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Olivia Ruiz est de retour ! Ce nouveau disque, son quatrième, est son disque. Celui qu’elle a pensé, celui qu’elle a rêvé, celui sur lequel elle a travaillé, seule dans l’écriture et la composition, tout au long de ces derniers mois alternant les hauts et les bas, le jour et la nuit, le noir, le blanc et les couleurs, l’alternatif comme le continu. Entre le calme et les tempêtes. « Le calme et la tempête », une évidence donc. Entre profondeur des mots et profondeur des sons, jamais elle n’avait donné cette impression de puiser si loin en elle pour trouver la source de ses chansons. C’est entre Paris et Los Angeles qu’elle s’est posée pour co-réaliser le tout aux côtés de Tony Berg (ex-directeur artistique Geffen Records). Un son nouveau naît de cette rencontre entre deux continents, deux générations, deux cultures. A découvrir dans "Le calme et la tempête".

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 2011, les 90 ans de Brassens...

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MessageSujet: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 13:41

Citation :

http://amandier25.over-blog.fr/article-11-les-90-ans-de-brassens-62347884.html

Bientôt 30 ans que Brassens nous a quittés.


Pour l'Amandier, il ne s'agit pas de "commémorer" (Georges n'apprécierait certainement pas) mais plutôt de maintenir vivante l'oeuvre du poète et de la faire découvrir aux plus jeunes et peut-être redécouvrir aux autres à travers diverses manifestations.


Citation :





"J'ai quitté la vi' sans rancune, j'aurai plus jamais mal aux dents,
Me v'là dans la fosse commune, la fosse commune du temps."

"I've left this life with no rancour, I'll never have toothache again,
Now I lie in the communal grave, the communal grave of time."

La mode en ce début d'année 2011, c'est de rendre hommage à Gainsbourg, j'aime bien Gainsbourg, mais ce n'était qu'un "modeste" auteur à côté du "Bon Maître" GEORGES BRASSENS.

Brassens, plus qu'un poète, c'est une légende historique de la langue Française, reconnue et admiré dans le monde entier :


Citation :

Ils parlent de Georges Brassens :



"Brassens...chantait pour le monde comme si celui-ci etait un vieux amant, qui taquine avec ses facons bien connues mais dont on n'attend plus trop."
Julian Barnes 'Something to Declare', Picador 2002

"Il y a quelques années, au cours d'une discussion littéraire, quelqu'un m'a demandé qui était le meilleur poète contemporain en France. J'ai répondu sans hésitation, Georges Brassens."
Gabriel Garcia Marquez, Nobel Prize for Literature, 1981

"...de l'humour, de la perspicacité et un style doux et abordable, tous alliés à un superbe mépris pour les convenances établies...il parle d'une voix claire des grandes questions de la vie et de la mort."
William Hinshaw, American Fan Club webmaster

"Il est le plus grand écrivain-chanteur du monde, sans exception. Il surpasse, et de loin, tout autre à qui je peux penser. En France, ce n'est pas simplement son nom que tout le monde reconnait; chacun pourrait vous en dire long. Les Français n'ont aucun doute sur sa grandeur. Pour eux, ce n'est même pas un sujet de discussion."
Jake Thackray, poète-chanteur anglais

"Privée de son auteur-interprète, l'oeuvre de Brassens reste plus que jamais spéciale. Plusieurs compositeurs y ont puisé l'inspiration nécessaire à l'écriture et trouvé le désir d,interpréter les chansons de Brassens. Souvent, ces interprétations enrichissent l'oeuvre, mettent en valeur certaines nuances et résultent dans une reproduction sonore moderne et claire. Pour toutes ces raisons, et surtout à cause de l´universalité des thèmes traités et de la façon variée dont ils sont traités, Brassens est, et demeurera plus longtemps que l´on puisse imaginer, une personnalité marquante de notre époque."
Sara Poole, 'Brassens chansons', Grant & Cutler 2000


Une perspective anglaise en l'an 2005 :

Sara Poole, professeur de français à l'université de Reading en Angleterre, et l'auteur du livre érudit "Brassens chansons", contribué sa perspective anglaise sur Georges Brassens ci-dessous.
"Représentait la chanson à partir des années 50. Plutôt anarchiste (sur les bords) à ses débuts. Convaincu (à l'encontre de l'Académie Française, qui devait l'honorer en 1967) qu'il n'avait pas ce qu'il fallait pour être poète, il s'est mis à écrire des chansons dans l'espoir que d'autres les chanteraient. Les autres en question ne manifestant pas le moindre empressement, il s'est vu contraint de les interpréter lui-même.

"Toute sa vie il est monté sur scène comme si il s'agissait de l'échafaud, front plissé, sueur dégoulinant. Il a chanté l'hypocrisie, l'amitié, la mort, l'amour, la religion, la femme, l'individualisme, etc., des chansons provocatrices et parfois interdites sur les ondes. Il a créé des personnages uniques et inoubliables qui sont au baggage culturel français ce que sont Uriah Heep ou Bertie Wooster à la psyché collective britannique.

"Ces morceaux ciselés, peaufinés s'accompagnaient de rythmes de jazz qui faisaient claquer des doigts et pour lesquels il ne se servait que de sa guitare acoustique, et de l'accompagnement discret d'une contrebasse. M'est avis (à moi humble étrangère) que tout citoyen français âgé de plus de 12 ans serait capable de fredonner un morceau de Brassens (même s'il ignore sa provenance).
"Si les Français l'adorent c'est en raison de l'image du Français qu'il leur renvoit: libre-penseur, loyal, tendre, spirituel, tenace, modeste, détestant l'hypocrisie, hyper-talentueux, et devenant de plus en plus beau au fil des années.

Il ne s'est jamais marié (mais a su garder sa maîtresse toute sa vie); il n'a jamais perdu son joli accent du sud; il ne s'est jamais intéressé au vedettariat. C'est une icône dans tous les sens du terme. Dessinez une guitare et des moustaches touffues (à la gauloise, comme il se doit) et la majorité des Français sauront tout de suite de qui il s'agit.

"Il est pratiquement impossible d'amener qui que ce soit ayant la moindre goutte de sang français dans ses veines, et quel que soit son âge, à critiquer un tant soit peu l'homme ou l'oeuvre."

_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.


Dernière édition par jacommos le Sam 12 Mar - 15:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 13:55

http://jacotte26.forumactif.com/t1430-georges-brassens

Une trés belle et trés compléte biographie :

Citation :

Sujet: Georges Brassens Jeu 6 Oct 2005 - 21:06



Georges Brassens est né le samedi 22 octobre 1921 dans le petit port méditerranéen de Sète, ville dont le nom reste aujourd'hui intimement lié au chanteur.
Fils d’un maçon et d’une lingère, il est tout jeune marqué par la musique ; sa mère passant ses journées à chanter les airs à la mode de Ray Ventura et des classiques du Jazz.



D'origine napolitaine, elle écoute également les chansons traditionnelles de son pays et les mélodies à la mandoline.
C'est d'ailleurs sur cet instrument que Georges apprend les rudiments techniques qu'il développera plus tard avec la guitare.
A l’école, aucune matière ne l'intéresse à part le français, et en particulier la poésie.
Il parlera d’ailleurs de ses camarades de classe dans de nombreuses chansons, et notamment Emile Miramont, dit "Corne d’aurochs", ou Victor Laville, qui sera journaliste à Paris-Match, et sera toujours à ses côtés. Dans les années 1938-39, Brassens est sous l'influence des vagues Jazz et Blues, et tombe en admiration devant Ray Ventura et Charles Trenet.
Il crée alors un petit orchestre nommé "Jazz", dont il est le batteur et qui se produit dans quelques fêtes municipales.
Définitivement rebuté par les études, il quitte le collège en 1939.
Agé de 18 ans, il part pour Paris, hébergé chez sa tante, Antoinette Dagrosa, et travaille comme ouvrier chez Renault.
Il continue alors à écrire des chansons et des poèmes, tout en apprenant, de manière autodidacte, à jouer sur le piano de sa tante.
En 1942, il parvient même à publier deux petits recueils, "A la venvole" et "Des coups d'épée dans l'eau".
Mais en mars 1943, Brassens est envoyé au STO (Service du Travail Obligatoire) à Basdorf, dans la banlieue de Berlin.
C'est là qu'il rencontre Pierre Onténiente, qu’il surnomme "Gibraltar" et qui deviendra l’un de ses meilleurs amis, puis son secrétaire et homme de confiance.
Dans ce camp, il interprète ses premières œuvres, dont certaines connaîtront le succès dix ans plus tard ("Pauvre Martin", "Brave Margot", "Bonhomme").
En mars 1944, il est de retour en France pour une permission.
Ne voulant plus retourner en Allemagne, il se cache chez Jeanne et Marcel Planche, des amis de ses parents.
Il restera chez eux jusqu'en 1966, et leur consacrera quelques chansons, dont les célèbres "La cane de Jeanne" en 1953 ou "Chanson pour l'auvergnat" en 1955.

Un poète à Paris


Commence alors une vie de bohème.
Grâce à une guitare achetée d’occasion, il se met à écrire et composer, cherchant en vain des interprètes pour ses œuvres.
En attendant, il collabore au journal anarchiste "Le Libertaire" sous divers pseudonymes, et son premier roman, "La lune écoute aux portes", sort en 1947.
Il écrit aussi à cette époque, certaines de ses plus grandes chansons parmi lesquelles, "Brave Margot", "La mauvaise réputation" ou "Le Gorille", titre nterdit d'antenne pendant des années et dans lequel Brassens évoque son désaccord avec le principe de la peine de mort.
Puis il rencontre celle qui, sans vivre sous le même toit, restera sa compagne jusqu’à la fin de sa vie : l’actrice estonnienne Joha Heiman.
C’est en mars 1952, après être passé dans quelques cabarets (le Caveau de la République, le Lapin agile à Montmartre, Milord l'Arsouille ou la Villa d'Este) sans aucun succès, que la chance lui sourit.
Suite à une audition passée début mars dans le cabaret de la chanteuse Patachou à Montmartre, celle-ci le pousse à interpréter sur scène les chansons qu’il n’avait pas écrites pour lui, au départ, désireux de rester dans l’ombre.
Cette fois, Georges Brassens est lancé sur le chemin de la gloire, bien que ses chansons ne soient pas toujours très bien reçues par un public qui se scandalise à l'écoute de titres tel que "Le Gorille".
L'enregistrement des premiers disques de Georges Brassens rencontre aussi quelques obstacles, toujours dus aux textes des chansons.
Mais l'obstination de Jacques Canetti, qui l’a pris en main dès ses débuts, permet enfin la sortie de ses premiers 78 tours et 45 tours dès 1952 sur son label Polydor.
S’en suit alors une tournée avec les Frères Jacques et Patachou durant l’été de la même année, puis, dès 1953, il passe en vedette à Bobino.
La même année, est publié son roman "La Tour des miracles", et son premier album 25cm au nom révélateur, "Georges Brassens chante les chansons poétiques (et souvent gaillardes) de Georges Brassens" sort.
Puis, 1954 marque ses débuts dans le prestigieux music-hall parisien, l'Olympia.
Cette année-là sort son deuxième 25cm, ainsi qu’un recueil de textes, "La mauvaise réputation".
Brassens est reconnu non seulement comme un interprète au style novateur, mais aussi et surtout comme un poète maîtrisant brillamment la langue française.
Ce talent est d’ailleurs récompensé par le Grand Prix de l'Académie du disque Charles Cros pour l'album "Le parapluie".
Mis à part ses propres textes, Georges Brassens chante souvent les autres poètes dont François Villon ("Ballade des dames du temps jadis"), Victor Hugo ("Gastibelza") ou son ami Paul Fort ("Le petit cheval").
En 1956, Brassens interprète un rôle proche de son propre personnage dans le film de René Clair, "Porte des Lilas".
Ce sera sa seule apparition au cinéma. Les années 1950 s'achèvent par de nombreux concerts, de l’Olympia à Bobino, en passant par l’Alhambra, avec plusieurs tournées en France et une autre en Afrique du Nord. Cependant, en 1959, lors d'un séjour à Biarritz, il est victime d'un violent malaise qui fait suite aux problèmes de reins qui le font souffrir déjà depuis quelques années. Cet incident lui inspirera plus tard la chanson "l'Epave".

