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Olivia Ruiz est de retour ! Ce nouveau disque, son quatrième, est son disque. Celui qu’elle a pensé, celui qu’elle a rêvé, celui sur lequel elle a travaillé, seule dans l’écriture et la composition, tout au long de ces derniers mois alternant les hauts et les bas, le jour et la nuit, le noir, le blanc et les couleurs, l’alternatif comme le continu. Entre le calme et les tempêtes. « Le calme et la tempête », une évidence donc. Entre profondeur des mots et profondeur des sons, jamais elle n’avait donné cette impression de puiser si loin en elle pour trouver la source de ses chansons. C’est entre Paris et Los Angeles qu’elle s’est posée pour co-réaliser le tout aux côtés de Tony Berg (ex-directeur artistique Geffen Records). Un son nouveau naît de cette rencontre entre deux continents, deux générations, deux cultures. A découvrir dans "Le calme et la tempête".
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 La Chanson Française

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jacommos
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MessageSujet: La Chanson Française   Dim 7 Mar - 9:14

Merci à Liliane du forum Harmony
http://www.artmony.biz/la-chanson-francaise-f41/c-est-quoi-une-chanson-francaise-t3179.htm#18319
Formidable article !


C'est quoi une chanson française ?

Par Gilles Médioni (L'Express), publié le 05/03/2010




Légère ou grave, rock ou électro, poétique ou engagée, la chanson tricolore se décline sur tous les tons. Quel est son héritage ? Son avenir ? Tour d'horizon à l'heure des Victoires de la musique, qui seront célébrées le 6 mars.

Tubes d'un jour ou classiques de toujours, les chansons d'en France sont reconnues depuis la création de la Sacem en 1851. Au moins. Le 6 mars, les 25e Victoires de la musique célébreront tous les genres de rengaines : légère, lettrée, sucrée, franglaise. Et tous les courants : variété, rock, rap, raï, reggae, électro, airs du bout du monde. Car cette chanson française n'arrive à fixer aucune définition. Elle est multiple, unique, nomade, métisse. Ici, l'identité nationale ne fait pas débat. Parmi les quelque 300 albums sortis en 2009 sous la bannière bleu blanc rouge se côtoient ainsi Benjamin Biolay, Cesaria Evora, Coeur de pirate, Emily Loizeau, Kery James ou Salif Keita.

Qu'est-ce qu'une chanson française au fond ? C'est à la fois des rimes riches, de la poésie musicale, une vision du monde. Et son contraire : du vent, du rien, du toi + moi. Mais c'est bien sous le même terme générique que se rassemblent les artistes. Protéiforme, la chanson française se démarque des autres (italienne, espagnole, anglo-saxonne...) parce qu'elle évoque des thèmes souvent inattendus. Et le champ des possibles est illimité. (Lire l'interview de Charles Aznavour, président d'honneur des 25es Victoires de la Musique)


Ces derniers temps, on a entendu la complainte des crêpes aux champignons (Olivia Ruiz), des serments d'amitié (Calogero), un tacle de Patrick Vieira (Vincent Delerm), un coup de gueule contre les VIP (Helmut Fritz), un IRM (Charlotte Gainsbourg) ou la mort d'un père (Marc Lavoine). Après, chacun trie selon ses goûts ou ses dégoûts, selon les heures et les humeurs, les soirées à deux ou les fins de nuit. Et fait avec les clichés : variété égalerait pomme d'amour, nouvelle scène serait synonyme d'"allô (maman) bobos parigots". Lancez pourtant en l'air les noms de Bénabar, Biolay, Delerm, des chanteurs de caractère et voyez comme on en parle !

"Noir Désir serait quoi ?"


En 1995, l'hebdomadaire Les Inrockuptibles affichait Dominique A en Une et titrait : "La chanson française dont vous n'aurez pas honte". "A force, c'est presque devenu un problème, reconnaît Dominique A. J'en écris, j'en écoute, mais je ne suis pas le seul." Pour certains, le terme signifie encore un style empesé, désuet, figé dans l'autoglorification. Un héritage, au mieux de la rive gauche, au pire des années Maritie et Gilbert Carpentier. D'autres s'en revendiquent. "Je ne me pose aucune question à ce sujet : j'en suis", rigole Oxmo Puccino. "Noir Désir serait quoi, sinon de la chanson française ? tonne Calogero. Créer des chapelles est inutile." Une bonne chanson court de fenêtre en fenêtre, fait entendre une voix, une vibration, une langue. Une chanson, c'est un témoignage, une photographie, une histoire qui raconte la France, parle des divorcés, de la condition féminine, de l'air du temps... Elle doit être compréhensible d'une façon immédiate, mais quand elle avance masquée, c'est bien aussi. A chacun de frayer avec son inconscient et son imaginaire. "Pour moi, l'un des parangons de la chanson française, explique Juliette, c'est Le Temps des cerises, chantable sans mélodie, sans avoir besoin de taper des mains. On peut l'écouter comme une chanson d'amour ou comme une chanson révolutionnaire."

