'est partout le bruit des bottes
C'est partout l'ordre en kaki
En Espagne on vous garotte
On vous étripe au Chili
Il ne faut plus dire qu'en France
On peut dormir à l'abri
Des Pinochet en puissance
Travaillent aussi du képi
Travaillent aussi du képi

_________________
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Dim 20 Avr - 22:01

JEAN FERRAT

Ma France

Citation :
Ce texte ne peut pas laisser insensible. Il s'agit d'une véritable déclaration d'amour politique. Exaltation d'un pays adoré, mais surtout d'un peuple exceptionnel, ce peuple de France qui a exporté les libertés politiques à travers l'Europe grâce à sa révolution nationale, cette foule de travailleurs qui ont bâti la France industrielle…

Cette chanson dessine le substrat culturel sur lequel s'appuie la politique du Parti Communiste Français. Chaque courant politique a ses propres références, sa propre interprétation de l'histoire, sa propre mythologie nationale même. Ce texte pourrait être la profession de foi de tous les communistes des années 70 : des hommes qui défendent l'héritage de la Révolution française (y compris la terreur et Robespierre), des travailleurs fiers de leur filiation ouvrière, des penseurs qui puisent chez Hugo comme chez les surréalistes, des révolutionnaires enfin qui attendent des lendemains enchantés…

Malgré les dramatiques dérives staliniennes, le communisme s'accompagna d'un idéal positif, d'un appel à plus de justice, de générosité, de fraternité. Des générations d'ouvriers supportèrent leurs conditions de vie difficiles grâce à cet idéalisme, grâce à leur conviction qu'un jour, enfin, tout changerait.


Je partage la 1ere partie de cette analyse, beaucoup moins la suite......

Ma France est certes une chanson d'espoir, mais aussi une chanson qui évoque l'évolution à travers l'histoire, du peuple de France jusqu'à la période du front populaire et celle des années 1968...

Ma France

De plaines en forêts, de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tenant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont Monsieur Thiers a dit : qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes-prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes, vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines, descende des collines
Celle qui chante en moi, la belle, la rebelle
Elle tient l'avenir inséré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

_________________
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"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Mar 22 Avr - 21:30

Jean Ferrat un tres tres grand de la chanson francaise pour moi, c'est vrai que j'ai un peu ete berce par es chansons :D mon pere (d'ailleurs loors de son enteremment hormis une chanson toutes etaient de Ferrat) je crois que c'est un des rares chanteurs avec mireille mathieu qu'i aimait

j'ai eu la hance de le rencontrer lors d'une fete de l'huma

j'adore beaucoup de chanson de lui la liste est trop longue pour les citée ,'aimerais le devouvir un jour sure scene pour de vrai

ma france j'adore cette chanson elle represente tellement de choses pour moi, en plus je l'ai appris quand je faisais partie d'uen chorale
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Dim 27 Avr - 2:00

Camarade


C'est un joli nom Camarade
C'est un joli nom tu sais
Qui marie cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai
Pendant des années Camarade
Pendant des années tu sais
Avec ton seul nom comme aubade
Les lèvres s'épanouissaient
Camarade Camarade

C'est un nom terrible Camarade
C'est un nom terrible à dire
Quand, le temps d'une mascarade
Il ne fait plus que frémir
Que venez-vous faire Camarade
Que venez-vous faire ici
Ce fut à cinq heures dans Prague
Que le mois d'août s'obscurcit
Camarade Camarade

C'est un joli nom Camarade
C'est un joli nom tu sais
Dans mon cœur battant la chamade
Pour qu'il revive à jamais
Se marient cerise et grenade
Aux cent fleurs du mois de mai
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Dim 27 Avr - 2:00

En groupe, en ligue, en procession

En groupe en ligue en procession
En bannière en slip en veston
Il est temps que je le confesse
A pied à cheval et en voiture
Avec des gros des p'tits des durs
Je suis de ceux qui manifestent
Avec leurs gueules de travers
Leurs fins de mois qui sonnent clair
Les uns me trouvent tous les vices
Avec leur teint calamiteux
Leurs fins de mois qui sonnent creux
D'autres trouvent que c'est justice

Je suis de ceux que l'on fait taire
Au nom des libertés dans l'air
Une sorte d'amoraliste
Le fossoyeur de nos affaires
Le Déroulède de l'arrière
Le plus complet des défaitistes
L'empêcheur de tuer en rond
Perdant avec satisfaction
Vingt ans de guerres colonialistes
La petite voix qui dit non
Dès qu'on lui pose une question
Quand elle vient d'un parachutiste

En groupe en ligue en procession
Depuis deux cents générations
Si j'ai souvent commis des fautes
Qu'on me donne tort ou raison
De grèves en révolutions
Je n'ai fait que penser aux autres
Pareil à tous ces compagnons
Qui de Charonne à la Nation
En ont vu défiler parole
Des pèlerines et des bâtons
Sans jamais rater l'occasion
De se faire casser la gueule

En groupe en ligue en procession
Et puis tout seul à l'occasion
J'en ferai la preuve par quatre
S'il m'arrive Marie-Jésus
D'en avoir vraiment plein le cul
Je continuerai de me battre
On peut me dire sans rémission
Qu'en groupe en ligue en procession
On a l'intelligence bête
Je n'ai qu'une consolation
C'est qu'on peut être seul et con
Et que dans ce cas on le reste
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Dim 27 Avr - 2:02