Un artiste très convoité


Le début des années 1960 est marqué par une série de concerts à l'Olympia, à Bobino, ainsi qu’au Canada.
En décembre 1962, sort son neuvième et dernier album 25cm, "Les trompettes de la renommée", quelques jours avant le décès de sa mère Elvira, à Sète.
L’année suivante, Georges Brassens subit sa première opération des reins, et en 1964, il retrouve le cinéma mais cette fois, pour composer "Les Copains d'abord", chanson du film d'Yves Robert, "Les Copains".
Ce titre se retrouve sur son premier album 30cm qui sort en novembre, pendant une nouvelle série de récitals triomphaux à Bobino au cours desquels 120.000 personnes l'applaudissent.
Le 28 mars 1965, meurt Louis Brassens, suivi, quelques temps plus tard, de Marcel Planche, qu’il appréciait comme un deuxième père.
Mais le 12 octobre, Georges Brassens retrouve le sourire en chantant avec celui qu'il admire depuis sa jeunesse, Charles Trenet, lors de l'émission de radio enregistrée en direct à l'ABC, "Musicorama".
Après un passage à Bobino et une tournée, Brassens subit une nouvelle opération chirurgicale en mai 1967. Dans les mois suivants, il reçoit le Prix de poésie de l'Académie française.
C’est avec admiration qu’il observe les évènements politicaux-sociaux de mai 1968.
Et malgré le décès de Jeanne à la fin de l’année, il entame 1969 avec un entretien organisé par le magasine Rock and Folk et la radio RTL, en compagnie des deux autres maîtres de la chanson française de l’époque : Léo Ferré et Jacques Brel.
En 1973, Georges Brassens se produit de nouveau à Bobino, sa salle fétiche, avec, en première partie plusieurs jeunes chanteurs, dont Maxime le Forestier, Philippe Chatel (qui écrira un livre sur Brassens), Henri Tachan ou Yves Simon.
Affaibli par ses problèmes de santé, Brassens a beaucoup vieilli durant ces dernières années et les concerts répétés deviennent fort fatigants pour le chanteur qui n'a pourtant que 51 ans.
En 1973, il entame sa dernière tournée en France et en Belgique, et donne un concert au Sherman Theatre de l'université de Cardiff en Grande-Bretagne le 28 octobre. Ce récital donne lieu à un des rares enregistrements publics de l'artiste, "Live in Great Britain".
En 1975, il obtient le Grand Prix de la ville de Paris ; avant de sortir, en 1976, son tout dernier album original. Le 20 mars 1977, le chanteur monte pour la dernière fois sur la scène de Bobino, puis participe, en 1979, à l'enregistrement d'un album qui reprend ses plus célèbres titres en versions jazz.
La même année, Brassens chante la "Chanson du hérisson" en duo avec Henri Salvador pour le conte musical de Philippe Chatel, "Emilie Jolie".
Puis il reçoit, par le maire de Paris Jacques Chirac, le Grand Prix du disque.
Enfin en 1980, très Malade, il enregistre ses dernières chansons au profit de l'association Perce Neige, créée par le comédien Lino Ventura au profit de l'enfance handicapée.
Dans cet album, Brassens chante de vieilles chansons françaises de Charles Trenet, Jean Boyer, Paul Misraki ou lui-même.

En novembre, atteint d'un cancer, il est opéré pour la troisième fois des reins.
Un an plus tard, le 29 octobre 1981, la mort, qu'il a si souvent chantée, l'emporte dans le petit village de Saint-Gely-du-Fesc, près de Sète.
Il est inhumé dans sa ville natale dans le cimetière du Py, surnommé le "cimetière des pauvres".





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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 13:58

http://www.algeriepyrenees.com/article-24705012.html



Citation :
Georges Brassens le "maître" des mots








Né à Sète (France) le 22 novembre 1921 ; Mort à Saint-Gély-du-Fesc (France) le 29 octobre 1981

1 Sa vie


A travers ses recueils de poèmes, ses romans et ses chansons, Georges Brassens s’est imposé comme le "maître des mots", un auteur exigeant et perfectionniste qui conte à ses publics des bribes de sa vie et livre un regard incisif sur le monde environnant. Aujourd’hui, il reste l’un des auteurs les plus prolixes de la chanson française. Preuve de ce succès, "La chanson pour l’auvergnat", "Les amoureux des bancs publics" ou "Les copains d’abord" sont autant de chansons qui inspirent la scène française d’aujourd’hui.


Une enfance musicale

Georges Brassens naît le 22 janvier 1921 à Sète. Son père Jules est un maçon des environs. Il lui transmet sa liberté de pensée et la croyance en ses propres idées. Sa mère, Elvira, d’origine napolitaine, est au contraire une fervente catholique. Elle lui apprend la rigueur du dogme religieux. Les tempéraments pourtant opposés de ses parents n’empêchent pas Georges de passer une enfance paisible.

Passionnée de musique, sa famille l’élève au son des standards de la chanson française et du jazz. Cette éducation forme sa culture musicale. C’est également pendant sa jeunesse qu’il s’essaie à son premier instrument de musique, la mandoline, bien avant de gratter sa première guitare.

En revanche, les études ne passionnent guère le jeune homme. Il se montre indiscipliné et peu enclin à travailler. Un homme réussit pourtant à l’intéresser à sa matière. Il s’agit de son professeur de français, Alphonse Bonnafé. Celui-ci lui fait découvrir les vertus des vers et de la rime. A la lecture des premiers brouillons de l’adolescent, il les juge sévèrement mais l’encourage à persévérer. A l’âge de 18 ans, Georges Brassens interrompt brutalement ses études après avoir été impliqué dans de petits cambriolages. Plus tard, il racontera cet épisode et ses conséquences dans les titres "Les quatre bacheliers" et "La mauvaise réputation". Ses parents, soucieux du bien être de leur fils, l’encouragent à se rendre à Paris où réside une de ses tantes. Georges ne le sait pas encore mais cet exil sera salvateur.

2.Les années de formation à l’art des mots

En février 1940, il arrive à Paris chez sa tante Antoinette, rue d’Alésia. Autodidacte, le jeune homme apprend le piano et compose ses premiers airs. Parallèlement, il travaille comme ouvrier à l’usine Renault. Mais la guerre arrive déjà et Paris est bombardée. Il retourne quelques temps vivre chez ses parents mais, s’ennuyant très vite, revient à Paris quand le danger s’amoindrit. Cette nouvelle vie lui donne le loisir de se consacrer à l’écriture et d’affiner son style. Il fréquente les bibliothèques et étudie les grands auteurs. Il écrit ainsi ses deux premiers recueils de poèmes, A la venvole et Des coups d'épée dans l'eau, qui sont publiés en 1942.

En mars 1943, le poète est réquisitionné dans le cadre du Service de Travail Obligatoire. Il se rend dans la banlieue de Berlin, à Basdorf, en Allemagne. Malgré la situation, il continue à écrire des textes et à les jouent devant son premier public, constitué de prisonniers de guerre. C’est dans ce cadre qu’il fait la rencontre de Pierre Ontoniente qu’il appelle Gibraltar. Fidèle en amitié, Georges Brassens le considèrera toute sa vie comme son homme de confiance et l’engagera en 1956 comme secrétaire.

Après un an passé en Allemagne, il obtient enfin une permission et revient à Paris. Il se réfugie dans la pension de famille de Jeanne Planche, la voisine de sa tante et s’y cache jusqu’à la fin de la guerre. Elle est sa première admiratrice. Georges Brassens se sentira tellement bien chez elle et son mari qu’il y restera pendant 22 ans. Jeanne tient une place importante dans la vie de Georges Brassens, qui lui consacrera deux chansons "La cane de Jeanne" et "Chez Jeanne".


Les débuts du « maître des mots »

A son retour à Paris, commence une période de galères et de pauvreté pour le jeune auteur. C’est à cette époque, en 1945, qu’il acquiert sa première guitare sur laquelle il fait ses premiers accords et compose ses premiers morceaux. Parallèlement, il continue à manier la plume en collaborant au journal anarchiste « Le libertaire » pour gagner un peu d’argent. En 1947, Georges Brassens a 26 ans. Il fait la rencontre d’une jeune estonienne, Joha Heiman et tombe amoureux. Il la considère non pas comme "sa femme" mais comme "sa déesse". Ils ne partageront jamais le même toit mais resteront ensemble jusqu’au bout. Celle-ci restera la seule femme dans la vie du chanteur.

Durant ces années, Georges Brassens continue activement à écrire. Il ne s’imagine pas alors chanteur mais se considère plutôt comme un parolier. Cependant, il peine à trouver des interprètes pour ses compositions. Il fait ses débuts sur scène dans quelques cabarets parisiens mais c’est sa rencontre avec la célèbre chanteuse Patachou,en mars 1952, qui va véritablement le lancer. Elle accepte de lui prendre quelques chansons dont "Les bancs publics", à condition qu’il monte sur la scène de son cabaret. Elle est, en effet, persuadée que l’auteur personnifie ses textes en les chantant et que lui seul peut les interpréter. Le chanteur est maladroit et peine à surmonter son trac et sa timidité. C’est pourtant sur scène qu’il fera ses premières armes et c’est bien cette authenticité qui fera à jamais son originalité.

A ce moment, Jacques Cannetti, célèbre dénicheur de talents et patron des "Trois baudets" le repère et l’engage dans son cabaret. Très vite, il le signe sur le label Polydor. Dès l’été 1952, il part en tournée avec les Frères Jacques et Patachou. Puis, il enchaîne les spectacles dans les cabarets comme "Les trois baudets". En 1953, il passe en tête d’affiche à Bobino. A partir de ce moment, la carrière de Georges Brassens est lancée. Le parler franc de ses textes fait son succès, et sa popularité ne se sera jamais démentie même pendant la période Yéyé qui véhicule pourtant un mode de vie plus insouciant.

En 1954, il est près de deux mois sur la scène de l’Olympia. Il publie la même année son second roman La tour des miracles. S’ensuit un mode de vie itinérant où les tournées en France et dans les pays francophones s’enchaînent, à mesure que les albums sortent.


3.Les dernières années

Cependant, le chansonnier ne profite pas pleinement de sa vie artistique. D’importants problèmes de santé le vieillissent et l’affaiblissent énormément. Depuis son retour de la guerre, Georges Brassens souffre en effet de calculs rénaux. En 1963, il subit une première opération chirurgicale des reins. Le 12 mai 1967, il est à nouveau opéré. Il livre plus tard à son public son combat contre la maladie dans la chanson "L’épave". A la fin des années 70, Georges Brassens est considéré comme une référence de la chanson française. Le 6 janvier 1969, il accorde un entretien au magazine Rock & Folk aux côtés de ses amis Jacques Brel et Léo Ferré. La photographie illustrant cet entretien fera date dans l’histoire de la musique française.