Il n'y a pas de grandes chansons sans double sens, sans mystère. "Sans mystique", disait Claude Nougaro. "Celles qui partent du quotidien pour le décaler sont les plus fortes, poursuit Dominique A. Les Mots bleus, de Christophe, démarre d'une façon très prosaïque avant d'entrer dans un couloir d'irréalité. Une lumière particulière se dépose sur Le Sud, de Nino Ferrer." Des images secrètes brûlent sous les mots des plus grands auteurs : Etienne Roda-Gil, Alain Bashung, Dick Annegarn, Jean-Louis Murat, Dominique A, Allain Leprest. On regrette le temps des poètes, mais aucune radio ni télévision ou presque n'entend ni ne voit les Ferré d'aujourd'hui. Pourtant, l'âme de Leprest souffle sur le coeur de chacun : "Quand on me lance : "vous m'avez ému" '', confesse ce dernier, qui a reçu en décembre le grand prix de la poésie de la Sacem, je réponds : "j'ai dû vous voler votre histoire à un comptoir, sur un trottoir.'' Moi, je m'engage dans une chanson, je donne un morceau de ma chair." La force de l'interprétation, c'est sa vérité, sa déchirure, son authenticité. "La chanson supporte des chanteurs qui parfois ne le sont pas, éclaire Vincent Delerm. Parce qu'elle induit un rapport à l'intime, c'est aussi une affaire de personnage." Et parfois de famille au sens large ou premier : Matthieu Chedid, Thomas Dutronc, Izïa et Arthur Higelin...

Une tournure d'esprit, une manière, une attitude

Ouverte aux musiques d'ailleurs, la chanson française absorbe les autres rythmes, les digère et leur insuffle son style. "Cette constatation est valable pour tous les artistes français, ils ont compris l'évolution du monde", assure Yves Duteil, qui fut chargé, en 1995, d'une mission de conseil et de proposition pour dynamiser la chanson française. "Lavilliers a su allier une sonorité et le goût du voyage, il nous a montré la route", appuie le groupe Tryo. Un reggae adapté par Lavilliers, une bossa traduite par Moustaki ou par Nougaro deviennent-ils une chanson française ? Oui. Et, inversement, Brassens imprime à une version espagnole ou Gainsbourg à une version anglaise une tournure d'esprit, une manière, une attitude. "Ce qui me plaît dans la chanson française, c'est qu'elle n'est pas que française, appuie Serge Hureau, directeur du Hall de la chanson. Elle est d'en France. Elle est aussi celle des première, deuxième ou troisième générations issues de l'immigration". "J'aime l'idée qu'une chanson soit née d'un amoureux de notre pays, quelle que soit sa culture ou la langue qu'il utilise", ajoute Olivia Ruiz.

L'anglais ouvre les portes de l'international à la vague folk-rock (Cocoon, Revolver) et aux DJ comme David Guetta ou Phoenix, ces nouveaux ambassadeurs de l'Hexagone. Mais la "qualité française" est toujours aussi recherchée. Patricia Kaas a échoué au concours de l'Eurovision. Pourtant les retombées de sa prestation piano-voix et robe noire ont été considérables en Espagne ou en Grèce. Cet engouement pour une chanson "historique" et ses descendants est pointé par le Bureau Export (de la musique française) qui souligne "le succès de compilation en Allemagne, en Australie ou en Suède". A Stockholm, des soirées organisées par le Collectif Gérard Depardieu font résonner les tubes de Bardot, de Sébastien Tellier ou de Lio. Mais dès cet automne, Paris accueillera la comédie musicale Abba. Fallait pas commencer !



http://www.lexpress.fr/culture/musique/c-est-quoi-une-chanson-francaise_853099.html

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"La voix de Nolwenn ? une élégance souveraine, de la soie, du velours." Patrice Demailly.

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"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Dim 7 Mar - 9:17

Très interessant article de l'express, une chanson française, finalement c'est trés difficile à définir et tant mieux, il en faut pour tous les goûts !

Personnellement, je suis trés attaché à ce côté terroir, à cette notion de régionalisation, finalement la France est riche grâce à sa diversité, la chanson Française restera Riche dans le sens noble de l'expression, tant qu'elle continuera à développer et à entretenir cette culture magnifique de la diversité....


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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Dim 7 Mar - 15:21

Réponse de Nine du forum Harmony :

Citation:

Sujet: Re: C'est quoi une chanson française ? Aujourd'hui à 14:19

C'est bien vrai Jacommos !

pour moi la définition c'est la beauté du texte, la langue Française est tellement riche et nous parle bien sur, puisque c'est la notre par définition déjà ! et niveau mélodie on a aussi un
savoir faire si tu prends le sujet sur les chansons les mieux vendues a l'étranger, tu remarqueras je cite de mémoire

La mer de C. Trenet
la vie en rose de Piaf

et pour ce qui est du terroir, et je ne dis pas çà parce que tu aimes Nougaro il se trouve que moi aussi mais dans OH Toulouse on entends bouillonner, gronder l'eau de la Garonne ...
chez nous l' Espagne pousse un peu sa corne et même les mémés aiment la castagne ..
et çà niveau écriture même quand tu es Breton çà te parle !

voila l'art, la manière, le savoir faire de la chanson Française (la grande) qui existe et qui existera toujours même si quelque fois et c 'est la "mode" elle est cachée, occultée mais bon
on sait la trouver !

il faut retenir que la mode çà se démode ... un juste retour sera imminent !
on remonte du fond avec Biolay déjà c'est un signe prometteur ... il aura attendu 10 ans
10 ans seulement, une paille mais Paris ne s'est pas fait en un jour (une sagesse d'un
dicton populaire qui là se verifie".)

