Les Discutailleurs fans de musique...

Les Discutailleurs fans de musique...

Nous sommes des Fans de Musique, de Poésie, de peinture... ouverts à la diversité immense que nous proposent tous les arts majeurs
 
AccueilS'enregistrerConnexion
Olivia Ruiz est de retour ! Ce nouveau disque, son quatrième, est son disque. Celui qu’elle a pensé, celui qu’elle a rêvé, celui sur lequel elle a travaillé, seule dans l’écriture et la composition, tout au long de ces derniers mois alternant les hauts et les bas, le jour et la nuit, le noir, le blanc et les couleurs, l’alternatif comme le continu. Entre le calme et les tempêtes. « Le calme et la tempête », une évidence donc. Entre profondeur des mots et profondeur des sons, jamais elle n’avait donné cette impression de puiser si loin en elle pour trouver la source de ses chansons. C’est entre Paris et Los Angeles qu’elle s’est posée pour co-réaliser le tout aux côtés de Tony Berg (ex-directeur artistique Geffen Records). Un son nouveau naît de cette rencontre entre deux continents, deux générations, deux cultures. A découvrir dans "Le calme et la tempête".

Partagez | 
 

 Hommage à Aime Cesaire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
jacommos
Admin
Admin


Nombre de messages : 7142
Age : 54
Localisation : le Sud
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Hommage à Aime Cesaire   Ven 18 Avr - 19:34



Citation :
Biographie d'Aimé Césaire

Aimé Césaire est né le 26 juin 1913 au sein d'une famille nombreuse et pauvre à Basse Pointe, au Nord de l'île de la Martinique. Il poursuit ses études secondaires en tant que boursier du gouvernement français au Lycée Louis Le Grand de très grande renommée. Là, il connaît le grand poète sénégalais Léopold Sedar Senghor, l'écrivain Ousmane Socé, entre autre. En contact avec ces jeunes africains, Césaire découvre une terre volontairement occultée à l'inconscient antillais. C'est à partir de ce moment que commence son exaltation des valeurs noirs et la revalorisation de l'Afrique, la terre de ses ancêtres. En septembre 1934, il fonde, avec d'autre écrivains antillais et africains, Senghor, Damas, Birago Diop, le journal "L'Etudiant noir". C'est dans ce journal qu'apparaît pour la première fois le mot "Négritude; ce mot désigne en premier lieu le rejet. Le rejet de l'assimilation culturelle; le rejet d'une certaine image du noir paisible, incapable de construire une civilisation. Le culturel prime sur le politique. C'est au nom de la culture et des valeurs spirituel connu comme la négritude.

En 1935, Césaire est admis à l’école Normale Supérieure et cette année là il commence à écrire Cahiers d’un Retour au Pays natal, une de ses oeuvres les plus connues. Quelques mois après la publication de ce livre, Césaire retourne à la Martinique. Il fonde avec René Ménil et Aristide Maugée la revue ‘’Tropiques’’. Césaire adhère au Surréalisme et en 1941 rencontre à Fort-De-France le fondateur du Surréalisme français, André Breton.

Sous l’influence de ce mouvement il écrit les Armes miraculeuses. En 1944 Breton rédige la préface de Les Armes miraculeuses, publié aux Ediciones Hemisferio.

En 1944, il passe 6 mois en Haïti où il donne de nombreuses conférences. Cette visite fut capitale pour la conception, plus tard, de sa pièce de théâtre La Tragédie du Roi Christophe.

En 1945 Césaire est élu Maire de Fort-De-France et Député, candidature présentée par le Parti Communiste Français. Il participe à la fondation de la revue ‘’Présence Africaine’’ sous l’impulsion, en autres, d’Allioume Diop, Paul Niger et Guy Tirolien.

En 1950 il publie dans la revue ‘’Présence Africaine’’ son ‘’Discours sur le colonialisme’’, un de ses textes les plus violents. Césaire s’éloigne du Parti Communiste Français dont il démissionne cette même année, quelque peu déçu par la position du parti par rapport à la question nationale.