En 1973, Georges Brassens part une dernière fois en tournée en France et en Belgique. Il publie son dernier album, composé de versions instrumentales de ses plus grands succès, en 1976. Puis, il fait ses adieux définitifs à la scène, le 20 mars 1977, à Bambino. Avant de mourir, Brassens participe à deux projets. En 1979, Il interprète "La chanson du hérisson" avec Henri Salvador, pour le conte musical Emilie Jolie de Philippe Chatel. L'année suivante, il enregistre l’album Georges Brassens chante les chansons de sa jeunesse au profit de l’association Perce Neige de Lino Ventura. Ce dernier opus est constitué de ses propres morceaux et de reprises de chansons françaises d’interprètes célèbres. En novembre 1980, Georges Brassens se sait atteint d’un cancer. Il subit sa troisième et dernière opération. Il décède à Saint–Gély–du–Fesc le 29 octobre 1981.


4.La génération Brassens

Georges Brassens est un artiste unique. Aujourd’hui, sa discographie est constituée de 196 chansons, gravées sur douze albums. Son œuvre est baignée de références sociales. Il brise les conventions en chantant sur les exclus de la société ou en prenant position sur des thèmes qui font polémiques ou qui sont des tabous. "Le gorille", chanson dans laquelle il s’insurge contre la peine de mort, sera interdit d’antenne pendant de nombreuses années.

Georges Brassens est également reconnu pour sa maîtrise de la langue française et son habilité avec les mots. Il sera récompensé à plusieurs reprises. Parmi les prix qu’il reçoit, les plus importants sont le prix de l’académie Charles Cros pour son premier album Le parapluie (1954), le Prix de Poésie de l’Académie Française (1967) et le Grand Prix du Disque (1975). Mais la plus belle récompense vient du monde des artistes qui plus de 20 ans après sa mort l’honorent encore et le considèrent comme un modèle. A travers deux disques hommage, Les oiseaux de passage paru en 2001 pour les 20 ans de la mort du chanteur et Putain de toi (2006), La jeune génération de la scène française témoigne de l'important apport à la musique de l'auteur, chanteur et compositeur, Georges Brassens.



Le Pèlerin

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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 14:50

http://blogs.lexpress.fr/all-access/2011/03/11/georges-brassens-lexpo-de-la-cite-de-la-musique-et-comment-noir-desir-et-les-autres-chanteurs-ont-parle-de-lui/


Citation :
Georges Brassens : l’expo de la Cité de la Musique!… Et comment Noir Désir et les autres chanteurs ont parlé de lui.

le 11 mars 2011 16H29 | par
Gilles Médioni (L'Express)


Brassens s’installe à La Villette. Le parcours élaboré par les deux commissaires de la chanson, Clémentine Deroudille et Joann Sfar, propose une déambulation ludique dans l’univers du père tranquille de la chanson. L’expo s’intitule Brassens ou la liberté. Il y a du feuillage de tulle, le fantôme de François Villon, l’âme des Trois Baudets, un peu de sable de Sète. L’espace fumeur (de pipe) c’est dehors, sur le parvis.


Entrez dans l'expo sans piper mot



Georges au bout du téléphone made in seventies

Les racines de Brassens, « ce grand chêne », disait Barbara, irrigue la chanson française. Toute une époque. On peut se faire photographier Impasse Florimont, en tout cas, moi je l’ai fait. Décrocher les téléphones labellisés seventies, c’est Georges qui répond. Regarder des photos d’enfance de Brassens accrochées sur du papier peint également d’époque. Et s’installer – ou presque- à son bureau.

Gilles Impasse Florimont

Tout le monde connaît les chansons de Brassens. Il est étudié dans les écoles qui portent d’ailleurs parfois son nom. En parcourant l’expo, on découvrira des manuscrits originaux, ses guitares, des documents inédits. Et des dessins tendres et drôles de Joann Sfar. Faîtes donc un tour sur son blog.


Bobino, le QG de Brassens







Chez Patachou donc, rive droite



Dessins signés Sfar
Et la visite se poursuit dans un espace interactif. Pas de banc public à l’horizon, mais l’on peut assister au concert de Bobino en 1969. Et éventuellement chanter avec lui. Ou bien participer au Championnat du monde des Brassens, c’est ici et c’est cool.
Pour un numéro de L’Express, à l’occasion des vingt ans de la mort du poète, j’avais demandé à quelques figures (et visages) du rock et de la chanson de me parler de leur Brassens. C’est à lire ci-dessous.

Noir Désir
«L’intégrale Georges Brassens ne nous a pas quittés durant l’enregistrement de notre dernier album à New York. On cherchait «la» chanson, ce fut Le Roi. L’écriture de Brassens est tellement ciselée, précise… Il était fait pour ça, et boum, ça a correspondu à son époque. Car Brassens a su faire passer avec pertinence des chansons iconoclastes et individualistes. Cette liberté de ton n’existe plus aujourd’hui. Ces dernières années, nous avons chanté Brel, Ferré et Brassens. Leur point commun, c’est la liberté d’esprit et d’émotion, le côté libertaire. Mais Brel est davantage traité d’anar de droite. Et Ferré incarne l’image de l’anarchie d’une façon directe qui nous ressemble davantage.»

Chanteurs sous influence
OL
«Je suis définitivement fan de Brassens, et depuis toujours – ma mère l’écoutait. Je lis ses textes dans le détail pour essayer de comprendre sa manière d’écrire. C’est de lui que je tiens le goût de la rime riche, constante dans toutes mes chansons. Ses textes pleins de révolte, d’humour et de spiritualité sont uniques, sa voix me touche, ses compositions aussi. Moi qui suis tellement marqué par le reggae, je trouve que son «jouage» à la guitare nous rapproche. J’ai enregistré plusieurs de ses chansons sur un studio huit pistes, c’est du Brassens à ma façon. Et moi, d’habitude si prude, je me surprends à chanter ses chansons les plus crues.»


Arthur H
«A priori, Georges Brassens est loin de moi et je ne voyais pas comment rapprocher nos deux univers. J’ai finalement choisi de revisiter La Fille à cent sous parce que ce texte est rare, atypique. Il a une tête de vilain petit canard qui éveille en moi quelque chose de familier. Une chanson, surtout écrite par Brassens, il faut l’avaler, la digérer, la faire sienne. Elle doit parler intimement de soi: c’est du cannibalisme sonore. La Fille à cent sous a été une expérience instructive car Brassens écrit très très bien, il entretenait avec la langue française une intimité profonde. Quelque chose de très doux émanait de lui, contrairement à Villon, à Verlaine, bien plus violents.»


Mike de Sinsemilia
«Brassens tourne entre les membres du groupe depuis plusieurs années: en 1998, la reprise de La Mauvaise Réputation s’est donc imposée naturellement. On chante Brassens pour le plaisir, pour le faire réécouter ou découvrir à notre public, pour rappeler que la chanson engagée ne date pas du rap ou du reggae. Comme le héros de La Mauvaise Réputation, nous aussi, nous avons subi des préjugés sur nos coupes de cheveux ou nos choix de vie, et comme Brassens on connaît la censure d’une façon déguisée. Nos chansons ne sont jamais diffusées sur les radios, à part La Mauvaise Réputation… Brassens est le seul chanteur à avoir été entendu et compris par tous, et à susciter autant de réactions.»
Et en bonus:
La Mauvaise Réputation, explication de texte
par Raymond Prunier

La Mauvaise Réputation est l’inverse d’un hymne national. Le chant, naturellement fait pour rassembler, est ici chanson de l’homme seul, puni pour avoir osé affirmer sa liberté de vivre comme il «l’entend». Les quatre strophes du texte décrivent quatre moments successifs qui vont de la malédiction (parole) à la pendaison (suppression physique) en passant par la mise à «l’index» (montrer du doigt) et la course-poursuite (persécuter). On se rapproche par étapes successives du corps du délinquant: c’est l’image caricaturale de ce que nous appelons aujourd’hui la pression sociale. Toutes les réactions d’un être humain sont là: individuelles («chemin de petit bonhomme»), sociales («14Juillet»), légales («voleur de pommes») et enfin religieuses («chemins qui… mènent… à Rome»).
Les quatre strophes fondent le «chiffre» personnel du poète qui parcourt toute son œuvre: les «quatre bouts de bois…, de pain» de la Chanson pour l’Auvergnat, La Route aux quatre chansons, Les Quat’z'Arts… L’enfance à quatre de Georges Brassens (père, mère, demi-sœur) joue ici son petit jeu autobiographique. De plus, chaque strophe de La Mauvaise Réputation s’articule autour de quatre rythmes différents: 6/8, 2/4, 9/8, 6/8, changement plutôt rare dans ses chansons, mais qui donne à ce catéchisme de l’anarchiste une allure plus distanciée, plus vive, plus surprenante qu’à l’accoutumée.
Le refrain est habilement glissé à l’intérieur de chaque partie – «Mais les braves gens n’aiment pas que/L’on suive une autre route qu’eux» – et joue le rôle que la «morale» avait chez La Fontaine. Le «que» en fin de vers est une hardiesse reprise de Villon oubliée par la poésie. Ainsi l’ordre social bouleversé est-il souligné par cette licence poétique qui dit que tout est permis. La révolte n’est pas uniquement dirigée naïvement contre la «société»: elle s’attaque au langage d’une façon autrement plus juste et plus efficace.
L’histoire du XXe siècle est tout compte fait l’aventure d’hommes qui passèrent du village (le collectif) à la ville (l’individuel). La Mauvaise Réputation est un déni du monde d’antan, certes, mais ce jadis qui grince est en fait plus largement le «village» que chacun de nous a connu dans l’enfance lorsqu’on nous a insufflé le respect des valeurs traditionnelles. C’est le chant du descellement moderne, l’hymne à l’individualisme où souffle, partout, la liberté.

Raymond Prunier*.
*Auteur de Bonjour Brassens (Kiron/Ed. du félin).

Cpyright: L’Express du 04/10/2001/n° 2622

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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 17:21

Merci Jaco, Des textes innoubliables....Un Monsieur Brassens qui reste toujours dans nos coeurs.

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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 21:39

http://www.georges-brassens.fr/reperes-chronologiques-1.html



Citation :

1921 - 1950



1921 Naissance de Georges - Charles Brassens le 22 octobre, rue de l’hospice à Cette, petit port de la méditerranée. Son père Jean-Louis Brassens, maçon de son métier, avait épousé Elvira Dagrosa, d’origine napolitaine, jeune veuve d’Alphonse Comte en 1919, avec lequel elle avait eu Simone, demi-sœur de Georges, née en 1912.
Cette, comme presque tous les ports de la Grande Bleue, de Gène à Perpignan, en passant par Marseille la Grecque, est une ville ouverte sur le monde, riche de tous les croisements, de toutes les cultures, haute en couleurs, et qui offre à ses enfants un terrain propice pour le vagabondage de leur imagination et la diversité de leurs rêves, à travers les odeurs d’épices, les lumières du sud, la mer d’un côté, l’étang de l’autre, et le Mont Saint Clair comme pour découvrir en son sommet, que Cette est pratiquement une île……son île « singulière »

Paul Valéry écrivait : « Je dois à mon port natal, les sensations premières de mon esprit » Brassens voudra y faire son dernier voyage…
1924 Georges à trois ans, sa mère l’inscrit à l’école Saint-Vincent, à deux pas de la maison familiale . Sa sœur fréquente cet établissement religieux, au grand dam de son père anticlérical notoire, mais qui l’accepte pour sa femme…. Libre penseur certes, mais tolérant et généreux. Il devra néanmoins attendre quelques années pour que son rejeton aille à l’école de la république.
1928 le 20 janvier, la ville change de nom, et par arrêté préfectoral Cette devient Sète

…. « La petite presque ’ île
Où jadis bien tranquille
Moi je suis né, natif,
Soit dit sans couillonade
Avait le nom d’un ad-
Jectif démonstratif….. » ( Jeanne Martin )

1931 Première « montée » en famille à Paris , pour visiter l’Exposition Coloniale

1933 Il entre en classe de sixième au Collège de Sète, qui deviendra plus tard le Lycée Paul Valéry. Au collège, se forme entre les copains, une amitié indestructible. Citons Emile Miramont, Henri Delpont, Victor Laville, Roger Thérond, Louis Bestiou, Henri Colpi……Ils l’appèlent tous « Jo », orthographié par Brassens « Géo ».