Bonne journée sous le soleil du Sud !

voila des paroles d'auteurs :
][url=http://www.artmony.biz/les-auteurs-compositeurs-f61/reflexions-sur-le-travail-d-un-auteur-t1618.htm]

[/url]


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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Dim 7 Mar - 15:24

ma réponse :

Citation:

Sujet: Re: C'est quoi une chanson française ? Aujourd'hui à 15:23

Bien sur Nine !

J'aime beaucoup ce que tu as si bien écrit !

La Chanson Française est riche grâce à sa langue, elle est riche aussi à cause de l'histoire et des traditions de notre beau pays; tu as cité Nougaro, je ne peux, bien sur, oublier Brassens, celui dont les chansons Françaises furent les plus publiées, les plus lues et les plus chantées sur toute la planète Bleue.

Pour moi, il incarne avec d'autres ce que certains appellent "le French Flair" !

Ce talent qui ne peut s'épanouir que dans la liberté et dans la diversité !

Si les chansons de Nougaro se viualisent si bien, si ses histoires les plus intimes sont devenues des racines de notre patrimoine, c'est aussi parce qu'il possédait ce talent de partager ses peines et ses joies comme un être humain accessible.

Ses chansons nous touchent l'âme.....elles nous rappellent des faits de vie, des souvenirs, cette nostalgie qui nous rend si sensible et surtout si humain !

Oui Trenet ! Oui Piaf ! Oui Barbara ! Oui Brel........quelle génération !

Le 20ème siècle fut un révélateur immense de talent, il faut souhaiter que les Biolay, les Ruiz....et tous les autres possèdent aussi ce talent de nous émouvoir, de nous faire apprécier leurs textes, leurs mélodies, que leurs passions nous fassent redevenir des enfants heureux d'écouter de la musique et heureux de vivre tout simplement, dans cette période si difficile économiquement pour la grande majorité des habitants de notre beau pays.


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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Dim 7 Mar - 15:28

Et combien elle s'y connaît en musique et en chansons, vraiment géniale !

J'adore son savoir.

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Dim 7 Mar - 17:42

Merci à tous les deux de vous intéresser à la Chanson Française qui tient une place prépondérante sur notre forum.

Et pas seulement au niveau des interprètes. Nous mettons en exergue les auteurs, les compositeurs et toutes les coulisses qui font la Vie d'une chanson.

Nine est en effet une grande passionnée de ces coulisses. Une grande passionnée de musique française tout court. Et bien qu'elle n'ait que 35 ans, sa culture est tellement profonde dans cette matière, entre autres, qu'elle nous en apprend tous les jours.
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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Dim 7 Mar - 18:08

Et c'est vrai que j'en apprends sur ton forum, Nine et toi, vous m'expliquez bien, lorsque mes petites neurones ne suivent pas et pour cela je vous dis BRAVO à toutes les deux titbisou

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Lun 8 Mar - 12:18

La Chanson Française

La Chanson Française (C.F.) est un style que j'affectionne particulièrement. Alors que d'autres s'éclatent à se trémousser au son des éternellement identiques boîtes à rythmes synthétiques des "musiques" dites de "techno" ou de "dance" ou, plus récemment (eh oui, la dance s'essouffle, y fallait bien trouver autre chose pour ne pas voir la vanne à fric se fermer...) de "dream", moi je m'adonne a écouter (parfois même à étudier) de la Chanson Française.


La Chanson Française, qu'est-ce que c'est ?
C'est à la fois simple et compliqué. Pour ma part (je ne sais pas ce qu'en pensent les auteurs eux-mêmes) je vois cela comme une mise en musique de sortes de poêmes (tout à fait dignes de ce nom) visant à donner un aspect toujours plus saisissant au texte qui alors prennent le nom de "paroles" (lyrics en anglais). Preuve de leur dévouement à la grandeur de l'Art qu'est celui de la Chanson Française, beaucoup d'auteurs confient la partie musicale de leur oeuvre à d'autres gens. Besoin d'un exemple ? C'est sans hésiter que je vous donne celui du couple Alain Souchon/Laurent Voulzy ou celui de de Jean-Jacques Goldman qui a certainement plus "donné de chanson" qu'il n'en a chanté.

La Chanson Française est-elle prisée dans son pays ?
Elle l'était beaucoup il y a encore quelques années. Et par tous les âges. Aujourd'hui, les choses ont (hélas pour elle) changé et un nombre inadmissible de jeunes (j'entends par là ceux entre 12 et 20 ans) se sont mis à trouver cela "nul" en traitant injustement de "con top ringard" ceux qui oseraient apprécier ce "blabla" sur ce "tut tut". Pour ces esprits critiques dans le mauvais sens, je ne peux rien si ce n'est leur conseiller d'essayer, juste pour voir... A ceux qui se sentent rejetés à cause de leur goût auquel le mien est semblable, je dis : N'abandonnez pas ! Vous êtes les protecteurs d'un Art noble et méritant respect. Vous verrez, dans quelques années, qu'au dela d'un certain seuil de maturité, la Chanson Française reprend un peu de ce respect. Comme quoi, l'exécration injustifiée et/ou irréfléchie (qui pousse à dire -par exemple- : "C'est nul pasque c'est nul, c'est tout" ou bien "Y'a aucune recherche là-d'dans") de cet Art véritable ne peut exister que dans un milieu sociologique quelque peu "immature". Mais on ne peut pas trop en demander aux jeunes, c'est vrai...