En 1957 il crée le parti Progressiste Martiniquais, qui a pour ambition d’instaurer ‘’un type de communisme martiniquais plus résolu et plus responsable dans la pensée et dans l’action’’.

Parallèlement à son activité politique, il continue son oeuvre d’écrivain et publie de nombreux livres de poèmes Soleil Cou Coupé, Corps perdu, Ferrements. A partir de 1960 il s’oriente vers le théâtre. Successivement il écrit La Tragédie du Roi Christophe (1963), interprétée avec un grand succès dans toutes les capitales de l’Europe; Une saison au Congo (1965), Une tempête (1970).

Au total Césaire à publié plus de 14 oeuvres, des poésies, des pièces de théâtre et des essais. Plus de 64 publications ont été consacrées à l’oeuvre du grand poète. Egalement de nombreux colloques et conférences internationales ont été organisés sur son oeuvre littéraire qui est universellement connue. Son oeuvre a été traduite dans de nombreuses langues étrangères, anglais, espagnole, allemand et d’autres langues.

Césaire a mené une vie politique intense au profit de son peuple. Il a été Député et par conséquent membre de l’Assemblée Nationale française de manière ininterrompue de 1946 à 1993. Depuis de nombreuses années il est le Maire de Fort-De-France et il est considéré comme un Père de sa patrie natale en raison de son dur combat pour la défense de la culture de son peuple et des conquêtes politiques.

_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.
Revenir en haut Aller en bas
http://lesdiscutailleursfan.forumperso.com
jacommos
Admin
Admin


Nombre de messages : 7142
Age : 54
Localisation : le Sud
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: Hommage à Aime Cesaire   Ven 18 Avr - 19:43

Citation :
Les admirateurs d'Aimé Césaire lui rendent un dernier hommage sur le Web
LEMONDE.FR | 18.04.08 | 17h01

Au lendemain de la mort d'Aimé Césaire, les témoignages d'affection au poète martiniquais se multiplient sur le Web. Il y a d'abord ceux qui racontent une histoire d'amour qui a changé leur vie. "Aimé Césaire, c'est toute mon initiation, c'est tout mon parcours, mon éveil aux choses publiques, ma prise de conscience de femme martiniquaise, de femme noire, fière de l'être", se souvient Madeleine Jouye de Grandmaison, député européen (PC) de Martinique. "Aimé Césaire nous a façonnés ; nous sommes des enfants de Césaire et des enfants du monde, dans le même mouvement."

Nordine Nabili, rédacteur en chef du Bondy blog, raconte comment il a découvert les écrits du poète. C'était "en 1982, par hasard au détour d'un rayon de la bibliothèque de mon lycée. Un miracle en réalité. On nous avait dit d'aller passer l'heure au CDI parce que l'un de nos profs avait du retard". Le livre, Cahier d'un retour au pays natal, est une révélation."Césaire nous a quittés mais son empreinte (...) sera toujours visible, comme le phare à l'approche des côtes. Merci, Monsieur Césaire, d'avoir mis votre boussole à notre disposition."

Sur Internet, il y a aussi les admirateurs, très nombreux, qui célèbrent la fierté retrouvée par la "négritude". Dans une Lettre à l'aîné de la tribu, l'écrivain Emmanuel Dongala rend hommage à "l'immense baobab de la poésie" qu'était, selon lui, Aimé Césaire. "Ce mot 'nègre' qu'on te lançait, que dis-je, qu'on nous lançait comme une insulte, comme une provocation, tu l'as ramassé, tu l'as positivé et tu l'as flanqué fièrement à la figure de ceux qui le proféraient."

Pour Frank Salin, sur Afrik.com, "la négritude (...) n'est pas un concept périmé" car "la mésestime de soi qu'ont enraciné la servitude et la colonisation dans les esprits des Africains et de leurs descendants aux Amériques n'a pas totalement disparue. De même que le racisme anti-nègre vit toujours". Dans Les retrouvailles de la négritude, un blogueur voit dans la "négritude" un "concept qui a fait irruption dans un espace pollué par le 'rire banania' pour y décliner une humanité enfouie en chacun de nous".