1936 C’est la rencontre capitale avec son jeune professeur de français, qui enseigne aussi la philosophie : Alphonse Bonnafé. Il est ami de Jean-Paul Sartre, a une allure très sportive, et le nez cassé. Il sera surnommé « Le boxeur », sport qu’il a pratiqué durant ses études universitaires.
Bonnafé ouvrira a ses élèves de troisième, les portes de la poésie, celle de Rimbaud, de Valéry, de Mallarmé, et surtout celle de Charles Baudelaire.
Brassens dira plus tard : « On était des brutes, on s’est mis à aimer les poètes »
Roger Thérond, grand patron de Paris-Match, se souvient quelques décennies plus tard, du choc de la rencontre avec Alphonse Bonnafé .
« …..Après nous avoir interrogé pour juger de nos connaissances, il nous déclare que tout ce que nous avions appris jusque là, n’était que foutaises. Corneille ? n’existe pas ! Racine ? quelques vers ! Avant Baudelaire, il n’y a pratiquement rien, sauf Rutebeuf, Villon, et quelques poètes du moyen-age. A partir de Baudelaire, tout commence… »
La classe entière écoute alors sur un phonographe, « L’invitation au voyage » de Baudelaire, chanté par un ténor de l’opéra, sur une musique de Duparc.

A.Bonnafé sera le premier biographe de Brassens, en 1963.

1937 Deuxième visite dans la capitale, avec sa sœur Simone, Emile Miramont et ses parents, pour découvrir l’Exposition Universelle.


1939 Entrainé par une bande de petits voleurs que dirige Loulou
Bestiou, Georges Brassens se lance dans sa première opération de
vol de bijoux….plus pour épater les filles que pour en faire un commerce juteux.

« …Pour offrir aux filles des fleurs,

Sans vergogne

Nous nous fîmes un peu voleurs,

Un peu voleurs… » ( Les quatre bacheliers)
La petite troupe d’amateurs est arrêtée au mois de juin, et le juge de Montpellier réclame de la prison avec sursis pour tout ce beau monde. Brassens écopera de quelques mois avec sursis, son père passera l’éponge très rapidement.

Cet incident, et par voie de conséquence, l’exclusion du collège, seront des facteurs propices et le déclencheur de la décision de quitter cette ville, avec Loulou Bestiou. Brassens gardera longtemps cette blessure et la peine infligée à sa mère, n’oubliera jamais les qualificatifs dont il fut l’objet…racaille, petite pègre étudiante, bourgeois désoeuvré.
1940 Il quitte sa province natale pour Paris en février, et rejoint sa tante Antoinette, au 173 de la rue d’Alésia dans le XIV arrondissement.


« …J’avais dix-huit ans
Tout juste et, quittant
Ma ville natale,
Un beau jour, ô gué !
Je vins débarquer
Dans la capitale… »
( Les ricochets)

Pour assurer le quotidien, il fait quelques petits boulots, et se retrouve aux usines Renault.

Il découvre Ray-Ventura et Charles Trénet, écrit en secret des poèmes qu’il publiera à compte d’auteur en 1942. Ce recueil s’appelera : « A la venvole ».
Il commence la lecture de ceux qui vont le nourrir : Verlaine, Lamartine, Hugo, Villon, et passe d’innombrables heures à jouer sur le petit piano droit de sa tante, qui trône au milieu de la pièce principale.

G.Brassens : « …. En arrivant à Paris en 1940, je me suis aperçu que je ne savais pas du tout écrire, que je ne savais rien faire. Je me suis abimé dans la lecture. J’ai passé toutes les années de la guerre, le nez plongé dans les livres. Je suis tombé bien sur sur Villon, qui m’a plu de prime abord. Je suis tombé sur Reynier, sur Marot. Mes goûts ont varié

avec le temps. Par exemple à dix-huit ans, dix neuf ans, je n’avais goût que pour des gens comme Rimbaud, Mallarmé, Baudelaire, et j’avais rejeté

des types que je considérais comme « pompiers » : Victor Hugo, Alfred de Musset.

Loulou Bestiou, le meneur, qui avait remis son voyage avec « Géo », arrive enfin, et se fait lui aussi , embaucher chez Renault. Le site de Billancourt sera bombardé par les allemands, les deux complices n’ont plus de travail et redescendent à Sète pour les vacances d’été. Seul Brassens, et d’une façon définitive remontera à Paris en octobre. Il y restera pratiquement 40 ans .

Il se passionne pour le piano, apprend les chansons de Mireille, découvre et dévore la bibliothèque municipale du XIV eme arrondissement.


1941 - 1942 Brassens a vingt ans. Il a écrit : « Les couleurs vagues » depuis quelques mois. Emile Miramont arrive de Sète, et lui préface un autre recueil de poèmes intitulé : « Des coups d’épée dans l’eau ». Il va continuer à se donner ce fantastique bagage littéraire, qui lui permettra en deux ou trois ans d’écrire une centaine de chansons et deux à trois cent poèmes. Il entre à la SACEM le 27 janvier comme « Auteur », et y sera admis comme compositeur en 1953.
1943 Il est convoqué debut mars à la mairie de son arrondissement, on lui retire ses papiers, et il se voit remettre un ordre de réquisition plus un bon de transport à destination de Berlin. Le 8, il est embarqué gare de l’est pour Basdorf en Allemagne, comme 100.000 jeunes français, pour ce STO, Service de Travail Obligatoire, qui remplace le volontariat en obligation.

Affecté aux ateliers de mécanique des usines BMW, il aura pour compagnons de chambré , entre autres René Iskin et Pierre Onteniente, et comme voisin de baraquement André Larue.

« Géo »est surnommé « Le poète ». On l’autorise a laisser l’éclairage la nuit pour lui permettre d’écrire, en contre-partie il sera de corvée pour aller chercher dans une batisse voisine, le café.
1944 Un an après son arrivée à Basdorf, il bénéficie d’un congé régulier de onze jours, reçoit sa feuille de route, et après quelques péripéties , regagne Paris, un an jour pour jour, ayant pris soin d’emporter avec lui ses manuscrits, parmi lesquels les textes des chansons « Maman-papa » - « Le mauvais sujet repenti » - Pauvre Martin » - « Bonhomme ».
Il passe sa permission chez sa tante, et bien décidé à prendre le maquis, va se réfugier chez Jeanne, le 24 mars.
Personnage incontournable de la vie de Brassens, Jeanne le Boniec, mariée à Marcel Planche, est une amie de sa tante, qui habite à deux pas, au fond d’une impasse : l’impasse Florimont. Elle connaît déjà Georges, lui a envoyé des colis en Allemagne, et entretient avec lui une correspondance.

Brassens restera à l’impasse 22 années durant !
Ce lieu est pour lui, au N°9 à côté d’une grille, un véritable taudis, sans eau, sans électricité, sans gaz, avec un lit-cage, mais une formidable planque, où il trouvera la chaleur d’une seconde famille, entouré d’amour et d’encouragements permanents


… « Chez jeanne, la Jeanne

Son auberge est ouverte, aux gens sans feu ni lieu

On pourrait l’appeler l’auberge du Bon Dieu…. » ( Jeanne)

1945 Paul Valery décède, et a droit aux obsèques nationales avant de regagner son cimetière marin.

André Larue, René Iskin et Emile Miramont rejoignent l’impasse Florimont. L’idée de lancer leur journal est toujours d’actualité, ce sera « Le cri des gueux »….Jean Richepin est passé par là ! Mais pas plus de « Cri des gueux » que le « Parti préhistorique » ne verront le jour, faute de finances.

Sur les conseils de Bonnafé, Brassens abandonnera définitivement l’idée de tenter une carrière de poète…


1946 Brassens est introduit par Marcel Lepoil, Marcel Renot, Henri Bouyé et Louis Lecoin au « Libertaire », organe de la Fédération Anarchiste. Il y écrira plusieurs articles entre 1946 et 1947, sous divers pseudonymes. La bande d’anars se complète avec Jacques Grello, Raymond Asso, Armand Robin, et Roger Toussenot, avec lequel Brassens entretiendra une riche correspondance.

Ces chroniques pamphlétaires au « Libertaire », une vingtaine, prendront fin le 8 janvier 1947.

Il finit son roman « La lune écoute aux portes », compose la mélodie de « Il n’y a pas d’amour heureux » d’Aragon, adapte « La prière » de Francis Jammes, découvre Léo Ferré et Boris Vian.
1947 A la sortie du métro Plaisance, il rencontre Joha Heymann, qu’il surnomme vite « Püppchen », celle qui deviendra sa « Déesse », la femme de sa vie, mais sans l’épouser, fidèle à ses principes individualistes.


« …. J’étais dur à cuire…. Elle m’a converti

La fine mouche

Et je suis tombé, tout chaud, tout rôti

Contre sa bouche…. » ( Je me suis fait tout petit)
Il écrit « Brave Margot » - « J’ai rendez-vous avec vous » - « La chasse aux papillons » - « La mauvaise réputation » - « La gorille ».

Le personnage de Brassens prend forme. Ses goûts sont affirmés - Son besoin de solitude pour l’écriture et la composition de ses mélodies, n’affectent en rien la venue des copains à l’impasse, où le « Gibraltar » de l’époque est Jeanne . Elle « filtre » les copines plus que les copains, impose des quotas avant que ce ne soit la foire ! Elle achète à Georges sa première guitare, qui sera remplacée par celle du chansonnier Jacques Grello.


1948 Victor Laville regagne Paris et collabore ainsi qu’Henri Colpi ( le réalisateur du film « Heureux qui comme Ulysse ») à plusieurs journaux, avant de rejoindre Paris-Match, pour sa création en avril , et Roger Thérond en sera le grand patron durant 30 ans.


1950 Le 26 novembre, Georges Brassens date et signe son texte « La collision » - 14 couplets ( à l’origine de « Hécatombe »). L’action se déroule à Beaucaire, mais se tiendra in-fine à Brive la Gaillarde.





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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 22:22

Citation :
1951 - 1967


1951 - 1952 Les années passent, Georges vient d’avoir 30 ans, travaille comme un forcené, lit, écrit, compose, apprend la guitare, le piano…..