Y a-t-il beaucoup d'auteurs qui ont touché à l'art de la Chanson Française ?
Ce serait une erreur de dire non. Et les exemples ne manquent pas. Qui n'a jamais souri à entendre répéter "Y'a d'a joie" ou bien "Allo maman bobo" en passant par "Le monde est stone", comparé à "ce qu'on appelle le Nouveau Western" (oui, j'inclus Mc Solaar dans la liste des artistes de la chanson française) ? Qu'on le veuille ou non, on a tous un jour marmonné une chanson (ou du moins un passage). Le plus intéressant est sans doute d'observer comment les auteurs et leurs oeuvres ont évolué au fil du temps. "Les roses blanches", "Madame la marquise", "Je sais pas", tant de chansons d'époque et de genre totalement différents. Tous les auteurs de Chanson Française ? Le nombre est bien difficile à cerner, tant il est grand.


www.celeri.net/chanson.html

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Lun 8 Mar - 12:38

Gilou qui est l'auteur de cette analyse sur la chanson Française ?


Voila qui est fait Jaco, je pensais l'avoir mis
www.celeri.net/chanson.html

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Sam 17 Avr - 11:03

Vive la belle chanson française !

Publié le jeudi 25 mars 2010 à 11H00



« Nous avons besoin de passeurs de beauté pour tous, qui nous donnent envie d'aller plus avant vers les genres de nos grands poètes. »

J'aimerais apporter ma contribution à ce que m'inspiraient les chansons et poèmes de Jean Ferrat. Pour un passionné de belles chansons et de beaux textes, notre pays n'en manque pas (à commencer par les chansonniers de la fin des 18e et du 19e siècles). Nous avons besoin de passeurs de beauté pour tous, qui nous donnent envie d'aller plus avant vers les genres de nos grands poètes. Jean Ferrat était de ceux-là et ses chansons continueront de peupler nos têtes. J'ai la chance, j'espère ne pas être le seul, de pouvoir agrémenter mes promenades avec du Brassens, du Brel, du Trénet, du Ferré, du Moustaki et évidemment du Ferrat. Et tant d'autres...
Jean Ferrat est d'ailleurs l'auteur d'une très belle chanson sur un autre moustachu, Georges Brassens. Celle sur Tino Rossi n'était pas mal non plus.
Parfois, cela m'a aidé à vivre et à retrouver goût aux saveurs les plus subtiles. Ferrat restera pour toujours un auteur de chansons d'amour. Il nous a fait comprendre la poésie de Louis Aragon, qui dégage une belle musicalité. Après la « Belle France » de Gilles et Julien (le duo qui chantait au moment du Front populaire), il a complété avec « Ma France », chanson qui fait désormais partie de notre patrimoine. Il y a le « Chant des partisans » et un autre classique digne d'être repris par maintes belles chorales aux commémorations du 8 mai : « Nuit et brouillard ». Jean Ferrat m'a aidé à dépasser « le Petit Jésus soviétique » au nom de « l'idéal qui nous faisait combattre et qui nous pousse encore à nous battre aujourd'hui ». « La Montagne », sa chanson sur l'exode rural (sachant que cette montagne est la grande ville du Formica et du ciné) est toujours d'actualité quand nous nous informons sur les difficultés actuelles de l'agriculture. Il ne faut pas omettre d'autres chansons d'inspiration écologiste, exemple « Raconte-moi la mer ».
La mer, c'est le désir de ce « pays d'amour qu'il faudra découvrir avant la fin du jour ». Elle me fait curieusement penser à la phrase de Rimbaud, « Elle va retrouver quoi ? L'Éternité ! C'est la mer alliée avec le Soleil » Pour conclure, je clame : vive la belle chanson française ! Nous ne sommes pas obligés de ne chanter qu'en anglais !


Jean-Marc Devavry (Reims)

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Sam 17 Avr - 17:53



J'adore énormement ce dessin !

Et quelle fabuleuse et talentueuse présentation !

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Sam 17 Avr - 18:01

Merci à qui Jaco http://xunor.free.fr

Merci Nine merci

Merci liliane merci

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Sam 17 Avr - 18:14

Très joli tableau avec les plus grands noms de la chanson française.. Il manque toutefois, la grande Piaf

MERCI Nine; MERCI lyliane

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Sam 17 Avr - 18:15

Gilou a écrit:
Merci à qui Jaco http://xunor.free.fr

Merci Nine merci

Merci liliane merci


Oui !

Un Enorme Merci au forum ARMONY et à ses administratrices Nine Et Liliane !

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Sam 17 Avr - 18:22

Piaf, Barbara aussi flower

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Sam 17 Avr - 18:28

Gilou a écrit:
Piaf, Barbara aussi flower


L'Auteur du Dessin devait être un Homme, il a zappé les Nanas !

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Sam 17 Avr - 18:30

bin, ça veut dire que le dessinateur Jabiru est misogyne. lol!



lol! nous avons eu la même idée, Jacommos


Il a aussi zappé la grande Dalida.