HÉRITAGE EN QUESTION

Mais des aspects plus polémiques sont également abordés. Sur Afrik.com, Frank Salin s'interroge sur "l'héritage" d'Aimé Césaire. "Si son génie littéraire paraît aujourd'hui incontesté, il en va autrement de sa pensée et de son action politique. Quel héritage le père de la négritude laisse-t-il au monde ?", se demande-t-il. L'éditorialiste rapporte les reproches adressés à Césaire, pour son "manque d'adéquation entre son engagement littéraire et sa vie politique. Peut-on avoir voté la loi de départementalisation en 1946 et être un militant anticolonialiste ? Peut-on prêcher l'émancipation des peuples en participant au jeu politique établi par la France ? Peut-on être maire et député français pendant un demi-siècle et dans le même temps défendre l'idée d'une autonomie pour la Martinique ?"

Sur un blog consacré au poète martiniquais, Amadou Iamine Sall, président de la Maison africaine de la poésie internationale, balaie ces critiques et rapporte simplement les propos du poète :"Prenez ma poésie comme une revanche sur ma politique !" Pour Aimé Césaire, estime-t-il,"l'indépendance, la vraie" fut "de se décoloniser culturellement. Là fut son vrai et profond combat".

LE PANTHÉON EN DÉBAT

L'écrivain Claude Ribbe, historien de la diaspora africaine, adresse une lettre au président de la République pour demander que la dépouille d'Aimé Césaire soit transférée au Panthéon le 10 mai, date anniversaire de la commémoration de l'abolition de l'esclavage. "Plutôt que d'enterrer la loi du 10 mai 2001 par un ridicule spectacle de patronage, indigne de votre présence et qui irriterait l'outre-mer, vous pourriez ce jour-là honorer les descendants d'esclaves en accompagnant au Panthéon l'un des plus grands d'entre eux, l'auteur du Discours sur le colonialisme et de Toussaint Louverture".

Mais cette proposition fait débat. Parmi les réactions à la lettre de l'écrivain Emmanuel Dongala, un internaute dénonce violemment"le cynisme dans la récupération politique des obsèques du grand ami de Senghor, sachant qu'il y a tout juste deux ans, les députés français de droite comme de gauche ont voté une loi proclamant que la colonisation française a été un acte positif". A ceux qui émettent l'idée de transférer la dépouille du poète au Panthéon, cet internaute demande pourquoi "on ne lui a pas fait tous ces honneurs de son vivant en lui attribuant le prix Nobel de la littérature ou de la paix, ou mieux en le faisant entrer à l'Académie française".

Un autre internaute estime, dans son blog, qu'Aimé Césaire "était profondément Martiniquais et avant tout Martiniquais. (...) Cet homme qui aimait sa terre et son peuple plus que tout doit rester sur cette terre avec son peuple qu'il aimait plus que tout. Il n'a rien à faire dans un Panthéon froid et glacé. Il est de la Martinique, pas de la France même s'il appartient au monde".
François Béguin

_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.
Revenir en haut Aller en bas
http://lesdiscutailleursfan.forumperso.com
jacommos
Admin
Admin


Nombre de messages : 7142
Age : 54
Localisation : le Sud
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: Hommage à Aime Cesaire   Ven 18 Avr - 19:49

La classe politique unanime a rendu hommage à Aimé Césaire
[ 18/04/08 ]