GB : « …. De 1940 jusqu’à 1952, j’ai lu plusieurs bibliothèques. Je dévorais tout, surtout les poètes. J’ai lu aussi Montaigne, que je relis…Comme diait Mallarmé : C’est beau ce qu’écrivent les autres ! …. »

Il est toujours, et depuis plus de 10 ans, sans ressource, à la charge du couple Jeanne/Marcel, et commence à se décourager. Jacques Grello qui croit en lui, le présente au patron du « Caveau de la République », dont il est pensionnaire. Brassens achève son récital dans l’indifférence générale, tout comme à « l’écluse » ou au « Tabou » quelques mois auparavant .


« …Et quand j’entonne, guilleret,
A un patron de cabaret
Une adorable bucolique,
Il est mélancolique… » ( Le pornographe)
Grello insiste, et lui fait monter la rue des Saules à Montmartre, chez Frédé, le patron du « Lapin agile », en ce mois d’octobre 1951. C’est le lieu de toutes les rencontres, Matisse, Modigliani, Vlaminck, Utrillo . L’esprit d’Aristide Bruant y plane encore, Picasso et Mac Orlan y savourent le petit blanc des dernières vendanges, mais dans ce cabaret de 40m2, pourtant propice à la chanson dite « Littéraire », il n’obtint aucun succès, pas plus qu’à la Villa d’Este, au « Millord l’Arsouille » à « L’Ecluse » ou à « L’Echelle de Jacob ».

Brassens est au bord du découragement, de la rupture, de l’abandon pur et simple…. Le bateau allait couler, mais les copains veillaient…..

Victor Laville s’est rendu compte du changement de comportement de Brassens, et d’un début de dépression. Il décide de contacter dans l’urgence Pierre Galante qui travaille à Paris-Match, après avoit été secrétaire de Maurice Chevalier. Ses relations lui permettent de prendre rendez-vous chez Patachou, au sommet de sa gloire. Brassens est emmené ( presque de force ) dans son cabaret de Montmartre, flanqué de Pierre Galante, Victor Laville et Roger Thérond.

Le 8 mars, huit ans jour pour jour après son retour de Basdorf, il entonne « Le gorille » devant Patachou et une cinquantaine de personnes, personnel compris ! Suivent « La mauvaise réputation », et une demi-douzaine d’autres chansons. Patachou est conquise (le mot est faible) . Les applaudissements fusent, elle veut revoir rapidement cet ours transpirant. Quelques jours après, France-soir titre : « Patachou à découvert un poète ».
Le 19 mars il enregistre sur 78t/25cm, « Le gorille » - « La chasse aux papillons », suivi le 14 mai de « Le parapluie » - « Le fossoyeur » .

Le destin de Brassens venait de basculer. Fini le doute, l’inconfort, la redevance, les désillusions, les découragements, les incertitudes, le lit-cage, l’eau gelée, la lumière aux bougies, fini les années galères à la charge exclusive de Jeanne et Marcel, enfin la récompense de 8 années de travail acharné, incessant, de discipline imposée,

de volonté tenace, et de cette croyance au plus profond de lui-même, jamais ébranlée, de pouvoir faire apprécier ses poèmes, ses textes ses mélodies, ses chansons.
Le voilà maintenant escaladant tous les soirs la Butte Montmartre, après être passé chez Pierre Onteniente. L’employé de perception se verra remettre le tout premier chèque de Brassens, cachet officiel venant de Patachou, contre de l’argent liquide. Gibraltar lui ouvrira un compte chèque , première « collaboration », jamais interrompue de 30 ans !

De chez Patachou ce 8 mars 1952, au Vieux Colombiere en décembre, Brassens se retrouvera aux « Trois Baudets », engagé par Canetti, le 19 septembre, et fera sa première apparition télévisée en France, dans l’émission d’Henri Spade : « Grand Orchestre ».

Il s’engage avec Patachou pour sa première tournée en Belgique, puis avec les frères Jacques en France. Son premier concert au pays natal a lieu l’été, et il rencontre Albert Willemetz, qui a succédé à Paul Valéry, à la présidence de la SACEM.
1953 C’est l’année ou Léo Ferré et Yves Montand sont au sommet de la chanson française. Jacques Brel quitte son plat pays pour venir à Paris, Patachou la « tigresse » (comme l’appelait Brassens) , mais d’une grande générosité, va le présenter à Ray Ventura, pour l’édition de ses chansons.

Jacques Canetti, personnage incontournable dans ce monde de la chanson et du spectacle, est tour à tour Directeur Artistique chez Polydor, puis Philips, patron de cabarets, et Président-Fondateur des Tournées du Festival du Disque. Dans son « écurie », des dizaines de noms à faire rêver. De Serge Gainsbourg à Raymond Devos, en passant par Catherine Sauvage, Fernand Reynaud, Leny Escudero, ou encore Serge Reggiani, Darry Cowl, Félix Leclerc, Jacques Brel, Mouloudji, Guy Beart. Brassens l’appelera « Socrate », et sera souvent son pensionnaire aux « Trois Baudets » .
Les passages chez Canetti, chez Agnès Capri, à La Villa d’Este, et à Bobino se succèdent. Le premier passage de Brassens à Bobino, avec l’accord des Trois Baudets, se fera le 20 février, le second en octobre, et cette salle « A quatre pas de sa maison », sera son porte-bonheur.

Il enregistre « La cane de Jeanne » le 16 juin 1953, et part pour 3 semaines en vacances à Sète.

Après un article élogieux d’Henry Magnan dans « Le Monde », René Fallet, qui deviendra certainement l’un des plus intimes, écrit le 29 avril, un autre article tout aussi encenseur, dans « Le canard enchaîné ». Ils se rencontreront un mois plus tard.
La France vient donc de découvrir ce libre penseur, qui chante ses textes sans cuivres, sans violons, sans trompettes. Il succède dans le style, ou plutôt rejoint un autre monument qui nous vient d’outre atlantique, comme un cousin lointain : Félix Leclerc.

Une guitare, un tabouret, sur fond de rideau noir, et il y a la place pour les mots, les textes : c’est-ce qu’a toujours recherché Brassens.

( GB et Fallet)
Ses flèches sont prètes depuis 10 ans maintenant. Attaque en règle des institutions, jamais des individus, sauf cas très rares, le tout avec beaucoup d’humour, des qualificatifs choisis. Tant pis pour les anciens combattants, le clergé, les grenouilles de bénitiers, les pandores, les croquants…… Cela ravit le public qui grossit de jour en jour, et qui en redemande d’avantage. Tant mieux ! Notre troubadour en a encore dans son carquois, ces flèches bien acérées, bien mordantes, bien caustiques. Félix Leclerc, parlant des textes de Brassens dira : « …On gratte, dessous c’est de l’or ».

La bande de l’impasse s’étoffe avec l’arrivée de Jean Bertola, Boby Lapointe, Pierre Louki, René Chabrol.

Il termine son deuxième roman : « La tour des miracles », qui sera publié aux Editions des Jeunes Auteurs Réunis, dirigées par Jean Pierre Rosnay, beau frère de Georges Moustaki. Denoël de son côté publiera son dernier recueil de poèmes : « La mauvaise réputation »

Reconnu comme représentant de la langue française, il se verra remettre le Grand Prix de l’Académie Charles Cros, pour son album : « Le parapluie »

[size=9]Outre ses tournées françaises et belges, il se produira dans plusieurs salles de la capitale - Chez Patachou, La Villa d’Este, Aux trois Baudets, Bobino, La Mutualité, Le Théatre de l’Etoile.


( GB et P.Nicolas)
1954 Il enchaîne avec l’Olympia, le Palais de Chaillot. La collaboration avec les Editions Ray-Ventura devient effective, tout comme le

rapprochement avec Pierre Onteniente, dit « Gibraltar », qui deviendra, et pour la vie, son impressario, secrétaire, chauffeur, confident, ami, et surtout son homme de confiance totale. Tout passera par Gibraltar, ou ne passera pas !

France-Soir révèle que le 6 novembre, Brassens invite à un déjeuner présidé par Vincent Auriol, a refusé de se prêter aux formalités protocolaires.
1955 Le 29 janvier, une nuité est organisée par la Solidarité Internationale Antifasciste ( SIA), aux salons du Pharos Marseille. Georges Brassens y participera malgré le refus du directeur de L’Alcazar où il se produisait le même jour.

Il s’envole pour une tournée en Afrique du nord, voyage dans des avions militaires, et rencontre Claude Nougaro dans un restaurant d’Alger,

C.Nougaro : « Nous avons, côte à côte, mangé l’entrecôte… »

Il enchaîne une tournée en Belgique, rejoint J. Grello pour une série de galas d’été, dans les casinos. On apprend d’après la programmation qu’un certain Maurice Detaille est l’impressario exclusif de Brassens !!

Pierre Séghers le fait entrer dans « l’Anthologie des Poètes d’Aujourd’hui » et la station de radio Europe 1 passe pour la première fois « Le gorille », chanson jusque là censurée.

Il achète en fin d’année la maison de Jeanne et Marcel, qui resteront « pensionnaires », ainsi qu’une maison attenante.
1956 Du 27 janvier au 15 février, Bobino affiche complet, ainsi qu’une cinquantaine de villes en France, dont Marseille où il de produit du 28 mars au 2 avril.

Il accepte de tourner pour René Clair « Porte des lilas », film tiré d’un roman de René Fallet : « La grande ceinture », et composera à cette occasion 3 chansons : « Au bois de mon coeur » ( chanson préférée de S.Gainsbourg) , « Le vin »,et « L’amandier ».

La bande continue à s’épaissir . Des acteurs ( Lino Ventura, Pierre Maguelon), des écrivains, journalistes, gens de plume ( Louis Nucera, Alphonse Boudard, André Tillieu, des gens du spectacle ( Raymond Devos), des photographes ( Pierre Cordier, Josée Stroobant, Jimmy Rague), celles et ceux du métier ( Jacques Brel, Marcel Amont, René-Louis Lafforgue, Boby Lapointe, Pierre Louki).

1957 Ne parvenant pas à se faire payer régulièrement ses droits de diffusion et de vente de ses chansons, il quitte les éditions Ray Ventura, et crée avec Pierre Onteniente les Editions Musicales 57.

René Clair lance le premier tour de manivelle de « Porte des lilas », qui sortira sur les écrans le 15 septembre.

Infatigable, il enchaîne les tours de chants : L’Alhambra, Bobino, Marseille, Bruxelles, l’Olympia…..
[size=9]1958 Alphonse Bonnafé et Jean-Paul Sartre vont l’applaudir à la Sorbonne. Boris Vian lui consacre plusieurs pages dans son livre : « En avant la zizique ».

Il achète dans les Yvelines une grande maison de campagne, « Le moulin de la bonde », à Crespieres, pour plus d’espace et de tranquilité, sans toutefois quitter l’impasse.

Il s’engage pour une tournée européenne avec Canetti, qui l’emmène en Suisse au mois de mars, et en Italie ( pour deux programmations, les 29 et 30 à Rome), et en Belgique en avril.

Rentrée à l’Olympia en compagnie de Pia Colombo, du 25 octobre au 17 novembre, malgré le « froid » qui s’installe entre Brassens et Coquatrix. Jean Michel Boris, programmateur et personnage incontournable de cette salle, durant 46 ans, sera l’intermédiaire , bien des fois.


( Emile Miramont)
1959 Sydnet Bechet qui a enregistré : « La cane de Jeanne » entre-autres, décède, puis c’est le tour de Boris Vian, le 23 juin, et Boby Lapointe fait ses débuts dans le métier. Après quelques dates à Alger et Oran, retour à Sète le 5 avril pour un unique concert, puis tournée en France et en suisse. Il obtient le Grand Prix du Disque 1959.