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Nounouka



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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Sam 17 Avr - 19:26

Joli tableau les chanteurs!flower Il n'y a que des Hommes! lol! coq Les Nanas! canard coucouti

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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Dim 18 Avr - 14:03

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CHANSON FRANCAISE





Citation:
chanson française, formes de composition, d’écriture et d’interprétation musicales utilisées en France.
L’histoire de la chanson française commence avec les premiers trouvères, aux origines de la langue d’oïl, se poursuit avec les mazarinades, ancêtres de la chanson contestataire, puis s’installe au XIXe siècle dans les caf’conc, les cabarets de Montmartre et du Quartier latin et enfin les music-halls. À la fois élitiste et roturière, la chanson française a débuté dans les cours du Moyen Âge, puis elle est progressivement devenue un patrimoine culturel et le mode d’expression populaire par excellence grâce à une diffusion massive par les médias modernes.


2 LA TRANSMISSION DES CHANSONS
Les chansons se transmettent d’abord sur le mode de la tradition orale : « le Roi Renaud » est l’une de ces œuvres transcrites très tard et léguées de père en fils, avec parfois quelques modifications. Il nous reste ainsi des titres qui témoignent de leur époque, de façon parfois paradoxale : de la fin du règne de Louis XVI et de la Révolution, nous avons conservé « la Marseillaise » et « Il pleut Bergère » ; selon une opinion fort répandue, « le Temps des cerises » est une chanson de la Commune — en fait, elle a été écrite quelques années plus tôt ; « Tout va très bien madame la marquise » est quant à elle une excellente illustration de l’insouciance des années 1930, avant que n’éclate la Seconde Guerre mondiale.
Ces chansons ont longtemps fait partie du patrimoine sans que l’on sache vraiment qui les avait créées. Ainsi, au début du xixe siècle, les paroliers, pour la plupart anonymes, écrivent le plus souvent sur des airs déjà connus puisés dans un ouvrage de référence, la Clé du caveau, qui comporte un millier de « timbres », soit autant de mélodies populaires.


3 LES PREMIERS AUTEURS, COMPOSITEURS ET INTERPRÈTES DE CHANSONS EN FRANCE (1800-1950)

3.1 Les premiers chansonniers
Le premier chansonnier à signer ses chansons et à accéder au rang de célébrité est Pierre-Jean de Béranger, bonapartiste et farouche opposant à la Restauration dont « le Roi d’Yvetot » ou « les Gueux » sont à l’époque connus de tous. Apparaissent ensuite Gustave Nadaud, dont « les Deux Gendarmes » devient un classique, Eugène Pottier, auteur du texte de « l’Internationale », puis les chansonniers rassemblés autour du cabaret Le Chat noir de Rodolphe Salis : Aristide Bruant, immortalisé sur toile par Toulouse-Lautrec, Maurice Mac-Nab (auteur du « Grand Métingue du métropolitain »), Léon Xanrof (auteur du « Fiacre »), Vincent Hyspa, Jules Jouy ou Paul Delmet (compositeur des « Petits Pavés »).

3.2 L’avènement du cabaret
Dès la fin du xixe siècle, le cabaret devient pour longtemps le haut lieu de la chanson ; les artistes y débutent avant de passer à des salles plus vastes, comme le « caf’conc » (abréviation de « café-concert »), puis le music-hall au xxe siècle. À Paris, Bobino, L’Olympia ou l’ABC et, dans les grandes villes de province, des établissements comme L’Alcazar de Marseille, accueillent des vedettes et font découvrir, en première partie, des débutants. Certains artistes restent fidèles à une salle, comme Dranem, qui se produit pendant vingt ans à L’Eldorado, ou Félix Mayol, qui possède un temps son propre music-hall (le Concert Mayol). D’autres font le tour des scènes de la capitale, comme Yvette Guilbert, qui passe de L’Eldorado au Divan japonais, de la Scala à L’Horloge et aux Ambassadeurs.

3.3 « Petits formats » et chanson revancharde
Outre le cabaret, le caf’conc et le music-hall, il existe un autre moyen de diffusion de la chanson : au cours du xixe siècle en effet, les « petits formats », feuilles sur lesquelles sont imprimés le texte et la mélodie, sont vendus par des chanteurs de rues qui s’accompagnent le plus souvent d’un orgue de Barbarie, apprenant ainsi au public à chanter ses œuvres préférées.
La chanson est alors essentiellement un divertissement populaire, marqué parfois par l’air du temps, l’actualité politique et sociale, se faisant par exemple le support du courant revanchard anti-allemand après la défaite de 1870 (« Alsace-Lorraine » ; « le Maître d’école alsacien » ; « le Violon brisé » voir chanson revancharde) ou faisant la chronique des faits divers, comme la célèbre « Complainte de Fualdès » qui relate l’assassinat mystérieux d’un magistrat de Rodez.
La chanson est également, à cette époque, plutôt réservée aux hommes. Parmi les premières interprètes féminines figurent les chanteuses populaires Amiati (1851-1889) et Rosa Bordas (1841-1901), puis Yvette Guilbert, qui défend sur toutes les scènes la chanson poétique, et enfin Mistinguett, célèbre chanteuse de revue et partenaire de Maurice Chevalier à ses débuts.