Je ne suis qu'un cri

je ne suis pas littérature
Je ne suis pas photographie
Ni décoration ni peinture
Ni traité de philosophie

Je ne suis pas ce qu'on murmure
Aux enfants de la bourgeoisie
Je ne suis pas saine lecture
Ni sirupeuse poésie

Je ne suis qu'un cri

Non je n'ai rien de littéraire
Je ne suis pas morceaux choisis
Je serais plutôt le contraire
De ce qu'on trouve en librairie

Je ne suis pas livre ou bréviaire
Ni baratin ni théorie
Qu'on range entre deux dictionnaires
Ou sur une table de nuit

Je ne suis qu'un cri

Je n'ai pas de fil à la patte
Je ne viens pas d'une écurie
Non je ne suis pas diplomate
Je n'ai ni drapeau ni patrie

Je ne suis pas rouge écarlate
Ni bleu ni blanc ni cramoisi
Je suis d'abord un cri pirate
De ces cris-là qu'on interdit

Je ne suis qu'un cri

Je ne suis pas cri de plaisance
Ni gueulante de comédie
Le cri qu'on pousse en apparence
Pour épater la compagnie

Moi si j'ai rompu le silence
C'est pour éviter l'asphyxie
Oui je suis un cri de défense
Un cri qu'on pousse à la folie

Je ne suis qu'un cri

Pardonnez si je vous dérange
Je voudrais être un autre bruit
Etre le cri de la mésange
N'être qu'un simple gazouillis

Tomber comme un flocon de neige
Etre le doux bruit de la pluie
Moi je suis un cri qu'on abrège
Je suis la détresse infinie

Je ne suis qu'un cri
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Dim 27 Avr - 2:03

L'idole à papa

Il y avait deux clans dans la famille
Du temps où j'étais un mouflet
Tino Rossi faisait pâmer les filles
Et tous les garçons rigolaient
Et je me dis qu'aujourd'hui même
C'est peut-être pareil pour moi
Les unes rêvent en murmurant "Je t'aime"
Les autres ricanent tout bas

Tu peux m'ouvrir cent fois les bras
C'est toujours la première fois
Tu peux m'ouvrir cent fois les bras
C'est toujours la première fois

Evidemment, après trente ans passés
A écouter "Marinella"
Même en ayant d'la suite dans les idées
On n'se bat plus comme chien et chat
On dit plutôt dans un sourire
"Il était pas si mal que ça
Depuis le temps que nous entendons pire"
En sera-t-il pareil pour moi ?

Pourtant, que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver?

Oui dans trente ans du train où vont les choses
Dieu sait c'qu'il adviendra de moi
Mais s'il me reste à la bouche une rose
Qui jette encore un peu d'éclat
Quand de jeunes contestataires
Mettront leurs grands pieds dans mon plat
Je leur dirai "Tino, que je suis fier
D'être encore l'idole à Papa"

Faut-il pleurer, faut-il en rire
Fait-il envie ou bien pitié
Je n'ai pas le cœur à le dire
On ne voit pas le temps passer
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Dim 27 Avr - 2:04

La Commune

Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis en chantier
Ils se levèrent pour la Commune
En écoutant chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils faisaient vivre la Commune
En écoutant chanter Clément

C'étaient des ferronniers
Aux enseignes fragiles
C'étaient des menuisiers
Aux cent coups de rabots
Pour défendre Paris
Ils se firent mobiles
C'étaient des forgerons
Devenus des moblots

Il y a cent ans commun commune
Comme artisans et ouvriers
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme ouvriers et artisans
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Clément

Devenus des soldats
Aux consciences civiles
C'étaient des fédérés
Qui plantaient un drapeau
Disputant l'avenir
Aux pavés de la ville
C'étaient des forgerons
Devenus des héros

Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis au charnier
Ils voyaient mourir la Commune
Ah ! Laissez-moi chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils s'éteignaient pour la Commune
Ecoute bien chanter Clément
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Dim 27 Avr - 2:04

La montagne

Regarder la Vidéo
Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n'était pas original
Quand ils s'essuyaient machinal
D'un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu'au sommet de la colline
Qu'importent les jours les années
Ils avaient tous l'âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C'était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S'il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l'autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n'y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l'on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?
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MessageSujet: Re: JEAN FERRAT   Dim 27 Avr - 2:06

Les petits bistrots

Les petits bistrots
Au pinard fleuri
Nappes à carreaux
Et bifteck garni
Les petits bistrots
Où l'on vient goûter
Devant le perco
Le premier café

Les petits bistrots
Qui n'ont pas d'juk'-box
Seul'ment la radio
Pour suivre la boxe
Les petits bistrots
Où j'ai des amis
Robert et Jojo
Et Simone aussi

La patronne est à la cuisine
Le patron derrière son comptoir
On parle du Tour et du Racing
Devant un rouge ou un p'tit noir

Les petits bistrots
Quand j'suis loin d'ici
A Londres à Tokyo
J'en rêve et j'me dis
Que les p'tits bistrots
Qui sont à Paris
J'les r'verrai bientôt
Salut les amis

Les petits bistrots
Au poêle à charbon
Avec l'apéro
La belotte au fond
Les petits bistrots
C'est comme un béguin
Toujours on y r'vient
Dans les p'tits bistrots
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