1960 l’ascension de Brassens se poursuit malgré l’arrivée des « yéyé ».

Série de concerts à l’Olympia en début d’année, puis Bobino avec Pia Colombo en avril, et en Belgique de juillet à octobre.

Unique concert le 26 février au Moulin de la Galette, pour soutenir « Le Monde Libertaire ». Le « Prince des Poètes », Paul Fort s’éteint…il s’entretient avec le Révérend Père Duval ( La calotte chantante), pour « Le magazine de la Chanson », le 29 février.

En préparation de sa tournée au Canada, il donne une interview pour « Le Petit Journal » de Montréal, et enregistre le 33T/25cm : « Les funérailles d’antan »

( Victor Laville )
1961 « ….Je dois mes succès, en quelque sorte à Félix Leclerc … »

Première traversée de l’Atlantique, pour se rendre au Quebec, du 23 septembre au 15 octobre. Série de concerts à Montréal, Trois Rivières et Quebec Ville, chez l’incontournable « Gérard », Gérard Thibault, qui possède les 3 salles de la ville. Tous les représentants de la chanson française sont passés par là. Brassens y fera la connaissance de Fred

Mella, venu avec les Compagnons de la Chanson et Edith Piaf.


( Félix Leclerc)
Félix Leclerc est venu attendre Brassens à l’aéroport, qui est accompagné de Püppchen et de Pierre Nicolas…… Gibraltar est resté à la maison : Socrate n’a pas voulu payer son billet d’avion ! Au programme donc : « Chez Gérard », « La Comédie Canadienne », « Université de Montréal », Ottawa, et quelques émissions Radiophoniques.

Retour en France, et sur la scène de l’Olympia, du 3 novembre au 3 décembre, avec une incursion à la Mutualité pour la soirée des Pacifistes.
1962 Cette année s’achève par un tour de chant à l’Alhambra de Marseille, les 29-30-31 décembre, et 1erjanvier 1962. Le 31 décembre, sa mère, qui ne l’a jamais vu sur scène, décède.

Il a commencé l’année par Bobino en janvier, puis par la Suisse, et une tournée en France du 1er au 31 mars.

10 ans de carrière, des centaines de récitals, des dizaines de chansons fredonnées par un public de plus en plus nombreux, dans lequel toutes les couches sociales sont représentées.



( Michoue, R.Iskin
et Gibraltar)
1963 Il souffre des reins depuis des années. Le professeur Couvelaine l’opère à la clinique Jouvenet le 16 janvier. Il part se reposer à Crespières avant de descendre à Sète. Les Editions Séghers le font entrer dans leur collection « Poèsie et Chansons ».

De retour de Sète, il fait sa rentrée de Bobino en septembre, en compagnie de Jacqueline Dulac et Jacques Bodoin. Les enterrements se succèdent : Edith Piaf, Jean Cocteau….Jean Giono lui demande d’écrire la musique du film « Un roi sans divertissement », mais Brassens encore souffrant, refuse. Ce sont Maurice Jarre et Jacques Brel qui répondront favorablement à Giono.

Suite à une grève de la faim de son ami Louis Lecoin, pour que le gouvernement respecte ses engagements sur les statuts des objecteurs de conscience, Brassens déclenche un vaste mouvement de pétitions.

Alphonse Bonnafé publie une étude sur son ancien élève, qui se produit au Théatre de l’Est Parisien, et à l’Alhambra. Plusieurs émissions télévisées sont programmées, sous la direction de Jean-Christophe Averty.
1964 Il écrit pour le film d’Yves Robert « Les copains », une chanson devenue désormais un classique de son œuvre, « Les copains d’abord ». Il reçoit le Grand Prix du Disque, et part en tournée avec Boby Lapointe et Christine Sèvres, l’épouse de Jean Ferrat.

Brassens remporte cette année là, un succès phénoménal . Du 21 octobre au 10 janvier 1965, 120. 000 personnes viennent l’acclamer à Bobino, avec Barbara et Serge lama en première partie, autant resteront devant la porte.



(GB et Ferrat)
Son ami Roger Toussenot avec lequel il avait entretenu une très riche correspondance depuis 1946, décède à Lyon, dans le dénuement le plus total.

Jean Ferrat lui rend hommage en lui composant une chanson : « A Brassens », et son premier 33T/30cm sort des presses de chez Philips avec la chanson « Les copains d’abord ». On trouvera également sur ce disque : « Le petit joueur de flûteau » - « Saturne » ou « Le Grand Pan », mais surtout « La tondue » qui commence à faire grincer les dents des anciens combattants, et « Les deux oncles » qui met le feu aux poudres!


« … C’était l’oncle Martin, c’était l’oncle Gaston

L’un aimait les Tommi’s, l’autre aimait les Teutons.

Chacun, pour ses amis, tous les deux, ils sont morts,

Moi, qui n’aimait personne, eh bien ! Je vis encor…. »

« …..Que de vos vérités, vos contre vérités

Tout le monde d’en fiche à l’unanimité…..

…… Qu’aucune idée sur terre, est digne d’un trépas

Qu’il faut laisser ce rôle à ceux qui n’en ont pas… »

( Les deux oncles)


1965 La polémique du texte « Les deux oncles » fait rage….

Son père Louis décède et va rejoindre Elvira au cimetière du Py à Sète.
René Fallet : « …. Pauvre Georges. Il a perdu son père « Le vieil ours ». Il est à plat . J’essaie de l’empêcher de trop picoler. Le vieil ours avait plus de 80 ans… » ( « Georges Brassens » par R.Fallet chez Denoël)
Le 26 avril , il signe avec une centaine d’autres artistes, une pétition pour que la censure sur Jean Ferrat soit levée, et que les antennes de l’ORTF lui soient de nouveau ouvertes.
Marcel Planche disparaît le 9 mai, Brassens et Charles Trenet enregistrent ensemble le 12 octobre, plusieurs chansons pour la radio
Pour aider Serge Lama victime d’un très grave accident de la route
Brassens participe à un gala de solidarité le 7 décembre à l’Olympia.


1966 Malgrè un état de santé précaire, Jeanne se remarie le 26 mai à la mairie du XIV ème arrondissement, avec un dénommé Georges Sanjak, de 37 ans son cadet.

Après 17 ans d’occupation des lieux, Georges Brassens quitte la mytique Impasse Florimont, pour le « Méridien », un immeuble situé toujours dans le XIVème, rue Emile Dubois. Il sera voisin de Jacques Brel, ainsi que du célèbre dessinateur Peynet. Brassens embauchera sa gouvernante, Sophie Duvernoy, les Peynet quittant Paris. Elle assumera ses fonctions aux cotés de Brassens, 14 ans durant.

Jacques Brel, rejoint et dépassé par un Brassens sur les plus hautes marches de la réussite, fera ses adieux au Music-Hall en fin d’année.

En compagnie de la muse de Saint Germain des Près, Juliette Gréco, il donne en septembre au TNP, une série de représentations qui fera accourir plus de 100.000 personnes. Il nous offre cette année là: « La non-demande en mariage » - « Le pluriel » - « La supplique pour être enterré à la plage de Sète ».
1967 Les honneurs ne peuvent plus se refuser. Il reçoit le Grand Prix de la Poèsie de l’Academie Française - Il entre dans la collection : « Le livre d’or de la Poésie Française Contemporaine » édité par Pierre Seghers, et se voit remettre le Prix Vincent Scotto, décerné par la SACEM.

Du 10 janvier au 13 février, retour triomphal à Bobino, avec Georgette Lemaire et Colette Chevrot en première partie. René Fallet, aux Editions Denoël, lui rendra hommage avec un « Brassens », qui dès sa parution sera un véritable succès.


( GB - J.Gréco)
Tournée des théâtres en région Parisienne, du 7 avril au 4 mai.

Ses passages sur scènes sont souvent un calvaire; le 12 mai il se fait de nouveau opérer.

René Fallet : « Georges opéré, ça va. On respire. Le jour de l’opération, un type de la radio me téléphone : « Il parait que Brassens est mort ! » J’appelle la clinique. Il n’en était rien,évidemment….. Mais dehors, malgré la chaleur, en y repensant, la glace m’enveloppe comme une bouteille de Grappa…. » ( Georges Brassens par René Fallet - Denoël)


En fin d’année, après une période de convalescence, il part en tournée avec les Trétaux de France, du 3 au 30 novembre.

_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.
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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 22:50

Citation :
1968 - 1981

1968 Les évènements que nous connaissons se déroulent aussi, au mois de mai, au pied de son appartement du 12ème étage. Il refuse de partir en tournées pour se reposer, et écrire, n’acceptant que quelques invitations sur les plateaux télévisés.
Le 24 octobre, à 77 ans, Jeanne rend son dernier soupir à l’Hôpital Saint Joseph. Sont présents entre autres, Püppchen, Georges Brassens, René Fallet.

« …Toi l’hôtesse quand tu mourras

Quand le Croqu’- mort t’emportera

Qu’il te conduise, à travers ciel

Au Père éternel… » ( L’auvergnat)
1969 Rencontre au sommet Brel - Brassens - Ferré

C’est l’unique rencontre de ce trio d’Immortels, organisé par François-René Cristiani, accompagné du photographe Jean-Pierre Leloir. La rencontre a lieu à 16h30, rue Saint Placide dans le VI ème arrondissement, le lundi 6 janvier. Arrivée dans l’ordre : Brassens - Brel - Ferré. Exclusivité de l’entretien pour « Rock/Folk », et enregistrement pour RTL.

( BBF. Photo-JP.Leloir)
Après le studio de tante Antoinette et l’impasse Florimont, Brassens quitte le Méridien pour s’intaller dans son 4ème et dernier domicile, rue Santos-Dumont, dans le Xvème. Il fait sa rentrée à Bobino, et tiendra l’affiche du 14 octobre 1969, au 4 janvier 1970. Il compose « L’ancêtre »- « Rien à jeter », met en musique « Les oiseaux de passage » de Jean Richepin, et « Pensées des morts » de Lamartine.

Du Vaucluse jusqu’en Camargue, Henri Colpi traîne ses caméras pour tourner : « Heureux qui comme Ulysse ». Fernandel, dans un de ses derniers roles, et son cheval, en sont les vedettes. Brassens interprètera la chanson du film, sur des paroles d’Henri Colpi et une musique de Georges Delerue.

1970 Il sillonne la Belgique, la Suisse et la France, avec en première partie Raymond Devos - Il se sépare de sa maison de Crespières, et en achète une en Bretagne près de Paimpol, à Lézardrieux.
André Larue publie aux Editions Fayard : « Brassens ou la mauvaise herbe », et Antoine Pol, tout heureux l’autorise à mettre en musique : « Les passantes ».
Le 8 juillet, « Heureux qui comme Ulysse » sort sur les écrans…

Fernandel fait ses adieux au public


1971 Tiré d’un roman de René Fallet : « Il était un petit navire », Michel Audiard tourne : « Le drapeau noir flotte sur la marmite » , avec Jean Gabin, André Pousse, et jean Carmet notamment. Brassens est chargé d’écrire la musique du film, qui sortira en salle le 20 octobre. Deux jours après « Géo » souffle ses 50 bougies.