3.4 Music-hall, apparition du microphone et chanson réaliste
Avec le music-hall fleurissent d’autres styles de chanson, d’autres voix : Harry Fragson, qui excelle dans le genre franco-britannique, puis Félix Mayol et Dranem.
La France découvre les rythmes venus d’outre-Atlantique, que Mireille puis Charles Trenet « acclimatent » ; Fréhel, Damia, Berthe Sylva et surtout Édith Piaf portent quant à eux la chanson réaliste à son apogée.

Pendant les spectacles, ces artistes « à voix » sont dans l’obligation de chanter extrêmement fort pour ne pas se laisser couvrir par l’orchestre et pour atteindre les spectateurs des promenoirs.

L’apparition du microphone marque donc le début de changements considérables, permettant désormais aux interprètes de chanter à voix basse, notamment des chansons d’amour, jusqu’alors déclamées de façon peu crédible. Ainsi, Jean Sablon, le premier à utiliser cette innovation technique, après avoir été copieusement sifflé, crée un genre, celui de la « chanson-confidence ».

4 LA NAISSANCE DE LA chanson FRANÇAISE : LA chanson « RIVE GAUCHE » (ANNÉES 1950)

4.1 La chanson française se crée une image
Cette lente évolution conduit à la naissance d’un type de chanson très particulier, connu dans le monde entier sous le nom de « chanson française » et qui n’en constitue pourtant qu’un des aspects. En Allemagne comme au Japon, en Russie comme en Argentine, le mot « chanson », prononcé de différentes façons, a les mêmes connotations :

la chanson française est assimilée à quelques artistes, comme Édith Piaf, Georges Brassens, Jacques Brel, et à un style, celui de la chanson poétique, ou de la chanson « à texte ».

Elle est également associée à un lieu, la rive gauche de la Seine, à Paris. Cette image stéréotypée, qui correspond toutefois à une réalité historique indéniable, joue encore aujourd’hui un rôle non négligeable dans la chanson française, investie presque malgré elle d’une exigence de qualité.

Si la chanson « gauche » trouve son origine dans l’immédiat après-guerre, des artistes tels que Charles Trenet, Mireille ou Jean Nohain ont, dès les années 1930, bouleversé les habitudes en introduisant en France les rythmes syncopés et les harmonies du jazz, et en jouant avec les sonorités et les syllabes de la langue : le surréalisme et la musique américaine sont passés par là.

4.2 Les cabarets du Quartier latin
À la fin des années 1940, les cabarets fleurissent à Paris, dans le Quartier latin : Le Cheval d’or, L’Écluse, Le Port du Salut, Chez Georges, La Colombe (dans l’île de la Cité), La Méthode, La Contrescarpe, ont en commun une superficie limitée, qui rend impossible la présence d’un orchestre et permet à peine la présence d’un piano.
On tasse le public et il ne reste alors pour l’artiste qu’un espace réduit, un tabouret ou une chaise et un projecteur, soit le strict nécessaire pour un spectacle.

Ces conditions techniques président à la naissance d’un nouveau genre : le spectacle donné par un chanteur (ou une chanteuse) s’accompagnant à la guitare, seul instrument qui puisse s’accommoder de cet espace, le seul aussi que l’on puisse transporter aisément d’un cabaret à l’autre, d’une prestation à l’autre.

Des dizaines d’artistes, de Georges Brassens à Alain Souchon, en passant par Jacques Brel ou Pierre Perret, ont débuté ainsi ; les rares exceptions, comme Léo Ferré ou Barbara, qui s’accompagnent au piano, disposent d’un nombre beaucoup plus limité de lieux où se produire.L’obligation pour les chanteurs de s’accompagner à la guitare ne fait pas nécessairement d’eux de bons instrumentistes. Bien souvent guitaristes débutants, ces artistes ne connaissent que quelques harmonies (do, fa, sol septième pour le majeur, la mineur, ré mineur, mi pour le mineur) sur lesquelles ils écrivent leurs mélodies. Il existe ainsi un grand nombre de chansons de cette époque écrites sur une suite de quatre accords que les musiciens de jazz ont baptisé « anatole » (do, la mineur, ré mineur, sol septième) : « la Cane de Jeanne » de Georges Brassens, « Il faut savoir » de Charles Aznavour, « le Déserteur » de Boris Vian, « Quand on n’a que l’amour » de Jacques Brel, « Actualités » de Golmann et Vidalie, etc.

4.3 Où la chanson rencontre la poésie

4.3.1 De prestigieuses collaborations
Ces cabarets ont aussi en commun un public, composé d’étudiants et d’intellectuels pour qui la chanson n’est pas un simple divertissement, mais une forme d’expression chargée de sens. On cherche donc à compenser cette relative pauvreté mélodique et harmonique par une recherche textuelle.

La chanson française s’oriente vers la poésie : on met en musique Verlaine (Georges Brassens et Léo Ferré) et Aragon (Léo Ferré encore, Jean Ferrat), Jacques Prévert et Joseph Kosma collaborent pour créer « les Feuilles mortes », tandis que Jean-Paul Sartre écrit un texte pour Juliette Gréco, « la Rue des Blancs-Manteaux ».

4.3.2 Une chanson engagée
La chanson poétique ou chanson « rive gauche » est née, avec a ses symboles et ses mythes : l’existentialisme avec Juliette Gréco, la « muse de Saint-Germain-des-Prés », l’anarchisme avec Georges Brassens et son « Gorille ».