Citation :
La classe politique française, gauche et droite confondues, a rivalisé d'hommages au poète martiniquais Aimé Césaire, décédé hier à Fort-de-France à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans (lire page 9). Des obsèques nationales seront organisées dimanche pour celui dont le combat contre la colonisation avait trouvé des échos jusqu'en Afrique ou aux Etats-Unis. L'Assemblée nationale devait observer une minute de silence pour cet homme qui fut député de 1945 à 1993 et, dès l'annonce de sa mort, le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Yves Jego, a pris l'avion pour les Antilles. Le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français de l'outre-mer, Patrick Karam, a annoncé que le nom d'Aimé Césaire sera donné à une salle du lycée Louis-Le-Grand à Paris, peu après que le maire PS de la capitale, Bertrand Delanoë, a souhaité associer un lieu de la ville au nom du poète. Ségolène Royal a réclamé le transfert de ses cendres au Panthéon, suivie de quelques heures par Christine Albanel. Aimé Césaire avait forgé le concept de « négritude » avec Léon-Gontran Damas et Léopold Sédar Senghor. Les politiques, qui avaient boudé les obsèques de l'ex-président sénégalais, ont veillé à ne pas rééditer l'impair. Nicolas Sarkozy, qui se rendra aux obsèques, a fait retarder à jeudi son intervention télévisée sur sa première année de mandat. « C'est toute la nation française qui est en deuil », a-t-il écrit hier, estimant qu'Aimé Césaire « restera un symbole d'espoir pour tous les peuples opprimés ». Jacques Chirac a salué un « homme de lumière » et « un sage » qui, selon François Bayrou, « voyait souvent au-delà de l'horizon ». François Hollande et Lionel Jospin ont rappelé l'engagement à gauche du fondateur du Parti progressiste martiniquais. « Aimé Césaire était fait d'un alliage rare. C'était un magnifique écrivain et un vrai politique. Un être fier de sa singularité d'homme noir et un humaniste attaché à l'universel », a déclaré l'ancien Premier ministre.

_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.
Revenir en haut Aller en bas
http://lesdiscutailleursfan.forumperso.com
superbigornette



Nombre de messages : 868
Age : 36
Localisation : Près de Marseille
Date d'inscription : 29/03/2008

MessageSujet: Re: Hommage à Aime Cesaire   Ven 18 Avr - 19:51

Merci Jaco pour cet homme exceptionnel... Il en faudrait encore beaucoup comme lui... Paix à son ame Crying or Very sad
Revenir en haut Aller en bas
jacommos
Admin
Admin


Nombre de messages : 7142
Age : 54
Localisation : le Sud
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: Hommage à Aime Cesaire   Ven 18 Avr - 19:56

En effet Audray, ce défenseur de la diversité, de l'égalité entre les races, cet écrivain, poète et homme politique exceptionnel mérite vraiment un hommage national à la mesure de son talent mais surtout de ses engagements politiques cruciaux qui ont contribué à faire évoluer notre société.

_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.
Revenir en haut Aller en bas
http://lesdiscutailleursfan.forumperso.com
jacommos
Admin
Admin


Nombre de messages : 7142
Age : 54
Localisation : le Sud
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: Hommage à Aime Cesaire   Ven 18 Avr - 20:02

Citation :
L’héritage d’Aimé Césaire
Le poète martiniquais s’est éteint, ses idées et son art vivent encore

Aimé Césaire, poète, dramaturge, essayiste, et homme politique martiniquais est mort, jeudi matin, au CHU de Fort de France, en Martinique. Il avait 94 ans. Si son génie littéraire paraît aujourd’hui incontesté, il en va autrement de sa pensée et de son action politique. Quel héritage le père de la négritude laisse-t-il au monde ?


« Je serais un homme-juif, un homme-cafre, un homme-hindou-de-Calcutta, un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas, l’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture, on pouvait à n’importe quel moment le saisir le rouer de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir de compte à rendre à personne sans avoir d’excuses à présenter à personne… », écrivait Aimé Césaire dans son poème le plus célèbre, Cahier d’un retour au pays natal (1939), alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années. Au bout du petit matin, ce jeudi 17 avril, à Fort-de-France, le nègre fondamental s’est éteint à l’âge de 94 ans. Il laisse derrière lui une œuvre considérable par la puissance de son souffle poétique et sa portée politique.