1972 Boby Lapointe décède le 29 juin. Brassens enregistre : « Mourir pour des idées » - « Quatre vingt quinze pour cent » - « Le blason ». Pas de tournées, mais des plateaux télévisés avec Guy Lux ( Cadet Roussele)- Jacques Chancel ( Le Grand Échiquier) aux côtés d‘Yves Montand et Claude Nougaro - François Chatel ( En direct de Bobino), le 19 janvier -

Maritie et Gilbert Carpentier ( Top à Johnny) - Guy Beart ( Bienvenue à Brassens, puis Bobino du 10 octobre 1972 au 7janvier 1973, avec en alternance Philippe Chatel, Maxime le Forestier, Henri Tachan, Pierre Louki, Paul Louka.


1973 Les tournées redémarrent ! Du 14 janvier au 2 juin, plus de 100 concerts, 80 villes dont Sète, pour finir à l’University’s Sherman Théatre de Cardiff, pour un unique enregistrement « Live » le 28 octobre, invite par Colin Evans, professeur de Français. La presse titre : « France’s most popular singer »…

Il entre dans le Larousse : (Georges Brassens, chanteur Français, né à Sète en 1921, auteur de chansons poétiques, pleines de verve et de non conformisme)

1974 Il interprète 18 chansons pour « Le Grand Échiquier » de J. Chancel réalisé par André Flédérick, le 6 mars, puis apparaît aux côtés de Raymond Devos et Maxime le Forestier dans le émissions : « Top à … »


1975 - 1976 Le 14 mars, l’ émission « Apostrophe » de Bernard Pivot, réunit Bernard Clavel, Brassens et le général Bigeard. Le 21 avril « Le drapeau noir flotte sur la marmite » sort en salles, le 17 octobre georges Brassens rencontre le Père Sève, à l’occasion de la sortie de son livre : « Toute une vie pour la chanson », aux Editions « Le Centurion ».

( GB et Trénet)
Il rend hommage à ses pairs, en enregistrant un disque sur lequel

Il chante Trénet et Tino Rossi. Son dernier album sortira avec 14 chansons dont : « Boulevard du temps qui passe » - « Les ricochets » - « Cupidon s’en fout » - « Trompe la mort ».

Du 19 octobre 1976 au 27 mars 1977, on le retrouve pour la dernière fois dans sa salle fétiche de Bobino….à quatre pas de sa maison…

Plus de 5 mois à l’affiche, un record jamais égalé pour ce Music-Hall !


1977 Année de repos, Brassens se réfugie en Bretagne écrit, compose, lit des ouvrages de toute nature : romans, contes, poèmes, éssais philosophiques . Il accepte de participer à quelques émissions télévisées : « Aujourd’hui Magazine » - « Music and Music » - « Le Grand Échiquier » , puis un « Numéro 1 Georges Brassens », des Carpentier en novembre, pour finir le 24 décembre avec Tino Rossi sur TF1 : Ils chantent ensemble « Santa Lucia »


1978 Jacques Grello décède le 10 mars, Jacques Brel tire sa révérence le 9 octobre. G. Brassens : « Je l’ai connu aux Trois Baudets. A ce moment là il m’a demandé , il m’a fait l’honneur de me demander, d’entendre ses chansons, je lui ai dit qu’il fallait continuer, s’acharner. c’était en 52.… »

Il interprète 15 chansons dans l’émission télévisée de François Chatel, diffusée début juillet, : « Brassens chez lui à Paris » , et part se reposer en bretagne.
1979 Il offre à la France 19 chansons dans un show télévisé que lui propose Jean-Christophe Averty au mois de février, et enregistre avec son vieil ami « Moustache », un album reprenant en version jazz, quelques uns de ses plus célèbres titres dont un inédit: « Elégit pour un rat de cave ».

Philippe Chatel enregistre « Emilie Jolie », Henri Salvador et Brassens chantent en duo « La chanson de l’hérisson ».

1980 « …. Et si j’ai l’air moins guilleret,

Moins solide sur mes jarrets,

Si je chemine avec lenteur

D’un train de sénateur,

N’allez pas dire : « Il est perclus »

N’allez pas dire : « Il n’en peut plus »

Ce n’est que de La comédie

Que de la parodie…. » ( Trompe la mort)

(Georges Granier)
Les 14 et 15 mai, il enregistre des chansons de sa jeunesse, avec comme musiciens le fidèle Pierre Nicolas, Joël Favreau, et Jean Bertola, une trentaine au total; qu’il offre à Lino Ventura, Président de l’association « Perce neige ».

L’été se passe à Lezardrieux; repos complet pour celui que ses amis appelent gentiment maintenant « Le vieux ». Les « vrais » enterrements continuent leur ravages….Henri Delpont puis Alphonse Bonnafé.

1981 Encore les reins ! Dernière intervention chirurgicale à l’hôpital Américain de Neuilly . Evelyne Pagès tourne en mai, pour TF1 : « Escale en Languedoc », ultime show télévisé pour Brassens accompagné de P.Nicolas et J.Favreau, qui sera diffusé le 11 juillet.

Il retourne quelques jours en Bretagne puis sur les conseils de de son ami le professeur Bousquet, il acceptera d’être hospitalisé chez lui, à Saint Gely du Fesc, non loin de Montpellier, dans la famille même du médecin à partir du 10 octobre.
Le jeudi 29, en fin de soirée, la camarde viendra l’enlever.


« ….J’ai quitté la vi’ sans rancune
J’aurai plus jamais mal aux dents:

Me v’la dans la fosse commune,

La fosse commune du temps… » ( Le testament)

Parmi les dizaines de déclarations d’hommages et de reconnaissances, citons celles-ci :


Libération : « Brassens casse sa pipe » le ton bourru de la chanson française est mort….Il laisse derrière lui, sur trois accords, une brassée de refrains, qui traînent dans la mémoire, comme un remord.

Pierre Desproge: « A mon avis, la mort de Brassens est la plus grande perte de ce siècle à la con »

Claude Nougaro: « …Brassens était un poète de la Pléiade »

Patachou : …Il n’offrait jamais de fleurs, il les volait dans les cimetières. Il arrachait l’herbe des pelouses « Interdites au public »…
Jean-Paul Sartre : « Il a un beau regard, on voit de la bonté dans ses yeux »


J.Cartier - France-soir Magazine : « …Il s’habillait de discrétion quand les autres portent vanité, il prisait le sel de la terre, quand la mode est de se rouler dans la fange… »


Pierre Seghers : « …Il a fait plus pour les poètes, que cent ans de critiques et de plaquettes confidentielles, en réveillant le goût, le besoin de poésie, dans un inombrable public… »


Jacques Prévert : « Il ne demandait rien à personne, tout le monde l’a écouté. Il avait quelque chose à dire, à rire, et même quelque fois à pleurer. La plupart lui en ont su gré »


Félix Leclerc : « …Les chansons de Brassens ? Des piécettes toutes petites, toutes forgées, toutes originales, polies, travaillées, toutes couleur de la terre de France. On gratte, dessous c’est de l’or… »


Bernard Clavel : « …Tu as donné à la chanson quelque chose d'inédit, tu as imposé ton style, tu as fait sans t’en rendre compte, et avec beaucoup de bonhomie, la révolution. Mais ce qui te fera aussi dominer les siècles, c’est le poids d’humanité de ton œuvre… »


La phrase, de la fin : « Avec Georges nous parlions en riant de la mort. Ne serait-ce que pour ce détail, il m’est irremplaçable. Depuis qu’il est mort, la mort ne fait rire plus personne. »

René fallet 18 février 1983 - Une des dernières phrases de son « Journal de A à Z ». René Fallet s’est éteint « Doucettement » le 25 juillet 1983


PL


Entretiens Patrice Lozano / P. Onteniente dit « Gibraltar » à l’impasse Florimont - René Iskin - Emile Miramont dit « Corne d’Auroch » - Victor Laville - Sophie Duvernoy - Jean- Michel Boris - Georges Granier - Claude Nougaro - Pierre Chernia - Mario Poletti - Josée Stroobant - Colette Chevrot - Eric zimmerman - Cira de Marseille
Archives et documents de collection personnelle



]Pierre Nicolas

1920 - 1990

Pierre Nicolas Extrait de « Le livre du souvenir » de Martin Monestier et Pierre Baratier (Éditions Atlas)


Né en 1920, violoniste de formation, ancien de la SNCF et des PTT, Pierre Nicolas accompagna des dizaines d’artistes tout au long de sa carrière, notamment Jacques Brel, Juliette Gréco, Patachou, Barbara, Charles Trenet ou André Chiron, en dehors de la période ou il fut avec Georges Brassens. On le retrouvera sur les chansons post-morten de Brassens, interprétées par Jean Bertola.

Se produisant avec l’orchestre de Léo Clarens, pour les concerts de Patachou, il joua pour la première fois avec Brassens le 24 janvier 1952, chez celle-ci, à Montmartre. Ce début de collaboration se transforma en une amitié indeflectible de presque 30 ans. Il fut son seul et unique contrebassiste . Quand la « Camarde » enleva notre « Humble troubadour », le 29 octobre 1981, il déclara : « Je ne parlais pas de Brassens avant, je ne peux pas parler de lui maintenant Il faut attendre que l’émotion s’apaise. »

Pierre Nicolas faisait encore partie des musiciens de C.Trenet quand il nous quitta en janvier 1990.



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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 23:01

http://www.encyclopediefrancaise.com/Georges_Brassens.html





Ce texte est une traduction de l'anglais au français, je n'ai pas réussi à retrouver l'original, mais ce texte est révélateur de l'héritage artistique fabuleux laissé par Georges Brassens.......

Citation :

Legs



Il jamais n'a pendant suspecté cela où il aurait une renommée internationale.
Son idole, Paul Misraki, un chanteur qui a chanté partout, n'est jamais devenu célèbre parmi le grand public.

Maintenant plus de 50 dissertations doctorales ont été écrites au sujet de Georges Brassens, et beaucoup d'artistes du Japon, de Russie, des Etats-Unis (où il y a club de ventilateur de Georges un Brassens), d'Italie et d'Espagne font des versions de couverture de ses chansons. Ses chansons ont été traduites dans 20 langues, y compris l'espéranto .

Beaucoup de chanteurs ont couvert des textes de Georges Brassens dans d'autres langues, par exemple Fabrizio De André (dans italien), Graeme Allwright et Jake Thackray (dans anglais), alpha de Sam de (dans créole), Yossi Banai (dans hébreu), Jiří Dědeček (dans tchèque), marque Freidkin (dans russe), Paco Ibáñez et Javier Krahe (dans espagnol), Jacques Ivart (dans espéranto ), Franz Josef Degenhardt et Ralf Tauchmann (dans allemand) et Zespół Reprezentacyjny et Piotr Machalica (dans polonais ), Cornelis Vreeswijk (suédois) et Tuula Amberla (dans finlandais).

Le Franco-Canerounais Kristo Numpuby de chanteur a également libéré un couvrir-album avec les textes français originaux mais a adapté les chansons à de divers rythmes africains.

De nos jours, il y a une
association internationale des ventilateurs de Georges Brassens. Il y a également un club de ventilateur dans le Berlin - Basdorf qui organise un festival de Brassens chaque année en septembre.

Brassens a composé environ 250 chansons, mais seulement 200 ont été enregistrés. Les autres 50 étaient non finis.

Le Renée Claude , un chanteur important de Québécois , consacre un hommage-album à lui, l'avec vous (1993) de rendez-vous de J'ai de .
Ses chansons ont une influence importante sur de plus jeunes chanteurs français (
Maxime Le Forestier , Renaud Séchan , Bénabar etc.)


Emplacements d'héritage

Beaucoup d'écoles, théâtres, parcs, jardins publics, et lieux publics sont consacrés à Georges Brassens et sien travail, et sont baptisés du nom de lui, par exemple :
Le parc du
A construit sur
l'emplacement des anciens abattoirs de Vaugirard, a été appelé parc Georges Brassens de . Brassens a vécu une grande partie de sa vie environ cent mètres des abattoirs, 9 à l'impasse Florimont et puis 42 à la rue Santos Dumont.
Le Place du Marché de la Brive-La-Gaillarde a été retitré endroit Georges Brassens de , comme hommage aux femmes qui avaient eu un désaccord ici avec la gendarmerie française , un désaccord qu'il a évoqué dans une de ses chansons, Hécatombe .

Dans le DES Lilas (ligne 11 de Porte de de station de Paris Métro de ) il y a un portrait mural de Brassens avec une citation de son " de chanson ; DES Lilas" de Porte de La ; , écrit pour le " de 1957 films ; DES Lilas" de Porte ; par le René Clair . En ce film, Brassens a eu un rôle de soutien, se jouant pratiquement.




Random links:
William Rodgers, baron Rodgers de banque de carrière | USS Phoenix (SSN-702) | Biastophilia | Johan Meyer | Chasseurs de bataille | Jorte_Brassens

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"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Sam 12 Mar - 23:40

http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-brassens/



Citation :
BRASSENS GEORGES (1921-1981)

Il existe peu de révolutions dans l'histoire de la chanson française mais, indiscutablement, la survenue de Brassens constitue l'une d'elles.

Dès ses premières apparitions, il parvient à diviser le public et à créer le scandale : les uns condamnent son anarchisme et son vocabulaire cru, les autres louent son style et son audace.
Ne se réclamant d'aucune chapelle, il détaille sa vision de l'humanité en mettant en scène des personnages souvent caricaturaux mais toujours porteurs de faiblesses, d'angoisses, de cruauté, de bêtise, d'illusions et d'espoirs.
Tout au long de son œuvre il explorera son petit théâtre personnel, bucolique et peuplé de gendarmes, de filles au grand cœur, de curés, de mégères, de maris cocus, de copains...

Peu de chanteurs ont connu une gloire aussi constante.
Chacun de ses disques était attendu comme un évènement. Lorsqu'il investissait Bobino, ce n'était jamais pour moins de trois mois.
Cette adhésion populaire s'explique par l'exigence dont Brassens a toujours fait preuve, tant dans l'écriture de ses textes que par l'originalité de ses mélodies.

Il s'est appliqué à traiter des sujets universels et si parfois il apparaît moralisateur, force est de reconnaître que ses propos sont intemporels et restent toujours d'actualité. « J'ai l'impression de ressembler à mes chansons. On n'entre pas dans mes chansons comme dans un moulin. Heureusement qu'on n'y entre pas trop vite, sinon on en sortirait trop vite. »

Chef de file d'une expression qu'il n'a jamais considérée comme mineure puisqu'elle s'adresse au cœur et à l'intelligence des hommes, il a placé la barre si haut qu'elle donne le vertige à certains et permet aux meilleurs de donner le plus juste, le plus sincère et le plus beau.


1. La mauvaise herbe

Georges Charles Brassens naît le 22 octobre 1921 à Sète, dans l'Hérault, de Jean-Louis Brassens, un maçon tolérant et libre-penseur, et d'Elvira Dragosa, napolitaine d'origine et fervente catholique. Le jeune garçon grandit entre la garrigue et la mer, entre l'anticléricalisme paternel et le catéchisme imposé par la mère.

Très jeune, il découvre la chanson en famille : « Je suis né dans la chanson.
Mon père était capable de reconstituer une mélodie instinctivement et moi, à cinq ans, je connaissais deux cents chansons. »
Il découvre ainsi Tino Rossi, Jean Tranchant, Mireille, mais c'est le jazz qui le séduit le plus, et les artistes qui sont influencés par cette musique : Ray Ventura et, surtout, Charles Trenet.

Élève médiocre et distrait, il brille uniquement en gymnastique.
Son intérêt pour la poésie naîtra d'une rencontre, en 1936, avec un professeur de français, Alphonse Bonnafé. En 1939, ses études sont interrompues – il est alors en classe de troisième – à la suite d'un cambriolage dans lequel il est impliqué. Ses parents l'envoient à Paris vivre chez une de ses tantes.


2. Chez Jeanne
En 1940, Brassens s'installe dans le XIVe arrondissement, où il restera sa vie entière. Tout en travaillant dans un atelier de reliure des usines Renault de Boulogne-Billancourt, il s'essaye à la musique sur le piano droit du salon de sa tante et achète, chez les bouquinistes, des recueils de poèmes qu'il annote consciencieusement.
C'est à cette époque qu'il rencontre Jeanne Le Bonniec, une couturière bretonne qui vit avec son mari dans une maisonnette de l'impasse Florimont, dans le XIVe arrondissement.
Il s'installe chez eux ; malgré les conditions spartiates du logement, il y restera jusqu'en 1967.

En 1942, il publie à compte d'auteur un recueil de poèmes, À la venvole, et commence à écrire des chansons.
Mais, en mars 1943, il est envoyé en Allemagne, à Basdorf, pour le Service du travail obligatoire.

De cette époque, il gardera une bande d'amis indéfectibles, parmi lesquels Pierre Onténiente, dit Gibraltar, qui restera jusqu'à sa mort son homme de confiance.
À Basdorf, il interprète ses premières chansons et certaines, écrites alors, ne connaîtront le succès que dix ans plus tard : Brave Margot, Bonhomme, Pauvre Martin.

À la faveur d'une permission, il rentre chez Jeanne et s'y cache jusqu'à la fin de la guerre.
La paix revenue, il continue d'écrire des chansons et signe Jo la Cédille ou Gilles Corbeau des articles dans le journal anarchiste Le Libertaire.

En 1950, il s'est constitué un répertoire : La Chasse aux papillons, Le Parapluie, Le Gorille, J'ai rendez-vous avec vous, La Mauvaise Réputation...

En 1952, la chanteuse Patachou, directrice d'un cabaret à Montmartre, l'auditionne ; elle est conquise par l'homme et ses chansons. Immédiatement elle met Brave Margot, La Prière, Les Amoureux des bancs publics à son propre répertoire, inclue Brassens au programme et l'emmène en tournée avec Les Frères Jacques.

Elle lui présente Jacques Canetti, qui sera l'artisan de son succès.
Canetti engage Brassens dans son théâtre des Trois-Baudets, à Montmartre, et, malgré l'absence de succès et les dures critiques fréquentes, lui fait signer un contrat d'enregistrement chez Polydor.
Alors que les chansons sont arrangées avec violons et orchestres, Brassens choisit l'option minimaliste : guitare et contrebasse.


3. Les trompettes de la renommée
En quelques mois, Brassens réussit à capter l'attention de la presse et du public. En février 1953, neuf disques 78-tours sont déjà parus. À la fin de l'année, il passe en vedette à Bobino, le célèbre music-hall parisien de la rive gauche.
Malgré ce foudroyant succès, qui ne se démentira jamais, la radio nationale ne diffuse jamais ses chansons, interdites par le comité d'écoute.
C'est seulement en 1955, avec la création d'Europe no 1, que celles-ci peuvent enfin passer sur les ondes.

Brassens est pourtant le poète que la France s'est choisi.
Les uns réprouvent ses mots grossiers et son anarchisme alors que les autres se réjouissent des volées de bois vert qu'il distribue allègrement à l'Église, à la police et aux bourgeois ;
mais tous se réconcilient grâce à la Chanson pour l'Auvergnat, Les Copains d'abord ou la Supplique pour être enterré sur une plage de Sète.

Les succès s'enchaînent.
Brassens met en musique quelques poèmes : la Ballade des dames du temps jadis de François Villon, Il n'y a pas d'amour heureux de Louis Aragon, Gastibelza de Victor Hugo, La Marine de Paul Fort, Les Passantes d'Antoine Pol...

Mais ce sont ses propres textes qui lui ouvrent les portes de la postérité.
Son écriture utilise des formes linguistiques classiques, parfois désuètes (« callypige » dans Vénus callipyge, « vergogne » dans Les Quatre Bacheliers ou Hécatombe...), elle use de références culturelles souvent issues de chansons populaires (Dans l'eau de la claire fontaine, Les Sabots d'Hélène...).

Brassens se fait maître dans l'art de détourner les expressions toutes faites, les lieux communs : « J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main » (La Non-Demande en mariage), « Les femmes adultères d'abord ! » (À l'ombre des maris), « Dans ma gueule de bois j'ai tourné sept fois ma langue... » (Le Vin)...

Le public le sacre poète de la chanson.
Avant lui, aucun chanteur n'avait accédé à ce statut. Les professeurs de français font volontiers écouter certaines de ses chansons à leurs élèves, tandis que des milliers de jeunes apprennent la guitare dans son sillage.

Une tradition persistante voudrait que la musique de Brassens soit monotone, voire monocorde.
Si le choix du dépouillement de l'accompagnement peut donner cette impression, il est indiscutable que les mélodies de Brassens constituent l'un des atouts majeurs de son succès.

Influencé par les chansons napolitaines maternelles et les succès populaires des années 1930, Brassens a su composer des refrains mémorisables sur des harmonies extrêmement savantes que peu de guitaristes arrivent à reproduire aisément.

Brassens meurt à Saint-Gély-du-Fesc, près de Montpellier, le 29 octobre 1981.

En moins de trente ans de carrière, il a donné une nouvelle identité à la chanson française et, sans le vouloir, a créé une école.
De Jacques Brel à Cali en passant par Pierre Perret, Renaud, Maxime Le Forestier, Alain Souchon, Francis Cabrel, nombreux sont ceux qui le vénèrent et se réfèrent à son œuvre, à son attitude et à ses engagements.

Alain POULANGES


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"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Dim 13 Mar - 0:00

http://www.rfimusique.com/siteFR/biographie/biographie_8894.asp

Citation :

Georges Brassens :

Personnage d'une immense discrétion, Georges Brassens a inscrit son nom dans le patrimoine artistique français en créant un style unique sculpté autour de mélodies simples et de textes qui sont autant de chefs-d'œuvre poétiques.



La simplicité de Georges Brassens en a fait un des artistes les plus aimés du patrimoine culturel français.

Son répertoire, impertinent mais jamais provocateur, trace un portrait sans pitié, et pourtant si tendre, de ses contemporains.
Aujourd'hui encore, ses chansons sont reprises par des artistes du monde entier, et ses textes sont étudiés dans les écoles.

Ses interprètes sont innombrables. Citons pour les étrangers, Graeme Allwright en anglais, Sam Alpha en créole ou Paco Ibanez en espagnol.

Quant aux artistes français, la liste est longue de ceux qui l'ont chanté et le chantent encore : Maxime le Forestier, Renaud, Barbara ou Les frères Jacques sont parmi les plus célèbres à lui avoir consacré un album entier.

A l'initiative de Joël Favreau, un album, "Chantons Brassens" réunis des artistes et des comédiens (Michel Fugain, Manu Dibango, Philippe Léotard ou Françoise Hardy) autour du répertoire du chanteur. Mais la liste des hommages serait trop longue.

Georges Brassens reste un artiste de référence largement apprécié et célébré dans le monde francophone.

Créateur généreux et humaniste, l'homme à la célèbre moustache occupe une place à part dans la mémoire de ses amis et admirateurs.
Août 1998

© RFI Musique


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MessageSujet: Re: 2011, les 90 ans de Brassens...   Aujourd'hui à 23:34

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