Jacques Prévert, Raymond Queneau (« Si tu t’imagines ») et Jean-Paul Sartre lui donnent ses lettres de noblesse.

Elle provoque aussi des scandales, notamment « le Déserteur », chanson dans laquelle Boris Vian exprime son antimilitarisme en pleine guerre d’Algérie.

Poétique à ses débuts, la chanson française est devenue « engagée », véhiculant des messages, prenant parti dans la vie de la cité et la politique.
Jean Ferrat, Léo Ferré et surtout Colette Magny sont les fers de lance de cette tendance.

4.3.3 Une scène, un instrument
C’est autour de la guitare, dans cette atmosphère confinée, dans la fumée des cigarettes, qu’est née une certaine chanson française, celle que l’on admire en France et que l’on entoure de mythes à l’étranger. Plus tard, ces artistes doivent d’abord enregistrer un disque, atteindre la notoriété, quitter le cabaret pour les scènes du music-hall, pour avoir enfin leur orchestre.

Seul Georges Brassens (« les Copains d’abord ») transporte les moyens réduits du cabaret sur les scènes de Bobino ou de L’Olympia, conservant sa guitare en y ajoutant simplement une contrebasse.
Les autres — Jacques Brel, Jean Ferrat ou Pierre Perret —, même accompagnés par une dizaine de musiciens, gardent toujours dans leur écriture le souvenir de cette naissance, d’un lieu de spectacle et d’un instrument.

4.4 La chanson devient un art
Jusqu’à Charles Trenet, il y a dans la
chanson deux métiers distincts :

celui d’interprète (comme Damia, Édith Piaf ou Félix Mayol) et celui d’auteur (comme Vincent Scotto ou Jean Lenoir).

Les choses changent avec la chanson « rive gauche », car tous ces artistes ont en commun le fait que, le plus souvent, ils écrivent eux-mêmes les chansons qu’ils chantent, et l’on invente même pour eux un sigle, ACI (pour « auteur-compositeur-interprète »).
Les rares exceptions (Juliette Gréco ou Catherine Sauvage) compensent cette absence d’écriture originale par la qualité « littéraire » de leurs auteurs.

Si les ACI sont au début majoritairement des hommes (Charles Trenet, Georges Brassens, Jacques Brel, Charles Aznavour, etc.), dès la fin des années 1950, Barbara, Anne Sylvestre et Colette Magny mettent un terme à ce privilège masculin.

Cette période, qui a fait le succès international d’une certaine chanson française, louée pour sa qualité, a donc vu apparaître non seulement un style nouveau, mais aussi une fonction nouvelle : le chanteur n’est plus un amuseur, mais un créateur.

La
chanson est désormais considérée comme un art et comme un fait culturel, non plus comme un simple divertissement

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"Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" Albert Camus.
"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie." Jacques Prèvert.


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MessageSujet: Re: La Chanson Française   Dim 18 Avr - 14:24


La Chanson Française


Citation:

5 LE YÉ-YÉ ET LA GUITARE ÉLECTRIQUE (ANNÉES 1960)

5.1 Les premières « idoles » de la chanson française
Au début des années 1960, une vague musicale déferle sur l’Europe, celle du rock and roll : Elvis Presley, Chuck Berry, Gene Vincent ou Eddie Cochran, les modèles viennent désormais des États-Unis ou de Grande-Bretagne. En France, l’essor du rock génère le phénomène « yé-yé ». À l’heure où les groupes fleurissent, on adapte des succès américains, on imite et importe les « tubes » anglo-saxons. Si Georges Brassens a lancé la mode de la guitare sèche, c’est désormais la guitare électrique, au son amplifié, qui accompagne cette vogue.
Ironie de l’histoire, les deux premiers « rockers » français sont deux joyeux compères, respectivement âgés de 36 et 39 ans : Boris Vian (qui signe ses textes sous le pseudonyme Vernon Sullivan) et Henri Salvador (qui enregistre sous le nom de Henri Cording), qui dès 1956 font de la parodie (« Rock and roll Mops »). La jeunesse suit un peu plus tard : Danyel Gérard, Richard Anthony à la fin des années 1950, puis Johnny Hallyday en 1961, qui se mettent tous au rock alors que les États-Unis passent déjà à une autre mode, celle du twist.
Le mouvement yé-yé a son temple, le Golf Drouot, son émission de radio fétiche, Salut les copains sur Europe 1, et ses magazines, Salut les copains à partir de 1962, suivi de Podium, Tilt, etc. Les artistes et les groupes se multiplient au début des années 1960 : Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Claude François, France Gall, Hector et les Médiator, les Chaussettes noires, les Surfs, les Chats sauvages, Moustique, Antoine. Beaucoup d’épigones traversent comme des météores le ciel du show-business, le temps d’enregistrer un ou deux 45 tours avant de disparaître. D’autres s’adaptent et continuent leur carrière, comme Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Sylvie Vartan, Dick Rivers et Françoise Hardy.
La génération des Jacques Brel, Georges Brassens et Barbara avait parfois dû rester des années dans les cabarets avant de pouvoir accéder à la première partie d’un spectacle de music-hall, puis prétendre enregistrer un disque. Au début des années 1960 cependant, le profil de carrière s’inverse : on enregistre d’abord, et l’on passe parfois sur scène si le disque rencontre le succès. Les sociétés de disques, recherchant frénétiquement la vedette qui leur permettra de dégager le plus de profit, signent en effet des contrats à tout-va.