Qui n’a pas connu le temps des colonies, ce temps où dans l’Afrique et les Antilles françaises, les nègres étaient ouvertement considérés comme des sous-hommes, bornés et irresponsables, peut difficilement comprendre l’importance et l’urgence des écrits de l’écrivain martiniquais. Antiraciste et anticolonialiste déclaré, il a trempé sa plume dans les grands combats du XXème siècle. La revue Tropiques qu’il fonda en 1941 avec René Ménil et sa femme Suzanne fut combattue et censurée par les représentants du régime de Vichy à la Martinique. Son Discours sur le colonialisme (1950), paru alors même que les peuples colonisés secouaient leur joug aux quatre coins de l’empire, fit grincer les dents des autorités françaises.

Un mythe écorché

Sur son île, ses détracteurs ont critiqué le manque d’adéquation entre son engagement littéraire et sa vie politique. Peut-on avoir voté la loi de départementalisation en 1946 et être un militant anticolonialiste ? Peut-on prêcher l’émancipation des peuples en participant au jeu politique établi par la France ? Peut-on être maire et député français pendant un demi siècle et dans le même temps défendre l’idée d’une autonomie pour la Martinique ? La charge la plus violente est venue, à la fin des années 80, des tenants du mouvement littéraire de la créolité, dont Raphaël Confiant qui publiait Aimé Césaire, une traversée paradoxale du siècle, en 1993. Au delà du bilan politique de l’homme, ils critiquaient, sans remettre en question son génie littéraire, le concept de négritude qu’il avait créé et promu avec ses amis sénégalais et guyanais Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas. Ce à quoi, Aimé Césaire répondit : « La créolité, fort bien, mais ce n’est qu’un département de la négritude. »

Il est naturel que chaque génération fasse l’inventaire de ce que lui a légué la précédente. Les Antilles d’aujourd’hui ne sont pas celles de la première moitié du XXe siècle. Le désir d’affirmer et d’assumer la pluralité des héritages qui font les peuples qui y vivent est légitime. Cependant, la négritude est loin d’avoir perdu tout sens. L’héritage nègre des Antillais reste le plus douloureux, le plus problématique, celui que beaucoup voudraient minorer car marqué du sceau dégradant de la traite et de l’esclavage. La négritude, qui appelle à dépasser cette honte et à s’assumer, n’est pas un concept périmé. La mésestime de soi qu’ont enraciné la servitude et la colonisation dans les esprits des Africains et de leurs descendants aux Amériques n’a pas totalement disparu. De même que le racisme anti-nègre vit toujours.

Aimé Césaire laisse en héritage une œuvre magistrale de poète, de dramaturge et d’essayiste, un idéal d’autonomie pour la Martinique que les générations futures seront libres d’épouser ou d’abandonner, et surtout un appel à la dignité nègre et de l’homme en général. Son amitié indéfectible avec l’écrivain et homme politique sénégalais Léopold Sédar Senghor est aussi un symbole fort, un exemple qui devrait aider Africains et Antillais à surmonter les incompréhensions et les rancunes nées d’une histoire douloureuse, à se tendre la main et se comprendre plutôt que de s’ignorer ou se mépriser. « Ma négritude n’est ni une tour ni une cathédrale », écrivait le poète dans son Cahier d’un retour au pays natal, c’est un cri de révolte contre toute forme de racisme et d’oppression, un bond douloureux et éblouissant vers l’universel, une arme miraculeuse.