5.2 La chanson devient un phénomène de société
Le « phénomène yé-yé » apparaît comme la face musicale de la société de consommation qui se met en place dans les années 1950 : les adolescents disposant d’argent de poche constituent désormais un facteur économique, une clientèle, une « cible » marketing. On leur vend des disques, des films et des vêtements — le yé-yé a eu également sa mode vestimentaire ; les jeunes sont « fans » avant d’être électeurs — la majorité est encore à 21 ans —, et font ainsi un apprentissage particulier de la vie et de la société.
Les chanteurs yé-yé ne sont guère auteurs-compositeurs, si l’on excepte Claude Moine, dit Eddy Mitchell, qui écrit ses textes, Jacques Dutronc qui compose ou Françoise Hardy qui écrit seule ses premières chansons. Les autres ont recours à une pléiade d’adaptateurs qui traduisent, ou plutôt « accommodent » de façon très approximative des paroles américaines. Le texte, en vérité, importe peu : la chanson yé-yé n’exprime pas des idées, mais le public jeune, qui fait un triomphe aux rockers américains puis aux groupes britanniques (The Beatles, Rolling Stones), a trouvé là sa musique, son rythme et sa culture. Et même si certains font la fine bouche, si le rock est au centre des conflits de générations, les parents considérant comme du bruit la musique qu’écoutent leurs enfants, il se produit un phénomène irréversible.

Néanmoins, cette frénésie prend fin avec les événements de Mai 68 : la chanson yé-yé est la première victime de ce mouvement de critique de la société de consommation. Il reste quelques vedettes qui savent s’adapter, on en garde des rythmes et des souvenirs, mais comme par réaction à une tendance dominante à une époque, la chanson va revenir vers le texte, sans renier les apports musicaux du rock and roll.

6 LES MUTATIONS DE LA chanson FRANÇAISE (ANNÉES 1970)
Si l’on excepte Georges Brassens ou Jacques Brel, qui ont poursuivi leur carrière, impavides, portés par leur public, les auteurs-compositeurs-interprètes ont tous souffert de la vague yé-yé : la chanson rive gauche connaît dans les années 1960 un net recul, qui dure environ une décennie. Puis émerge un nouveau courant, une relève novatrice et pourtant fidèle à ses origines. En fait, il existe deux mouvements contraires : l’un qui tend vers le retour aux sources, vers la tradition, et l’autre qui pousse au changement, à la mutation.

6.1 Persistance de la tradition
Du côté de la tradition, il faut noter les références constantes de jeunes artistes : Serge Lama chante Jacques Brel (il lui consacre un disque entier), Maxime Le Forestier puis Renaud chantent Georges Brassens (deux disques pour le premier, un pour le second), Catherine Ribeiro chante Édith Piaf, Bernard Lavilliers interprète Léo Ferré, Julien Clerc chante Édith Piaf ou ou Léo Ferré sur scène, Jacques Higelin chante Charles Trenet, tandis que Serge Gainsbourg donne une interprétation provocatrice de « Mon légionnaire », à cent lieues de la façon dont Édith Piaf chante cette chanson. Tous semblent indiquer de quel côté se trouvent leurs racines, dessinant ainsi une généalogie de la chanson française, un héritage et un patrimoine qu’ils respectent et entendent préserver.

6.2 L’avènement de la variété

6.2.1 La chanson devient un spectacle à grande échelle
Mais les forces de mutation sont à l’œuvre. L’électrification des instruments puis la numérisation, l’utilisation des synthétiseurs, l’échantillonnage des instruments et des sons, changent les conditions de la création. En outre, les lieux de spectacles évoluent vers le gigantisme. Les cabarets disparaissent lentement et les artistes se produisent dans des endroits de plus en plus grands : le Palais des sports, le Palais des congrès, et plus tard, le Zénith, le Palais omnisports de Bercy, pour ce qui concerne Paris, des chapiteaux, des stades pour les tournées en province. Alors qu’un cabaret moyen des années 1950 pouvait contenir une cinquantaine de spectateurs, Bercy peut en accueillir quinze mille. Et cette évolution vers le gigantisme rend impossibles les jeux de scène à l’ancienne, imposant une évolution des prestations ; les éclairages prennent une grande importance, la mise en scène devient l’une des principales composantes du spectacle. La prestation d’un Georges Brassens guitare en bandoulière et le pied posé sur un tabouret n’est plus qu’un souvenir lointain.

6.2.2 L’impact du disco
La conséquence peut-être la plus visible de cette évolution des technologies musicales et scéniques est l’explosion de la variété dans les années 1970, qui connaît son heure de gloire avec l’apparition du disco. Certains chanteurs en sont issus, beaucoup s’y sont reconvertis — Patrick Juvet, Cerrone, Mike Brant, Michel Fugain, Mireille Mathieu, Frédéric François, Stone et Charden, Sheila, Michel Sardou, Dalida, Michel Polnareff, Nicole Croisille, Michel Berger et France Gall, etc. —, mais peu, une fois la mode passée, parviendront à pérenniser leur succès.


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