_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.
Revenir en haut Aller en bas
http://lesdiscutailleursfan.forumperso.com
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Hommage à Aime Cesaire   Ven 18 Avr - 20:39

Merci Jaco ,oui,cet homme exceptionnel qui a oeuvré aussi pour l'égalité entre les hommes,les races...mérite bien l'Hommage hunanime national!La reconnaisance de son talent et de ses grandes qualités d'Homme de Paix et de Courage pour faire évoluer notre société!Qui'il repose en Paix! Crying or Very sad
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Hommage à Aime Cesaire   Mar 22 Avr - 19:45

oui c'etait un grand homme qui a beaucoup oeuvre contre le colonialisme
helas beaucoup ne connaissent meme pas son nom j'ai ete etonnée qqque beaucoup de fans de Nolwenn n le connaissent pas :shock:


qu'il repose en paix il le merite
contente que pour une fois la tele a laisse la parole aux gens de son ile et non aux poitiques de tout bord venus la dans son ile
Revenir en haut Aller en bas
jacommos
Admin
Admin


Nombre de messages : 7142
Age : 54
Localisation : le Sud
Date d'inscription : 22/03/2008

MessageSujet: Re: Hommage à Aime Cesaire   Mer 23 Avr - 15:55

La presse française rend un hommage unanime à Aimé Césaire
AFP

Citation :
AFP - Samedi 19 avril, 12h44

PARIS (AFP) - La presse quotidienne rend un hommage unanime vendredi à Aimé Césaire, le chantre de la négritude dont les obsèques nationales sont approuvées par tous les éditorialistes, qui soulignent souvent la "double vie" du poète et de l'homme politique.
(Publicité)

Libération (gauche), estime que "la grandeur de Césaire fut de prendre à bras-le-corps (les) problèmes issus du colonialisme et de les régler au jour le jour, sans relâche". "Poète et député, maire et visionnaire, Aimé Césaire fut l'homme de la culture en action", conclut le quotidien.

La Croix (catholique) célèbre "l'engagé et le rêveur, le magicien du verbe et le laboureur d'idées (qui) fut homme de mots et homme d'action". "Il est bon que la postérité n'oublie aucun de ses visages", écrit-elle.

La Montagne approuve les obsèques nationales en l'honneur de cette personnalité et de "son apport exceptionnel dans la littérature et dans la conscience nationale".

"Entre ici, Aimé Césaire!", écrit Le Dauphiné Libéré en reprenant la fameuse exclamation d'André Malraux lors du transfert des cendres du résistant Jean Moulin au Panthéon. C'est pour le journal la place où doit reposer celui qui "fut une conscience" et qui est "devenu une légende".

Une idée qui n'est cependant pas reprise par les Dernières Nouvelles d'Alsace: "La proposition est belle mais l'intéressé n'en demandait pas tant". "Il doit vivre, et pas disparaître sous des gerbes de fleurs."

Toujours à propos des obsèques nationales du "poète vénéré de tous", Nord-Eclair souligne que "la France s'y retrouvera, métissée comme elle l'est sur les stades".

La Nouvelle République du Centre-Ouest entend retenir "sa voix dérangeante et revendicative, ce +besoin de rugir+ qui portait jusqu'au plus profond de l'Afrique et de l'Amérique".

Ce qui fait écrire au Le Midi Libre qu'"un demi-siècle après son Discours sur le colonialisme, la révolte d'Aimé Césaire ... brûle encore".

L'Union de Reims écrit enfin que Césaire est "un messager de l'universel" qui a été "accompagné par cette foule qui, de la Martinique à l'Afrique jusqu'en métropole, avait compris qu'il appartenait déjà à l'histoire".

_________________
"Une voix entre velours et caresse, avec un soupçon de rauque et de vibrato." Jacques Testud.
"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

"Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien" Valery.
"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.
Revenir en haut Aller en bas
http://lesdiscutailleursfan.forumperso.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Hommage à Aime Cesaire   

Revenir en haut Aller en bas
 
Hommage à Aime Cesaire
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» On est venu te dire qu'on t'aime bien - hommage à Gainsbourg
» Musique classique & techno
» Mon hommage à Michael.
» Si j'aime...
» La Fnac rend hommage à Elvis Presley

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Discutailleurs fans de musique... :: LE JOURNAL DES PEOPLES - L'ACTUALITE... :: Les Actualités Générales et Politiques-
Sauter vers: